Témoignage d'Erica Valeria Baieli, coopérante volontaire à Sucre, en Bolivie
Erica est conseillère en prévention du VIH/sida et équité entre les sexes
Propos recueillis par Justine Lesage
« Je suis arrivée à Sucre pendant le carnaval, et les membres de l’association CONBOJUV y participaient. Ils avaient organisé une grande animation sur le thème du VIH/sida. »
Erica Valeria Baieli est arrivée à Sucre, en Bolivie, au début de février 2007, en tant que volontaire pour un projet de sensibilisation au VIH/sida. Elle avait un Baccalauréat en microbiologie en poche, de l’expertise scientifique en matière de VIH/sida et de l’expérience dans la mise en place d’ateliers de sensibilisation dans les cuisines communautaires à Montréal.
C’est sa première expérience de travail en tant que coopérante, mais le dépaysement n’est pas complet : Érica a quitté l’Argentine à l’âge de 12 ans pour le Québec. La langue n’est donc pas un obstacle pour elle.
Arrivée à Sucre, elle a rencontré des partenaires dynamiques, engagés et très jeunes. Beaucoup de sensibilisation sur le VIH avait déjà été faite et la mobilisation était une grande force du partenaire.
Son premier mandat a été de mettre en place des formations pour les jeunes. Et le spectre des questions à aborder était large : violence, dépendance à l’alcool, estime de soi. Toutes ces questions peuvent amener les gens à adopter des comportements à risque.
Mais, rapidement, Erica a réalisé qu’il était très difficile d’impliquer les jeunes, de leur faire comprendre que ce sont eux qui ont le pouvoir de faire changer les choses, malgré le manque de leadership dont ils faisaient preuve, surtout les filles. C’est pourquoi, avant même de pouvoir faire de la sensibilisation au VIH/sida, il fallait d’abord leur apprendre à se respecter, à connaître leur valeur.
Erica travaille auprès de jeunes qui ont entre 14 et 25 ans. Elle a monté des ateliers qui s’adressent, entre autres, aux militaires et aux étudiants. En effet, le service militaire étant obligatoire, il devient facile de toucher un large public. De plus, tous ces jeunes vivent temporairement loin de la maison familiale et y retournent ensuite, ce qui couvre un vaste territoire.
Les ateliers montés par Erica touchent 8 thèmes : le leadership, la communication, la sexualité, la prévention de la maternité et de la paternité adolescente, la communication intrafamiliale et intracouple, le VIH/sida, les infections transmissibles sexuellement (ITS) et la prévention de la violence. Les jeunes qui participent à ces ateliers pourront ensuite jouer un rôle de leaders au sein de leur communauté, et servir de relais pour sensibiliser d’autres jeunes.
Maintenant, Erica travaille avec des jeunes qui ont déjà reçu les formations pour consolider leurs apprentissages, pour les inciter à l’action et les aider à mettre leurs acquis en pratique. Et, si elle a été confrontée durant les formations à la difficulté de parler de sexualité aux jeunes, sujet tabou, elle constate qu’après les formations, ils sont plus réceptifs, plus ouverts.
« Mais il ne faut pas les lâcher ! Il me reste un an et demi de travail auprès d’eux et il faut s’assurer que tout cela dure. »
Ensuite ? On verra. Elle pourrait continuer à travailler en coopération, mais sinon, son expérience terrain a aussi attisé son envie de travailler ici, au Québec, sur les mêmes problématiques. « Il y a aussi beaucoup à faire chez nous pour adapter les programmes de prévention du VIH/sida dans les écoles, et pour travailler auprès des communautés latino-américaines et des nouveaux arrivants. »
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