Enfants vivant dans le camp de réfugiés de Za'atari, en Jordanie. Photo: Nader Daoud/Oxfam

3 millions de réfugiés syriens : Oxfam appelle les gouvernements occidentaux à leur offrir refuge

2014-08-28

Face à l’augmentation du nombre de réfugiés, l’aide devient insuffisante et les pays voisins frôlent le point de non-retour.
Andy Baker, chef de la réponse d’Oxfam à la crise syrienne

Alors que le nombre de réfugiés syriens enregistrés par le HCR vient de dépasser les 3 millions, Oxfam appelle aujourd’hui les pays occidentaux et les autres pays riches à intensifier leurs efforts pour offrir une solution de réinstallation aux réfugiés syriens.

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Oxfam ajoute qu’une action urgente est nécessaire pour répondre à la crise régionale entrainée par l’augmentation croissante des déplacements, l’insuffisance de l’aide et la surcharge des infrastructures dans les pays voisins.

Environ 5 000 réfugiés ont été réinstallés dans des pays non limitrophes de la Syrie via les Nations unies, ce qui ne représente que 0,16% de la population réfugiée enregistrée. Dans le même temps, l’appel humanitaire des Nations unies pour la réponse aux réfugiés reste terriblement sous-financé, à hauteur de moitié seulement. Bien que les pays voisins comme la Jordanie, le Liban et la Turquie aient été très généreux en aidant les réfugiés, leur générosité a des limites et les communautés d’accueil, souvent pauvres elles aussi, supportent le poids de la crise syrienne. La communauté internationale doit assumer ses responsabilités en protégeant les réfugiés et aider les pays voisins afin qu’ils acceptent les personnes fuyant le conflit en Syrie.

Une aide insuffisante

Andy Baker, chef de la réponse d’Oxfam à la crise syrienne  a déclaré: « Face à l’augmentation du nombre de réfugiés, l’aide devient insuffisante et les pays voisins frôlent le point de non retour. Il est choquant de constater que plus de trois ans après le début de la crise syrienne, une crise qui ne montre aucun signe de ralentissement, les pays riches n’ont accueilli, dans le cadre de programmes des Nations unies de réinstallation, que 5 000 personnes sur 3 millions de réfugiés enregistrés. Ces personnes luttent pourtant au quotidien pour leur survie ».

« La communauté internationale doit renforcer son soutien et travailler avec l’ONU pour, en les relogeant, offrir rapidement une chance à quelques-unes des familles les plus vulnérables. Les réfugiés avec lesquels nous travaillons souhaitent désespérément retourner en Syrie pour reconstruire leur vie, mais tant qu’une solution politique à la crise semblera hors d’atteinte, cela restera impossible ».

Manque de fonds

Face à l’important manque de fonds, les organisations humanitaires ont déjà dû réduire leurs programmes et adapter leur aide, laissant certains réfugiés sans soutien. En Jordanie, Oxfam a dû suspendre les transferts d’argent qui aidaient 6 500 réfugiés logés dans des communautés d’accueil. En juin 2014, l’ONU a été contrainte de réduire l’objectif de financement pour les réfugiés, passant de 4,2 milliards de dollars à 3,74 milliards en raison du manque de fonds disponibles auprès des donateurs.

« Le fait que 3 millions de Syriens soient maintenant réfugiés n’est que la partie émergée de l’iceberg. En Syrie, ce sont 10,8 millions de personnes supplémentaires qui ont besoin d’aide et les attaques aveugles contre des civils font chaque semaine plus de morts, et poussent de plus en plus de familles à chercher refuge ailleurs. Les réfugiés voient leurs économies et leurs biens s’épuiser : les possibilités de travail dans les pays voisins sont très souvent limitées ou inexistantes, et beaucoup ne voient pas comment subvenir aux besoins de leurs familles. Sans soutien sur le long terme permettant l’amélioration de la réponse humanitaire et l’augmentation de la réinstallation des réfugiés les plus vulnérables, l’avenir est très sombre », ajoute Andy Baker.

Des ressources sous pression

En Jordanie, l’installation de milliers de réfugiés syriens dans une zone très pauvre en eau met une énorme pression sur les ressources disponibles. Les réfugiés avec lesquels Oxfam travaille dans le camp de Zaatari doivent se contenter d’un peu plus de 35 litres par personne et par jour pour boire et se laver, une situation particulièrement difficile comparée  aux 70 à 145 litres dont ils disposaient chez eux en Syrie.

Avec les températures estivales, les risques sanitaires représentent une grande menace ; Oxfam et d’autres organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de base, et travaillent à créer un réseau de canalisations d’eau qui fournira aux résidents du camp Zaatari une source d’eau plus durable.

Dernière mise à jour : 29 août 2014, 14:45 GMT