Être coopérant volontaire… ça m’est apparu comme une évidence

Debout sur le toit de son petit 3 ½, Fabrizio contemple la Vieille ville de Jérusalem. Le calme de cette nuit est trompeur… depuis quelques jours, la tension règne.

Quand Oxfam-Québec m’a proposé de travailler en Palestine il y a quelques mois, je n’ai pas hésité une seconde. Je suis parti l’esprit ouvert.

Très vite, j’ai été confronté à d’immenses défis dans mon travail et à certaines contraintes sécuritaires. Mais en même temps, j’ai été accueilli par un peuple de partage, résolument contemporain et lucide. Et pour moi qui aime l’histoire et les endroits complexes, je suis servi ! C’est extrêmement motivant. Vivre et travailler ici, ça interpelle, ça pousse à être innovant, à penser différemment, à toujours trouver des solutions.

Être coopérant volontaire… ça m’est apparu comme une évidence en revenant à Montréal, après un stage Action jeunesse avec Oxfam en Bolivie. Je travaillais à Sucre où je développais des projets d’activités économiques pour des réseaux de jeunes. Ça a été le déclic du développement, mais pas de l’international !

Ça, ça remonte encore plus loin.

Mon père vient d’une famille italienne où le choix, c’était d’être agriculteur, prêtre, militaire ou diplomate ! La diplomatie ? Pourquoi pas !

Je me suis donc lancé dans les études en Sciences politiques… qui m’ont très vite dissuadé. Pas la diplomatie. L’ONU ? mmm… peut-être plutôt les organisations non gouvernementales ?

Mon Bac en poche, finie l’UQAM et direction le Venezuela où je suivais des cours libres à l’université mais où, surtout, je faisais du bénévolat dans les bidonvilles de Caracas pendant presque un an.

De retour à Montréal, j’ai poursuivi une maitrise en politique internationale entre l’Université de Montréal et Sciences-Po à Paris. Mon stage m’a envoyé 5 mois à Nairobi, au Kenya, pour faire de la gestion de projets.

Tout devenait de plus en plus clair dans ma tête et après le Kenya, mon stage en Bolivie a scellé ma décision : être coopérant volontaire !

Avec Oxfam, je suis alors parti pour le Burkina Faso. Deux ans à Banfora, à collaborer avec l’association Munyu, pour le développement économique des femmes en milieu rural. J’ai même sauté de l’autre côté de la barrière et c’est moi qui accueillais les nouveaux stagiaires québécois ! C’est d’ailleurs cette année là qu’une jeune Léa Clermont-Dion faisait ses premiers pas dans la coopération.

Après deux ans un peu isolé en Afrique, à 7 heures de route de la capitale, Ouagadougou, j’avais envie de rentrer à Montréal et d’y trouver un travail. Quelques mois… et j’ai accepté un contrat de 2 mois au Honduras pour y mettre en place 3 nouveaux projets. De fil en aiguille, j’y suis devenu le représentant d’Oxfam-Québec pendant 3 ans !

Impossible de résister, ça fait partie de mon ADN il faut croire. À la fin de mon mandat, c’était déjà très clair que je voulais m’orienter vers la Palestine et m’y voici. Un nouveau chapitre passionnant qui commence avec une équipe incroyable et des partenaires tellement stimulants. On poursuit l’aventure, toujours plus motivé, toujours plus stimulé.

Alors si ce genre de défi vous titille, n’hésitez plus ! Sautez dedans à pieds joints, vous avez tant à gagner !

Fabrizio Biondi Morra
Coopérant en Palestine