Des groupes demandent au Canada d’appuyer la « taxe Robin des bois »

2010-04-20

OTTAWA – Des groupes canadiens d’aide et de développement demandent aux Canadiennes et Canadiens, ainsi qu’au gouvernement fédéral d’appuyer la « taxe Robin des bois », une taxe infime sur les transactions financières qui rapporterait des milliards de dollars pour s’attaquer à la pauvreté et aux changements climatiques, tant au pays qu’ailleurs dans le monde.

La taxe sera discutée au Sommet du G20 qui aura lieu à Toronto en juin.

« Cette minuscule taxe pourrait améliorer les soins de santé et donner accès à une éducation gratuite à des millions de femmes et de filles dans le monde, en plus de permettre à la communauté internationale de se remettre en selle pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement », selon Lina Holguin, directrice des politiques chez Oxfam-Québec. « Elle assurerait aussi un financement stable et à long terme à la lutte contre les changements climatiques dans les pays pauvres, tout en accélérant la reprise économique dans les pays riches. Tout le monde y gagne. »

Les économistes estiment que la taxe de 0,05 pour cent proposée sur les transactions bancaires spéculatives – comme les obligations, les dérivés, les devises et les fonds spéculatifs – permettrait d’obtenir plus de 650 milliards de dollars chaque année. Pour protéger les consommateurs, la taxe Robin des bois, aussi appelée taxe sur les transactions financières, serait limitée aux transactions entre banques et autres institutions financières. Le premier ministre britannique Gordon Brown, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont tous appuyé la taxe.

« Une taxe sur les transactions financières serait bonne pour l’économie », a affirmé Toby Sanger, économiste principal du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). « Elle aiderait à atténuer la spéculation financière, à rediriger les finances vers des objectifs plus productifs et à promouvoir une plus grande stabilité économique – de même qu’à réunir des fonds pour combler des besoins humains vitaux. C’est pour cette raison que des centaines d’économistes du monde entier, et d’autres dirigeants mondiaux, sont en faveur de la taxe. Le gouvernement canadien devrait annoncer son appui à cette bonne idée au lieu de la bloquer. »

En plus de réunir des fonds pour aider à se protéger contre les futures crises économiques, la taxe Robin des bois est une manière innovatrice de financer les pays qui luttent pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. En outre, les gouvernements peuvent s’en servir pour obtenir les fonds nécessaires pour lutter contre les changements climatiques.

« Le gouvernement canadien a promis à maintes reprises de faire sa part pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques », a souligné Dale Marshall, analyste politique sur les changements climatiques à la Fondation David Suzuki. « Pourtant, le Canada est le seul pays du G8 à n’avoir encore rien mis sur la table. La taxe sur les transactions financières est un moyen innovateur que peut utiliser le gouvernement conservateur pour respecter les engagements qu’il a pris à Copenhague et dans le discours du Trône. »

Contrairement à d’autres réformes bancaires, la taxe Robin des bois est destinée à aider les personnes pauvres, à protéger les services publics et à s’attaquer aux changements climatiques au pays et ailleurs dans le monde.

Pour en savoir plus, consultez : www.taxerobindesbois.ca et oxfam.qc.ca/atable

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