Oxfam-Québec au Honduras, contre la violence faite aux femmes et aux jeunes filles

La violence envers les femmes et les jeunes filles est un fléau partout sur la planète. En plus de porter atteinte à leur intégrité, les violences à l’égard des femmes réduisent leur accès aux services et aux ressources essentielles, restreignent leur participation à la vie citoyenne et constituent un frein à leur développement.

Face à cette réalité alarmante, Oxfam-Québec intervient pour changer les mentalités et briser le cycle de la violence en appuyant les organisations locales qui viennent en aide aux survivantes.

Le taux de grossesses chez les adolescentes au Honduras est extrêmement élevé et les violences faites aux femmes font des ravages. Une femme est assassinée toutes les 16 heures dans ce pays qui affiche les pires statistiques en la matière en Amérique centrale.

À Comayagua, Oxfam-Québec soutient le travail de Caritas Comayagua, une organisation qui intervient auprès des femmes survivantes de violences, des jeunes adolescentes enceintes, des femmes sans emploi et qui, faute de moyens financiers, n’ont pas accès à des services de protection ou de défense de leurs droits.

Des formations, des campagnes d’information et de sensibilisation leur sont offertes pour leur redonner les moyens de se développer de façon autonome, au niveau personnel, économique et social. Le projet offre également aux femmes un espace pour se retrouver et renforcer leur organisation collective en tant que citoyennes, pour peser dans l’application et la réalisation des politiques publiques qui les protègent.

« Aujourd’hui, je suis une femme accomplie » 

Delmis, bénéficiaire du projet

Delmis, bénéficiaire du projet, crédit : Delmer Membreno

Delmis est l’une des bénéficiaires du projet « Empoderamiento de mujeres y adolescentes embarazadas». Elle fait face à la violence de son père dès son plus jeune âge, et décide de quitter sa famille à 17 ans avec l’homme qui est maintenant le père de son jeune garçon. Enceinte à 20 ans, elle doit travailler le jour et étudier la nuit pour pouvoir terminer ses études secondaires, tout en s’occupant seule de son bébé, afin de subvenir à leurs besoins.

Grâce aux formations offertes par Caritas et Oxfam-Québec, Delmis a pu sortir de l’insécurité et regagner confiance en elle-même. Aujourd’hui, elle gère un petit commerce de jus de fruits qui lui permet de vivre correctement et de soutenir sa famille. Mais sa réussite n’est pas seulement économique.

« Je me sens différente, capable de réaliser des choses, je dépends de moi-même. Avec les formations, j’ai appris beaucoup de choses que j’ignorais totalement. Aujourd’hui, je suis une femme accomplie, autonome. J’ai mon propre commerce et je subviens moi-même à mes besoins.»

Delmis pousse aussi les autres femmes à dénoncer la violence dont elles sont victimes et à prendre le contrôle de leur vie.

« Il faut dire que ça suffit, ne pas laisser les conjoints nous maltraiter. Avoir son petit commerce, son indépendance, comme je l’ai fait et savoir qu’on peut s’en sortir et aller de l’avant. »

Ça bouge pour les femmes de Comayagua

D’après Amélie Boudot, conseillère technique en matière de justice entre les hommes et les femmes pour le programme de coopération volontaire d’Oxfam-Québec, les retombées du projet sont déjà très positives pour les bénéficiaires de Comayagua. Grâce aux formations proposées, six femmes ont dénoncé aux autorités locales les violences dont elles étaient les victimes et une autre bénéficiaire a demandé le divorce.

Dix microentreprises gérées par ces femmes sont en cours de création. Mais surtout, les bénéficiaires assistent et forment à leur tour les femmes et jeunes filles vivant dans un environnement où la violence est normalisée, se convertissant en agentes de changements : récemment, onze groupes d’« auto-assistance » ont été créés dans 10 communautés de Comayagua.