De l'eau, de l'eau et encore de l'eau

Quand nous avons grimpé la petite côte pour aller voir où en sont les travaux de construction d'une grande citerne de récupération des eaux de pluies et de stockage, nous sommes très vite arrivés.

Nous sommes sur la route de Jacmel et le responsable du comité de la communauté me fait un inventaire rapide. Là, ce sont les latrines construites par CARE. Là, les abris de la Croix-Rouge Suisse. Notre citerne est juste à côté. Le béton a fini de prendre, il ne reste que deux semaines de travaux pour faire la plomberie et placer les filtres pour rendre l’eau potable.

La route n’est pas loin, la communauté n’est pas isolée.

Mais sur la photo, ce que vous voyez, c’est l’illustration de la réponse du responsable à ma question : « Jusqu’à maintenant, l’eau, vous la prenez où ? »

La réponse ? Entre Yves Gattereau, notre responsable du projet de reconstruction post-séisme, et l’arbre qui est à sa droite. Vous voyez les deux tâches blanches des roches ? C’est là. Au fond, tout au fond de la ravine. Et le tracé de la route ne passe pas par là. Pour les hommes et les femmes les plus en forme, c’est au minimum deux heures de marche.

 

Le projet de reconstruction post-séisme, c’est beaucoup d’eau. Rien d’étonnant à apprendre que nous le menons en partenariat avec la Fondation ONE DROP.

Des citernes, des constructions de canaux d’irrigation, l’amélioration des zones de captage, la protection des sources, la réhabilitation de puits. Mais c’est aussi un immense travail de renforcement des capacités de nos partenaires, principalement le Ministère de l’agriculture.

Pourquoi ce Ministère ? Le travail avec les agriculteurs est le deuxième volet du projet : distribution de semences, d’outils, de fertilisants, formation pour démarrer des jardins potagers, agro-transformation… et bien plus encore !

Et comme pour tous nos projets en partenariat avec ONE DROP, il y a un volet social. Une troupe de théâtre, TOTO B, qui fait de la sensibilisation des populations sur les questions d’eau et les enjeux de la reconstruction. Mais ça, c’est la partie entre les mains de ONE DROP, je n’ai pas rencontré les intervenants.

Yves, notre chef de projet Canado-Haïtien est positif malgré l’immensité de la tâche : « Il y a tellement de choses à faire ! Les zones d’interventions sont immenses et les projets peuvent avoir l’air d’une goutte d’eau dans l’océan des besoins. Mais il ne faut pas oublier qu’avant le séisme, c’était déjà catastrophique. Pourtant, au niveau des interventions en eau, des pas de géants ont été franchis. Et il faut poursuivre… d’autant plus qu’Oxfam-Québec est une des rares ONG à soutenir l’agriculture.

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