Des maisons et des poules !

Difficile de croire que j’ai atterri il y a à peine 24 heures !
Après une récupération de bagage plutôt épique, j’ai mis le cap directement sur le bureau de l’humanitaire d’Oxfam-Québec. Un tour rapidement avant de repartir avec Isabelle Fortin, coordonnatrice du programme humanitaire, vers la maison de Claude St-Pierre, le directeur d’Oxfam-Québec, qui est malade malade mais fera le tour des dossiers avec nous jusqu’à 19h.

La soirée sera paisible…

Ce matin, premier départ hors de la capitale. En février 2010, quand j’étais en Haïti, je n’ai jamais quitté Port-au-Prince. Nous nous rendons donc  à Gressier, dans la région des Palmes.
Le partenariat que nous y menons avec ITECA (Institut de technologie et d’animation) touche l’hygiène, l’assainissement et la recapitalisation économique des jeunes.
ITECA a misé directement sur la reconstruction d’abris permanents. Les familles qui ont accepté de se joindre au programme ont choisi de ne pas recevoir d’abris temporaires (tentes ou bois) pour bénéficier de ces petites maisons permanentes. Des abris temporaires, ils se sont tous débrouillés pour s’en construire eux-mêmes en attendant.

Modèle de maison

Pour la construction des maisons, le système ressemble un peu à ce qu’on connait chez nous avec Habitat pour l’humanité. Les cent premières familles bénéficiaires ont toutes travaillées à la construction des maisons des autres. Chacun doit fournir du matériel (des pierres, apporter l’eau pour le ciment, construire des blocs de ciments quand les pierres sont manquantes…). Le matériel est transporté par les familles sur les lieux des futures habitations, souvent en montagne et difficilement accessibles. Les cent nouveaux propriétaires prendront possession de leur demeure le 10 janvier prochain.

Il en coûte de 4 000 à 5 000 dollars par unité pour les abris semi-permanents. Ces vraies maisons coûtent chacune 11 000 dollars.

Oxfam-Québec s’occupe ensuite d’équiper ces communautés en eau, latrines et gestion des déchets. Nos équipes font des travaux d’extension du système d’adduction d’eau pour avoir de l’eau courante.

L’autre aspect du travail en partenariat avec ITECA est l’appui aux activités économiques des jeunes. Cinq cent d’entre eux ont déjà reçu des poules pour démarrer un petit élevage. Ils en avaient 16 chacun au départ mais ont tous déjà doublé leur capacité d’élevage. Bien entendu, ces jeunes reçoivent également une formation technique et en gestion. Et comme les poules sont issues de races améliorées, elles sont très en demande et leurs œufs se vendent plus chers sur les marchés.

En après-midi, nous nous sommes déplacés vers Léogane, où nous menons un projet d’eau et assainissement en partenariat avec ONE DROP. Nos équipes construisent ici aussi des latrines, des douches et des stations de lavage de main pour les familles, mais un grand travail de sensibilisation aux pratiques d’hygiène y est mené avec des troupes de théâtre locales dans les six communes de travail. L’éducation à l’hygiène est vraiment très efficace avec ces moyens. On rejoint des groupes de 250 à 300 personnes d’un coup et de façon très ludique.

Oxfam-Québec a aussi un partenariat avec une radio et nous avons une émission d’1 heure 30 hebdomadaire avec une ligne ouverte pour interagir avec le public, et des jeux de questions-réponses.

Cette après-midi, j’ai pu assister à un des focus groupe organisé auprès des communautés pour entendre leurs préoccupations, leurs doléances… et ce que j’ai entendu est très encourageant. On y entend satisfaction et remerciement, même si il y a encore du travail à faire.

« Même avant le séisme, il y avait des points de défécation un peu partout. Des latrines, on en avait jamais eu avant ! Et avec plus de propreté, on voit l’effet sur les moustiques et il y a moins de malaria et de filariose. »

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