Je n’ai jamais beaucoup planifié ma vie, mais je suis exactement là où je veux être !

Corey est attablé sur le balcon d’un petit café de Jérusalem. Les sirènes déchirent le silence de cette soirée qui commence… depuis quelques jours, la tension règne.

Je me revois il y a quelques années, pendant mon Bac en Affaires publiques et droits humains à l’Université de Carleton, à Ottawa. Si on m’avait montré une image de moi aujourd’hui, en Palestine, coopérant pour Oxfam-Québec, je pense que ça ne m’aurait vraiment pas surpris.

Dès la fin de mon Bac, je suis déjà venu dans la région pour faire un stage avec une association locale à Bethléem. J’y suis resté cinq mois et quand je suis retourné au Canada faire ma maîtrise en sociologie et éducation à l’Université de Toronto, je pensais déjà à revenir. C’est Oxfam-Québec qui m’a permis de mettre ma formation au service de l’Institut de santé publique et communautaire relié à l’Université de Birzeit, en Palestine. J’étais là pour renforcer les capacités des équipes de recherche en santé mentale et psychosociale.

J’ai travaillé avec une équipe incroyable ! C’est vraiment devenu une deuxième famille, accueillante, enrichissante, valorisante ! Et dans un climat parfois tendu, toujours très politique, le fait d’être moi-même juif n’a jamais posé problème. Jamais de doute, de part et d’autre…

J’ai travaillé plus de deux ans avec Oxfam ici. J’ai ensuite fait une courte pause pour changer radicalement de contexte et travailler un peu en Éthiopie. Mais ça n’a pas été long, et je suis revenu en Palestine très rapidement, toujours avec Oxfam. C’est très simple, « I don’t know how to leave ! »

J’aime profondément et passionnément ce pays. J’adore travailler à Ramallah ! C’est un véritable carrefour où tout le monde se croise et qui bout constamment. Les gens que j’y côtoie sont inspirés, motivés, ils ont une analyse très fine de la situation et sont très challengeants intellectuellement.

Et pour moi, mon travail ici est une belle continuité de mon histoire familiale. Mon grand-père avait 20 ans pendant la guerre. Avec un de ses cousins, il est un survivant du camp de Buchenwald.

C’est son histoire et sa souffrance qui m’ont motivé à étudier et travailler pour les droits humains, à devenir un militant contre les injustices et pour la paix.

Corey Balsam
Coopérant en Palestine