Du Canada à la Perle des Antilles

Je m’appelle Lynn Bois Gagnon. Cela fait quinze ans que je suis fonctionnaire fédérale. Dernièrement, je travaillais, comme conseillère au développement du commerce international, pour l’Agence de promotion économique du Canada Atlantique. J’ai acquis une grande expérience dans le domaine du développement économique local et international, mais je ne voyais pas réellement l’impact que cela pouvait avoir sur le terrain. M’impliquer à l’étranger m’a permis cela. Ce n’est que la suite logique de mon parcours. Comme Canadienne, je me sens privilégiée. Aussi, transmettre mon expertise, en faire bénéficier autrui est, pour moi, très important. Tout en donnant, j’apprends, mais c’est un échange, un apprentissage commun.

Depuis septembre dernier, je suis en Haïti, comme conseillère technique en autonomisation économique des jeunes et des femmes, avec Oxfam-Québec. Je travaille avec des femmes et des jeunes qui veulent prendre en main leur avenir économique. Les rêves sont ambitieux, c’est beau à voir. Une femme, véritable bout en train, m’a dit qu’elle souhaitait faire concurrence à une pâtisserie très fine et renommée à Port-au-Prince. Ce ne sont pas seulement ces paroles qui m’ont marquée, mais le ton ferme et le regard perçant qu’elle avait lorsqu’elle me l’a dit.

Questionner, comprendre pour moi est essentiel, afin de contribuer à ce que les rêves d’entreprises deviennent réalité. Récemment, lors d’une séance avec un partenaire, j’ai demandé, quels étaient les rêves, mais aussi les obstacles auxquels les femmes et les jeunes devaient faire face. Ils ont beaucoup apprécié l’interaction et le dialogue que cela a suscité. Car aller vers l’ailleurs, c’est aussi prendre le temps de comprendre la culture, d’entrer en contact avec les gens et d’établir des relations de confiance.

Progresser ensemble

Le développement international nous fait progresser humainement et professionnellement. On améliore notre tolérance, notre patience. Cela nous ouvre au monde et à ses réalités. Il faut arrêter d’avoir peur ou de condamner un pays en se fiant juste aux nouvelles. Aujourd’hui, je commence à mieux comprendre le bagage que j’apporte et je sais davantage comment le transmettre et l’adapter sur le terrain. C’est aussi cela la coopération internationale : on avance et on grandit ensemble.