Tenir ses promesses - témoignage de François Holtz

Dans mon dernier billet, je mentionnais ma future rencontre avec François Holtz, chargé de projets chez Oxfam-Québec, et une des premières personnes de notre équipe à s'être rendue en Haïti suite au séisme.

Il me fait donc plaisir de tenir ma promesse et de vous résumer le contenu de notre échange.

Pour commencer, François est revenu d'Haïti avec un nouveau bagage. C'était sa première mission dans un pays dévasté par une crise de ce genre et il en est revenu encore plus optimiste face à la pertinence des actions d'Oxfam sur le terrain.

C'est le 20 janvier qu'il a atteri sur le sol haïtien et quelques minutes après avoir posé les pieds là-bas, il a pu constater l'ampleur du désastre et de ses répercussions.  Sa première constation fût de voir à quel point notre équipe - pourtant profondément touchée personnellement par les pertes humaines et matérielles du tremblement de terre - était prête à travailler pour soutenir les actions d'urgence.

«J’ai trouvé une équipe sur place déjà très mobilisée et efficace pour répondre aux premières urgences. Ils étaient en mesure de recevoir les demandes d’aide, d’évaluer les besoins des différents camps, de mobiliser le matériel nécessaire et de faire la distribution de ce matériel aux bénéficiaires.  Et ce, malgré le fait qu’ils étaient eux-mêmes des victimes du séisme. 

Le travail d’urgence  laissait cependant peu de temps aux agents terrains pour concilier les informations de façon quotidienne et pour faire le bilan des activités réalisés.  En ce sens, mon travail (François a quotidiennement rédigé des rapports sur l'état de la situation et les actions d'Oxfam-Québec) faisait la différence en permettant a l’équipe sur place d'être mobilisée sur l’opérationnel en me laissant le soin de concilier les informations et de faire le rapportage afin que l'équipe québécoise, le grand public et les bailleurs de fonds soient au courant des actions. 

C’est très important aussi pour les gens du terrain de sentir la mobilisation des personnes au siège et au Canada et de voir qu’ils sont prêts a venir les soutenir dans leur travail.»

C'est difficile pour nous de mesurer l'impact de notre solidarité, pourtant plusieurs témoignages reçus d'Haïti témoignent de l'impact que notre mobilisation a eu - et continue d'avoir - sur la population haïtienne. Savoir que les gens sont présents et tentent de faire leur part pour les aider à passer au travers de ce moment plus que difficile, est essentiel. C'est pourquoi nous avons essayé, dès le début, de les tenir informer des actions de la population québécoise.

L'espoir est une arme exceptionnelle pour faire face à une réalité aussi dramatique et vos dons, vos messages et vos actions ont contribué à la maintenir vivante.

Lorsque j'ai demandé à François si cette expérience avait modifié sa façon de percevoir nos actions à titre d'organisation humanitaire, voici ce qu'il m'a répondu :

« Cette expérience m’a confirmé la pertinence de l’approche de partenariat d’Oxfam-Québec et l’avantage certain pour des ONG comme nous d’avoir des ressources humaines et des bureaux locaux (Oxfam-Québec est présente en Haïti depuis 1983).  Dès les premières heures, le travail dans les camps s'est effectué a travers des partenariats entre Oxfam-Québec et des comités locaux de citoyens basés près des camps.  L’évaluation du nombre de bénéficiaires, de l’état de ces bénéficiaires, de leurs besoins et la coordination des distributions se faisaient avec ces comités ce qui a considérablement accentué l’efficacité de notre travail.»

François s'envolait aujourd'hui en République démocratique du Congo afin de suivre l'état d'avancement de projets que nous avons là-bas. Son enthousiasme envers la mission d'Oxfam-Québec est toujours aussi vivant.

« Dans un contexte d’urgence les besoins sont criants et les retombées de l’aide sont tangibles.  Cela dit, le développement durable et à long terme est, en mon sens, aussi important si on veut, en dehors des périodes de crises et d’urgence, réduire la pauvreté de façon générale et assurer de meilleures conditions de vie aux populations à long terme.»

François m'a aussi mentionné qu'il était impératif de continuer à sensibiliser la population à la situation vécue actuellement par le peuple haïtien : « Les gens doivent rester mobilisés, et ce même si Haiti va être de moins en moins a l’agenda des médias.  Les besoins sont à long terme et la phase de réhabilitation va demander beaucoup de temps, des années, et aussi beaucoup de ressources.»

De notre côté, nous continuerons de vous informer de nos actions là-bas et même si vous pensez que votre petit effort est négligeable, il n'en est rien ! Chaque geste compte, chaque parole contient son lot de réconfort et chaque action entraîne de nouvelles réactions positives.  

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