Camp de réfugiés en Jordanie. Photo : F. Muath/Oxfam

3 ans de crise en Syrie : une nouvelle étude réalisée par Oxfam souligne les incertitudes des réfugiés

2014-03-13

Plus de 65 % des réfugiés interrogés par Oxfam craignent de ne pas revoir la Syrie, malgré leur profond désir d’y retourner.

L’équipe d’Oxfam a enquêté auprès de 151 foyers de réfugiés, représentant un total de 1 015 personnes, dans trois régions de Jordanie. Alors qu’une écrasante majorité des réfugiés souhaitent retourner en Syrie, seulement un tiers des personnes interrogées se voient retourner chez elles. 78 % de ces réfugiés affirment néanmoins ne pas savoir quand elles pourront le faire.

Aujourd’hui, alors que le conflit entre dans sa quatrième année, Oxfam appelle la communauté internationale à mettre fin à cette crise sans plus attendre, afin que les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie puissent rentrer chez eux et commencer à reconstruire leur vie.

Les pays voisins de la Syrie ont fait preuve d’une incroyable générosité en continuant d’offrir un refuge sûr aux personnes fuyant le conflit. Mais maintenant que le nombre de réfugiés atteint les 2,5 millions, des tensions sur les services de base commencent à se faire sentir.

Pour Andy Baker, qui dirige la réponse d’Oxfam à la crise syrienne, « cette étude montre que l’espoir de nombreux réfugiés de retourner bientôt en Syrie se réduit comme peau de chagrin. Ils vivent dans l’incertitude, luttant chaque jour pour survivre, sans véritablement savoir ce que l’avenir leur réserve. Cela doit changer. Les Syriennes et Syriens méritent mieux. »

« La communauté internationale doit sans plus attendre redoubler d’efforts afin d’arrêter le bain de sang et de mettre fin à ce conflit dévastateur qui a détruit tant de vies. Il est temps que la prochaine phase des négociations de paix de Genève commence – et qu’il y ait des progrès réels et durables cette fois-ci ».

L’intervention humanitaire a nécessité des appels de fonds sans précédent. Les Nations unies ont lancé un appel d’un montant record de 6,5 milliards de dollars sous-estimant pourtant la réelle ampleur des besoins. Un total de 2,3 milliards de dollars de promesses de dons a été annoncé lors de la Conférence des donateurs au Koweït en janvier dernier, mais jusqu’à maintenant, seul 12 % (soit 768 millions de dollars) de ce montant a été effectivement versé depuis le lancement de l’appel des Nations unies en décembre.

Mais à moins que les pays donateurs ne trouvent l’argent tant nécessaire pour financer la réponse humanitaire, les Syriens, à la fois à l’intérieur de la Syrie et dans les pays voisins, vont manquer de nourriture, d’eau, d’abris, de soins médicaux et de l’éducation dont ils ont besoin.

« Des plans de relèvement sur le long terme doivent être élaborés car, même si le conflit s’arrêtait demain, les Syriennes et Syriens auront besoin d’aide pour de nombreuses années à venir », ajoute Andy Baker.

« Nous exhortons les pays donateurs à répondre généreusement aux appels de fonds des Nations unies afin de contribuer à assurer que la population syrienne –en Syrie et dans les pays voisins – reçoive l’assistance humanitaire dont elle a besoin ».

« En particulier, les pays limitrophes ont besoin d’un soutien conséquent. Les services de base, en Jordanie et au Liban par exemple, atteignent leurs limites, les établissements scolaires et de santé faisant face à une explosion de la demande. »

« Personne ne peut retourner dans notre village, c’est trop dangereux et les conditions de vie sont trop difficiles. Nous demandons aux personnes du monde entier de nous aider à rentrer dans notre pays », témoigne Abu Mustaffa, père de sept enfants, originaire de la région de Hamra en Syrie, qui vit aujourd’hui dans un campement dans la Vallée du Jourdain.

« En ce moment, je ne crois pas qu’il y aura la paix, je me sens désespéré. Nous espérons tous que les choses vont s’améliorer, mais rien ne se passe. Je veux retrouver une vie normale où tout va bien et où les gens ont arrêté de s’entretuer. »

« Nous espérons pouvoir rentrer afin que nos enfants puissent reprendre le chemin de l’école pour apprendre, cultiver leur terre et mener une vie mener une vie fructueuse et productive dans leur propre pays. » 

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