Petionville Club
L’ancien terrain de golf sert de camp pour les réfugiés, je l’ai déjà mentionné. On parle de 45 000 personnes, mais il est difficile de faire un recensement exact. La sécurité de l’endroit, et donc son accès, est contrôlée par l’armée américaine. Ceci expliquant cela, c’est pourquoi je n’ai pu faire que quelques photos de la citerne que Step et Steeve ont terminé d’installer aujourd’hui.
Je suis très impressionnée : il s’agit des fameuses citernes d’Oxfam que je vois en photo depuis des années (Darfour, tsunami, Liban…). La citerne est installée à l’entrée du club et elle est branchée depuis aujourd’hui sur le système d’irrigation des greens. C’est un golf à 9 trous, il y a donc 9 points d’accès sur le terrain. Nous n’en alimenterons que 7, les 2 autres étant situés là où les américains sont installés et ils n’ont pas besoin de nous pour boire.
A chacun des 7 points, il y a un système de 6 robinets, comme sur la photo de Ti-Savane dans mon billet d’hier.
Oxfam apporte déjà l’eau dans ce camp, mais l’alimentation se fait par camion en passant par l’intérieur et la densité de population provoque parfois des accidents. Surtout que le trafic est impressionnant. Faite le calcul : 45 000 personnes, et en respectant les normes Sphère pour la gestion des camps, il faut garantir un minimum de 20 litres par jour et par personne. 900 000 litres d’eau. A partir de demain, les camions s’arrêteront en haut et il n’y aura plus de risque.
Et pour les photos, je n’ai pas pu m’aventurer à l’intérieur avec ma caméra. Demain oui, mais pas ce soir. Ce soir, c’est le Super Bowl et on sent la fébrilité chez les soldats. Mais cela n’a peut-être rien à voir.
Pour ma tranche de vie quotidienne : ce matin, rencontre de groupe avec les psychologues pour parler de gestion de stress et de choc post-traumatique.
Le bureau était assez calme, la moitié de l’équipe prenait quelques heures de repos, et 6 personnes déménageaient. On commence à évacuer notre guest house fissurée de partout et on nous demande de n’être à l’intérieur que pour des courtes périodes de temps. Cela dit, la courte période de temps nous a permit d’attraper une belle tarentule dans la chambre de Julie, et d’en voir une autre dans la salle de bain. « Oui… il y en a plein ici ». Une chance qu’on les ai vues, à la lueur de la bougie. La génératrice a encore fait des siennes, et il n’y avait pas d’eau. Il fait 40 degrés en journée et on colle un peu. C’est bien, ça nous ramène à ce pourquoi on est là, et surtout pour qui. N’empêche qu’à la lumière de mon laptop (ma lampe de poche a rendu l’âme), j’ai vérifié qu’il n’y avait pas une petite amie cachée dans mon sac de couchage. Cela dit, dehors, avec ma moustiquaire flottante, si miss tarentule vient me dire bonjour, il n’y aura pas grand-chose pour l’en empêcher.
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