Face à la stagnation de l’aide financière, Oxfam met en garde contre une crise sanitaire grave au Pakistan

« Il est essentiel que les donateurs passent à la vitesse supérieure. La vie des Pakistanais en dépend. »

Neva Khan
Directrice d'Oxfam au Pakistan

2010-09-09

La forte augmentation des maladies en moins de trois semaines témoigne de la nécessité d’augmenter l’aide fiancière

L’organisation internationale Oxfam alerte sur le fait qu’une importante crise de santé publique pèse aujourd’hui sur le Pakistan, touché par des inondations destructrices depuis plus d’un mois.

L’organisation souligne que les financements ont stagné ces dernières semaines, alors que le nombre de malades, de personnes déplacées et de personnes affectées par les inondations continue d’augmenter chaque jour.

L'appel initial de l'ONU lancé pour pallier les besoins immédiats des six millions de Pakistanais, a été financé à hauteur de 67 %, avec une augmentation de seulement 10 % ces deux dernières semaines. Au cours de cette même période, le nombre de cas de diarrhée aiguë, de maladies de peau, d’infections respiratoires graves et de potentielles infections au paludisme ont tous triplé.

Les maladies de peau sont passées de 260 000 à 860 000 cas, la diarrhée aiguë de 200 000 à 610 000 cas et les infections respiratoires graves de 200 000 à 670 000 cas.

L'appel de l'ONU a été préparé dans l’urgence, au début de la catastrophe et ne reflète plus les besoins actuels. Depuis qu'il a été lancé, le nombre de personnes touchées par les inondations est passé de 14 à 21 millions, dont dix millions de déplacés et huit millions de Pakistanais nécessitant une aide immédiate, les eaux ayant atteint le Sud et inondé une grande partie des provinces du Pendjab et de Sindh.

Oxfam souligne que les deux secteurs les plus importants pour la prévention des maladies et les soins sont les moins financés. Le secteur de l’eau et de l’hygiène n’a été financé qu’à hauteur de 30 %, et celui de la santé à hauteur de 50 %.

Neva Khan, directrice d’Oxfam au Pakistan, explique :  

« Rien que la semaine dernière, le nombre de personnes touchées par les inondations a augmenté de trois millions, alors que les taux de financements sont restés inchangés. Le nombre de malades a augmenté et de plus en plus de personnes sont déplacées par les eaux. Si nous souhaitons limiter la propagation de la maladie, l'approvisionnement en eau potable, en matériel médical et installations sanitaires est indispensable. Il est honteux que de tels besoins de bases atteignent de si faibles taux de financement. »

Jusqu'à présent, seulement 2,5 millions de personnes ont été approvisionnées en eau potable, indispensable pour empêcher la propagation de la maladie. Le manque de financement empêche les organisations de poursuivre leur travail sur place. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avertit que si la population affectée n'a pas un accès immédiat en eau potable et à du matériel d'hygiène, plus de six millions de nouveaux cas de diarrhée aiguë peuvent apparaître dans des régions touchées par les inondations.  

L'appel de l'ONU doit être actualisé la semaine prochaine. L'appel initial est susceptible d’être triplé, ce qui le porterait à 459,7 millions de dollars.

N. Khan ajoute : « Il est essentiel que les donateurs passent à la vitesse supérieure. La vie des Pakistanais en dépend. Ceux qui ont été généreux devront l’être encore plus, et ceux qui n'ont toujours pas versé leur juste contribution doivent le faire. Les niveaux de financement ne sont pas proportionnels aux besoins et une comparaison avec d’autres crises ne leur est pas favorable. Même en comptabilisant les engagements pris en dehors de l’appel de l'ONU, l'argent de l’aide ne représente que 40 dollars par personne sinistrée. En revanche, après le tremblement de terre qui a touché le Cachemire en 2005, les promesses de dons s’élevaient à 570 dollars par personne sinistrée le premier mois. »

Suivez-nous sur :
  • Icône Facebook
  • Icône Twitter
  • Icône Flickr
  • Icône YouTube