De l’Estrie à la République Démocratique du Congo

Nathaniel Allaire-Sévigny, Conseiller technique en gestion de projet pour Oxfam-Québec en République démocratique du Congo.

L’engagement social peut prendre plusieurs formes. Pour Nathaniel Allaire-Sévigny, c’est par le biais du théâtre et de l’écriture d’un blogue qu’il prend plaisir à transmettre des valeurs d’égalité et de coopération. À l’occasion de la journée des volontaires du 5 décembre, cet enseignant de l’école de la Ruche, qui inspire la région en racontant son quotidien comme conseiller technique en gestion de projet en République démocratique du Congo, témoigne de son expérience.

Nathaniel Allaire-Sévigny est un comédien ainsi qu’un bourlingueur confirmé qui a vu plusieurs parties du monde avec un sac sur le dos. Il était aussi un admirateur d’Oxfam-Québec pour sa campagne de cadeaux sans emballages ! C’est aussi un pédagogue passionné qui a choisi l’enseignement au secondaire comme métier et un homme impliqué depuis 5 ans au sein de la table de concertation socio-économique de sa région, où il met en place des ateliers de sensibilisation pour les jeunes et les adultes sur plusieurs enjeux sociaux. Bref, cet homme engagé avait le profil du parfait conseiller technique international et pourtant, il n’avait jamais envisagé de partir pour travailler ailleurs.

« Je fais partie de ces candidats qui n’avaient pas du tout considéré partir. J’étais bien installé dans ma région, ma carrière allait bien et ma vie en générale suivait son cours. » Si Nathaniel a appliqué sur le poste de conseiller technique en gestion de projet pour Oxfam-Québec, c’est d’abord par peur de regretter. « Je me disais qu’il fallait que j’applique, simplement pour avoir la conscience tranquille. Si je recevais une réponse positive, rien ne m’empêchait de refuser » dit-il en riant. Pourtant, quand l’organisme lui a confirmé l’obtention du poste, il n’a pas refusé. « J’y pensais beaucoup depuis l’application. Depuis deux ans je donnais des ateliers sur l’égalité des sexes et la culture du viol et ce sont deux sujets qui me tiennent énormément à cœur et je voulais continuer d’agir pour cette cause. » C’est ainsi qu’à sa propre surprise, Nathaniel a plié bagage et est parti à Kinshasa.

Depuis 6 mois, il travaille en partenariat avec un groupe d’avocates et de juristes congolaises qui utilisent l’art social comme outil de sensibilisation sur le droit des femmes. « Le théâtre de rue est beaucoup utilisé à Kinshasa pour transmettre des messages et il devient un soutien à la compréhension et à l’inclusion » explique-t-il. En tant que conseiller technique, son travail est d’appuyer le partenaire terrain dans l’apprentissage de la gestion de projet. Il partage donc ces connaissances en matière de suivi financier, de tâches types il intègre certains outils comme des échéanciers, des procès verbaux, l’utilisation d’Excel et des ordres. « Mon travail est de m’assurer que ces femmes deviennent des championnes de la gestion et de la réalisation de projet pour qu’elles puissent continuer de mettre sur pied des projets d’art social au service du développement humain ! »

Dans les derniers mois, les juristes, des professionnels en psycho-social et des acteurs congolais ont animé des ateliers d’écriture dans des communes de Kinshasa pour déterminer le contenu des pièces de théâtre. Des hommes et des femmes se sont ainsi exprimés de façon anonyme sur l’éducation, l’injustice, la pression sociale et les violences desquels ils sont témoins ou victimes. De ces témoignages, des pièces de théâtre de sensibilisation seront écrites et présentées dans les différentes communes.

En plus de son travail comme conseiller technique, Nathaniel écrit sur son blogue et correspond avec ses élèves. « Je trouve ça important de partager mon expérience et d’ouvrir leurs esprits sur le monde. Je suis quelqu’un qui s’est toujours senti interpelé par ce qui se passait ailleurs et surtout, je me suis toujours senti responsable de poser des actions. C’est un peu cette responsabilité que je souhaite leur transmettre. »

Il souhaite aussi que les gens comprennent vraiment l’essence de la coopération. Une chose est claire pour Nathaniel, c’est qu’il est parti dans le but d’apprendre tout autant que dans celui de partager ses connaissances. « La coopération, ce n’est pas d’aller imposer ces méthodes ailleurs, c’est un échange et je vais sans doute recevoir beaucoup plus que ce que j’apporte au final dans mon expérience. Je ne suis pas parti implanter un projet, j’ai simplement apporté un peu de mes connaissances au sein d’un projet qui existait déjà. C’est avec ces échanges et ce renforcement de capacités qui permettent un développement durable selon moi », conclut-il.

Collaboration Oxfam-Québec