Respect de la dignité humaine

Premier billet de blogue, dernière journée à Toronto et d'inombrables sujets de réflexions. C’est avec enthousiasme que je me rendis au 285 Victoria pour assister à l’atelier "Islamo-phobia and Civil Liberties in Canada" à 10h00 am. Édifice Victoria de l’Université Ryerson, une fois en face du local 209, je me trouvais devant un auditoire hétéroclite composé de jeunes et de moins jeunes, offrant une belle palette de notre mosaïque culturelle canadienne. 

Le sujet de l’atelier : la montée du racisme, de l’islamo-phobie et la diminution des libertés civiles au Canada. Sujet très préoccupant pour le "meilleur pays au monde". Sujet d’autant plus sensible que la racine du problème est bien ancrée dans nos représentations, voir même inconsciente de "l’autre". En d’autres termes, les stéréotypes et les préjugés qui sont sans cesse véhiculés par la presse médiatique (livres, revues, journaux) et l’industrie du cinéma, que ce soit à Hollywood ou plus près de nous, au Québec, contribuent à renforcer nos tabous.

Une petite parenthèse, si vous me le permettez bien. Retour dans le temps en 2005. Je me rappelle cet été là un film indépendant controversé est sortie dans les salles du Québec: Le Nèg. J'étais scandalisée de voir l’affiche qui montrait une figurine d’homme noir avec un chapeau de paille et une canne à pêche. Ces mêmes figurines décoratives de vitres que l’on retrouve souvent devant les maisons dans les campagnes du Québec...Ceux et celles qui proviennent des régions plus éloignées sauront de quoi je parle.

Permettez-moi de vous dire que le préjugé du paysan est un classique. Ce n'est pas la forme de préjugé la plus subtile. Il y en a beaucoup d'autres. L'atelier de ce matin m'a fait réaliser comment il est facile d'entretenir des stéréotypes dans notre quotidien. Sans même s'en rendre compte, on se représentente l'altérité, donc l'autre, d'une manière négative.

Le musulman terroriste, par exemple. C'est un autre classique. Permettez moi de vous rappeler le stéréotype du noir paresseux, de celui qui est incapable de se prendre en charge, du menteur et du voleur. Le réflexe de tenir fermement son sac à main pendant que passe l’inconnu, qui ne l’a jamais eu ? 

Représentation stéréotypée ? Certainement, mais réelle cependant. Pour enlever de nos pensées profondes de telles idées préconçues, je crois qu’il nous faut être en mesure de faire une réelle introspection sur nos schèmes de pensées et nos modes de conduite. C’est faire appel à sa conscience dont il s’agit.

Autre élément de réflexion suite à l’atelier "Disability, Intersectionality, and International Development : A human rights approach", qui est toujours sur la thématique de l’exclusion. Cette fois, ce sont les handicaps physiques et intellectuels qui sont mis de l’avant. J’y ai appris que la pauvreté  est liée à trois sortes de discrimination : celle lié au genre, à la race –j’emploie ce terme sachant qu’il est scientifiquement erroné et que des recommandations de l’UNESCO depuis le milieu des années 1950 en proposaient le retrait- et aux handicaps.

Je suis restée marquée par cet atelier parce que j'essaie de me mettre à la place de cette jeune fille africaine qui naîtra avec un handicap physique. Dans nos sociétés pourtant démocratiques, nous ne réservons pas souvent des places de choix aux personnes qui sont atteintes d'handicaps physiques ou intellectuels. La situation est pire dans certains pays en voie de développement. Encore une fois, les femmes sont sujettes à une plus grande exclusion que les hommes.

Les personnes atteintes d'handicaps physiques ou intellectuels ont moins de chance d'aller à l'école, de pouvoir se marier et sont souvent une charge et une source de honte pour la famille. Pourtant, la dignité humaine est un principe universellement reconnu. Toute personne, indépendamment de son âge, sa condition physique et intellectuelle, ses convictions, sa couleur, son genre, sa religion et son orientation sexuelle, a droit à un égal respect de sa condition d'être humain. Ceci est d'autant plus véridique pour les personnes atteintes d'handicaps quelqu'ils soient.

 

 

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