Dans le bain
Grosse journée, que je résumerais parce que ce n’est pas fini. Il est 19h et la réunion de l’équipe Watsan (Water and sanitation) va commencer. Suivie à 20h d’une autre réunion de toutes les équipes. Je suis assise à côté du groupe, c’est ma source d’information. Le matin, nous sommes tous en route entre 6h30 et 7h, et après, c’est une course contre la montre et j’ai du mal à les arrêter.
La réunion fait le bilan de la journée et prépare la suivante.
Je fais une pause et j’écoute…
Les distributions se poursuivent et se développent. Demain, 210 abris seront distribués à des familles, ce qui vise près de 1000 personnes.
Des nouveaux sites ont été identifiés et le travail pourra commencer dès demain aujourd’hui, en creusant des latrines et en instaurant de nouvelles distributions d’eau. Les autres programmes roulent.
J’entends parler les membres de l’équipes qui déroulent leurs journées : supervision des distributions, repérages de nouveaux sites, préparation des distributions suivantes, logistique, et à travers tout ça, ils rencontrent les candidats qui se présentent pour agrandir les équipes, et pour le programme de « Cash for work ». Je les écoute et mes mains applaudissent en silence. Et malgré la fatigue et les conditions, ils s’enflamment en racontant leur quotidien, leurs défis… Karine essaie de trouver une solution à son casse-tête de la journée : il va falloir évacuer demain 200 mètres cube de déchets de camps du golf. Mais à voir sa détermination, pas de doute, elle va vite trouver une solution.
La réunion est suspendue quelques minutes alors qu’une nouvelle secousse fait bouger notre terrasse du deuxième étage. Les consignes de sécurité sont claires : ne pas bouger, rester proches des murs de soutien. Des inspections ont été faites et normalement, notre bâtiment est sécuritaire, malgré les fissures apparentes.
On passe ensuite au bilan des réunions de coordination. Ce n’est pas négligeable. Ça prend du temps et les équipes en ont déjà plus qu’assez, mais c’est indispensable pour une efficacité maximum. Il y a 900 ONG étrangères enregistrées en Haïti et la plupart n’avait jamais travaillé ici. C’est là que je mesure l’importance d’être ancré ici depuis plus de 30 ans. Oxfam a fait ses preuves et les communautés avec lesquelles on travaillent nous connaissent, pour la plupart.
Il n’est même pas encore 21h quand tout ça est fini, mais je file me coucher.
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Commentaires
C'est choquant de lire que Port-au-Prince subit encore des secousses. J'imagine le traumatisme récurrent chez les personnes qui ont vécu le séisme.