Contribuer à la construction d’un monde juste pour les femmes et les hommes !

Avocate de formation, Anne Bourget est conseillère technique en matière de justice entre les femmes et les hommes pour Oxfam au Burkina Faso depuis plus de trois ans. Elle a voulu mettre ses connaissances et ses compétences au service de la coopération internationale.

Elle explique qu’au Burkina Faso « il existe plusieurs formes de violences perpétrées à l’endroit des femmes. On retrouve encore de nombreuses femmes excisées et le mariage des jeunes filles est encore répandu. Les filles sont promises parfois avant la naissance et sont mariées vers l’âge de 13 ans. En tant que conseillère, mon rôle est d’accompagner les partenaires à lutter contre ces formes de violences en élaborant des projets de sensibilisation. »

Mais pour elle, cela n’est pas la seule problématique vécue par les femmes. « Au Burkina Faso, il est de plus en plus important de se questionner sur l’impact de l’exploitation des industries extractives sur les femmes. Par exemple, lorsqu’il est question d’expropriation, les femmes ne sont généralement pas consultées sur la relocalisation. Et même si elles le sont, leur opinion ne compte pas toujours. Elles peuvent donc se retrouver sur des parcelles arides, non exploitables, situées loin d’un point d’eau. Tout ça sans compter les problématiques liées à la santé. C’est vrai que les risques de santé atteignent tout le monde, que ce soit les femmes, les hommes et les enfants. Par contre, l’accès n’est le même pour tous ces groupes. Par exemple, de par leur rôle, leur statut et leurs responsabilités au sein du foyer, les femmes n’ont pas la liberté, les moyens ou même le temps d’aller consulter un médecin. »

Pour Anne, c’est pour éviter ces conséquences négatives qu’il est important d’intégrer la question de genre dans les projets de développement. À cet égard, elle appuie Oxfam et ses partenaires à se poser les bonnes questions lors de la conception d’un projet. « Ce que j’aime dans mon travail, c’est le soutien-conseil que je fais auprès de mes collègues et partenaires, à savoir comment mieux prendre en compte le genre dans les projets. L’intégration transversale du genre est pour moi essentielle à la réduction des inégalités. D’une part, on s’assure que le projet n’est pas préjudiciable à aucun groupe vulnérable et que les retombées et bénéfices sont reçus équitablement entre les femmes et les hommes. D’autre part, de façon concomitante on saisi l’opportunité de promouvoir l’empowerment des femmes ou des filles contribuant ainsi à renforcer leur confiance et à élever leur voix. »

Une autre façon d’élever la voix des femmes, selon Anne, est la Journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars. « Cette journée est très importante au Burkina Faso. Elle est fêtée sur tout le territoire, des évènements ont lieu dans les principales villes. Elle permet de rappeler le combat des femmes et contribue à un monde plus équitable. »