Où ça, un clown ?

Je suis de retour à Port-au-Prince depuis hier.

Journée plus tranquille et j’en ai profité pour me remplir les yeux et la tête : des lampadaires sont apparus dans les rues depuis un mois ou deux. Alimentés par panneaux solaires, ils éclairent de plus en plus de rues de Port-au-Prince. Ce n’est pas un déploiement général, mais ça change grandement le portrait nocturne et réduit, un peu, les risques d’accidents. C’est certain qu’au niveau de la sécurité sur la route, il y a encore du chemin à faire !

 

Un lampadaire... ou plutot une ombre de lampadaire !
Les fameux indicateurs de nom de rue

Des panneaux indiquant les noms de rue sont aussi apparus. Initiative d’un des plus grands fournisseurs de téléphone cellulaire. Ce n’est pas encore partout, mais ça aide ! Pour aller chez Claude, arrivé dans tel quartier, tu suis des flèches bleues sur les murs, jusqu’au moment où les fils électriques pendent sur la route et qu’en face, il y a un arbre. Ensuite tu continues jusqu’à un portail vert… vous voyez le tableau.

Un peu partout dans la ville, de grands espaces, des parcs, des terrains de foot, reprennent leur rôle. Plus de tentes, les camps sont démantelés progressivement. Ce n’est pas fini, il y en a encore, des camps, mais on voit vraiment un progrès. Pareil pour les débris des immeubles effondrés. Le travail à faire est encore énorme, mais le changement est stupéfiant. Des exemples d’immobilisme, il y en a encore tout plein, c’est sûr ! Au coin de la rue du bureau d’Oxfam-Québec, le bâtiment effondré n’a pas bougé d’un pouce. Le propriétaire du bâtiment est mort et personne ne revendique encore la propriété. Et comme il est de la responsabilité de chacun de dégager son terrain, rien ne bouge.

On voit aussi une belle amélioration au niveau de la propreté. Des tas d’ordures qui encombrent les rues et les espaces vacants, il y en a. Moins. Un immense travail de sensibilisation aux questions d’hygiène et d’assainissement a été et continue à être fait. Des dépotoirs sauvages ont été démantelés, un certain ramassage a repris. Dans ma petite ville, au Québec, il y a chaque année un concours du plus beau jardin. Ici, le concours existe aussi : « Mon quartier est plus propre que le tien ». En rentrant dans Port-au-Prince hier, j’ai croisé beaucoup de groupe, balai en main, gants, sacs, en train de nettoyer, de ramasser et de remplir des camions d’ordures. Il existe aussi un système de loterie. Pour participer, vous recevez un billet pour chaque 300 sacs d’eau que vous rapportez à des points de collecte. L’eau ici est souvent vendue dans des petits sacs en plastique individuels qui doivent contenir plus ou moins 250 millilitres. Ça fait des milliers de petites tâches de plastique bleue qui jonchent les bords de rues.

Je ne vous dresserais pas un portrait idyllique de la situation qui est loin de l’être. Mais à chaque personne à qui je pose la question, j’obtiens toujours la même réponse : on voit la lumière au bout du tunnel et un retour à la case départ. Maintenant, arrangeons nous pour dépasser ça et obtenir une véritable amélioration des conditions de vie dans ce pays qui en a bien besoin.

Travaux d'aménagement de la Place St-Pierre avec deux grandes fontaines.
La PLace St-Pierre n'est plus un camp ! Les structure de tentes en arrière vont abriter des commercants
Et un Père Noël flou au détour d'une rue...
Et un clown qui fait des ballons !
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