Devenir conseillère ou conseiller technique, une opportunité d’approfondir des expertises à l’étranger

Mylène Ouellet, Marie-Michelle Meloche, Marie-Hélène Gagnon et Nathaniel Allaire-Sévigny racontent leur expérience.

Nous sommes toutes et tous avides de découvertes quand nous voyageons. Mais pour ces quatre conseillères et conseillers techniques volontaires, passionnés de coopération internationale, partir ailleurs, travailler pour une organisation québécoise dans un pays en développement signifie bien plus qu’un voyage d’ouverture vers les autres. Il s’agit d’une opportunité en or d’approfondir leur expertise et de travailler dans un climat d’échange et de partage avec des professionnels de partout dans le monde.

Coopération internationale
« On me dit souvent à quel point je suis généreuse de faire ce que je fais et pourtant, je n’ai pas l’impression de faire un sacrifice. Avec la qualité des conditions de travail et les allocations que nous recevons, nous ne sommes pas à plaindre ! C’est un vrai travail avec des tâches, des responsabilités et des échéanciers, » explique Mylène Ouellet qui est conseillère technique en développement organisationnel en Colombie. Son rôle consiste à appuyer les partenaires dans l’identification de stratégies et de projets innovants leur permettant d’atteindre leurs objectifs.

Choix de carrière
Pour Marie-Michelle Meloche qui est elle aussi conseillère technique en développement organisationnel, mais en Palestine, son travail n’est pas seulement d’accompagner les partenaires dans la mise en place de processus et structures organisationnelles, mais également de démentir les idées préconçues quant aux motivations d’occuper un poste à l’étranger. « Certaines personnes pensent que de partir travailler à l’étranger, c’est une fuite ou une pause dans la vie, mais c’est un choix de carrière avec tout ce que ça implique. »
« Il ne faut pas arriver en pensant qu’on sait tout et qu’on va tout changer ! dit Marie-Hélène Gagnon, elle aussi en poste en Colombie. On n’arrive pas en disant ‘‘c’est ça qu’on va faire’’. Nos projets sont développés avec les partenaires et ils émanent de leurs besoins et aspirations. Il faut écouter les partenaires et s’adapter aux contextes locaux et culturels, sinon aucune de nos actions n’est durable. » L’approche d’Oxfam est basée sur la co-création et le renforcement de capacités des partenaires locaux. Le but est de travailler de pair avec eux, dans un processus d’amélioration continue, et ainsi contribuer aux actions et luttes qu’ils mènent pour une société plus juste et égalitaire.

Travail collaboratif
Nathaniel Allaire-Sévigny, lui, travaille en République démocratique du Congo, dans un projet de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Ce jeune enseignant et comédien de Sherbrooke collabore avec un regroupement d’avocates et de juristes congolaises qui utilisent l’art social comme outil de sensibilisation sur le droit des femmes. « Nous travaillons sur de nouvelles façons de faire pour que leurs projets de théâtre social soient parfaitement adaptés à la réalité des femmes d’ici et pour avoir un maximum d’impact dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. »
Selon Marie-Hélène Gagnon, ces expériences sont extrêmement formatrices pour de jeunes professionnels : « en commercialisation, la relation avec le client est très importante et ici, j’apprends à créer des relations de confiance avec des gens à la culture et à la façon de faire différente. Je développe ainsi des réflexes précieux. »

De ces expériences ressort un constat partagé : un mandat à l’étranger est une expérience multifacette permettant d’acquérir de nouvelles compétences et d’en approfondir d’autres.