Une Québécoise au cœur de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux jeunes filles

Sara Farley, est conseillère en justice entre les femmes et les hommes avec Oxfam-Québec. En poste depuis peu au Bénin, elle partage avec nous son expérience précédente au Burkina Faso.

 

J’ai toujours travaillé dans le milieu communautaire et le développement social et mon penchant pour la cause des femmes s’est imposé de lui-même. Lors d’un mandat à titre d’agente de développement au niveau de l’aide alimentaire d’urgence à Montréal, j’ai réalisé que la précarité des familles était directement liée aux conditions des femmes. Le manque de soutien pour les familles monoparentales, la précarité des emplois féminins, la détresse et le manque de soutien chez les victimes d’abus… l’injustice vécue par les femmes et les familles m’a bouleversée et c’est en ce sens que j’ai orienté mes actions.

Je suis arrivée à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, en septembre 2015 comme conseillère en matière de justice entre les femmes et les hommes. Au fil du temps, mon mandat s’est orienté vers la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Concrètement, je développais la campagne Nous pouvons, avec la Coalition burkinabé des droits des femmes (CBDF), qui est à la tête de la Coalition nationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles (CN/VFFF).

Nous pouvons est une campagne qui s’attaque à l’acceptation sociale de la violence faite aux femmes et aux filles, au silence qui entoure ces violences et aux tabous qui y sont liés. Dans la majorité des pays, il y a cette tendance à taire les violences vécues par les femmes, à minimiser leurs impacts, à marginaliser les victimes et à discréditer les femmes qui tentent de prendre la parole pour les dénoncer. D’ailleurs, selon Statistique Canada, « 90 % des femmes ayant vécu une agression sexuelle ne vont pas la dénoncer. »

Avec Nous pouvons, nous tentons de créer un changement profond, basé sur l’engagement personnel des individus comme vecteur de changement au sein de leur communauté. Cette campagne rapproche les acteurs du changement de tous les niveaux que ce soit les autorités politiques, les leaders religieux, les membres des communautés ; tous s’unissent pour parler et dénoncer les violences que subissent les femmes et les filles.

« C’est la première fois qu’on nous réunit pour parler de nous-mêmes, des problèmes que nous vivons quotidiennement dans le silence, » raconte une participante au projet.

Dans le contexte burkinabé, les thèmes de l’excision et du mariage forcé des enfants sont incontournables. À travers son engagement, Oxfam-Québec tente de renforcer la structure porteuse de cette campagne afin d’atteindre le maximum de gens avec des outils de communication et de sensibilisation efficaces. Organiser des causeries éducatives, diffuser des messages radiophoniques, plaidoyer auprès des instances politiques, ne sont que quelques exemples d’actions mises en œuvre par Oxfam-Québec sur le terrain à travers la campagne Nous pouvons.