Copenhague
La reprise des négociations de l'ONU sur les changements climatiques est nécessaire pour éviter un réchauffement de 4 degrés

« L'accord de Copenhague est immensément décevant, mais il démontre que la manière traditionnelle de mener des négociations internationales ne convient pas à la poursuite de notre destinée commune et qu'elle est tout simplement dangereuse. »
Antonio Hill
Conseiller sur les changements climatiques, Oxfam International
Un leadership mondial renforcé, un calendrier rigide et un nouvel emplacement sont essentiels pour conclure une entente sur les changements climatiques l'année prochaine.
Il faut révolutionner la manière dont se déroulent les pourparlers des Nations unies sur les changements climatiques afin d'en arriver à une entente en 2010 et d'éviter que le chaos dont nous avons été témoins à Copenhague se répète.
Dans le nouveau rapport intitulé « Climate shame: get back to the table » (disponible seulement en anglais pour l'instant) lancé lundi, Oxfam analyse les résultats de la récente conférence sur les changements climatiques ainsi que les défauts et les occasions manquées qui auront des répercussions sur les populations les plus vulnérables du monde, lesquelles subissent déjà les impacts des changements climatiques.
Il restait trop de points à régler à Copenhague, mais pour l'instant, seules deux réunions sont prévues avant le prochain sommet des Nations unies sur les changements climatiques, qui aura lieu à Mexico en décembre 2010. D'ici là, on estime que les changements climatiques auront entraîné la mort de 150 000 personnes et le déplacement d'un million de personnes.
Antonio Hill, le conseiller en changements climatiques d'Oxfam International, affirme : « L'accord de Copenhague est immensément décevant, mais il démontre que la manière traditionnelle de mener des négociations internationales, basée sur la stratégie de la corde raide et sur l'intérêt particulier des pays négociateurs, ne convient pas à la poursuite de notre destinée commune et qu'elle est tout simplement dangereuse. »
« L'enjeu est trop important pour une approche politique conventionnelle. Nous devons prendre des mesures immédiates pour régler les défauts des négociations afin de rattraper le temps perdu et de nous attaquer fermement aux changements climatiques. Un tel échec ne doit plus se produire. »
Dans son rapport, Oxfam demande aux dirigeants du monde de sortir de l'impasse et de reprendre les négociations. L'organisation réclame un nombre accru de rencontres des ministres d'ici le sommet de Mexico de décembre en plus de suggérer les grandes lignes de ce qui devrait être convenu lors de chacune de ces rencontres, auxquelles les ministres devront rester jusqu'à ce qu'une entente soit conclue. Les parties devront tenir compte des plus récentes données sur les changements climatiques afin que l'accord comporte les mesures nécessaires pour s'attaquer à ces changements. De plus, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques devrait avoir un siège social, comme l'Organisation mondiale du commerce à Genève, pour éviter de freiner les progrès des pourparlers. Entre-temps, les pays les moins développés devraient recevoir un appui accru pour s'assurer que les négociations mènent à une entente acceptable pour tous.
Selon Oxfam, les lacunes de l'accord ainsi que son manque de substance risquent de provoquer une augmentation des émissions des pays développés. Celles-ci pourraient dépasser les émissions de 1990, ce qui entraînerait une hausse catastrophique de la température de presque 4 °C, contrairement aux 2 °C maximum requis. L'accord n'inclut aucun objectif de réduction des émissions visant à limiter la hausse de la température à moins de 2 °C.
De plus, les pays négociateurs ne se sont pas engagés à ce que les 100 milliards requis pour l'adaptation aux changements climatiques dans les pays en développement ne soient pas tirés des budgets existants d'aide au développement. En outre, Oxfam soutient que ce montant ne représente que la moitié de la somme nécessaire, et que les pays négociateurs pourraient aisément renier leur promesse à moins que les fonds ne proviennent de sources publiques. Ils seraient ainsi accompagnés de la garantie qu'ils soient remis aux bonnes personnes, au bon endroit et au bon moment. Ce ne serait pas le cas si l'argent provenait de sources privées. L'accord ne contient pas non plus d'engagement selon lequel les pourparlers mèneraient à une entente juridiquement contraignante.
L'archevêque Desmond Tutu, l'ambassadeur d'Oxfam qui était présent au sommet de Copenhague et qui a rencontré plusieurs décideurs clés, a déclaré :
« L'échec à Copenhague du processus politique qui aurait dû mener à une entente sur les changements climatiques juste, adéquate et contraignante est profondément lamentable. L'enjeu des négociations était d'une extrême importance, mais nos chefs politiques se sont montrés incapables de relever le défi. Il faut nous tourner vers l'avenir. Nos leaders doivent se rassembler, apprendre de leurs erreurs et reprendre les discussions pour le bien de l'humanité. »
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