Enfants syriens participant à une activité de dessin dans la vallée de la Bekaa au Liban. Photo: Maya Hautefeuille/Oxfam

Échec sur « tous les fronts »

La réponse internationale à la crise en Syrie
2014-09-09

Dans un rapport publié aujourd’hui, Oxfam dénonce l’échec de la réponse internationale à la crise en Syrie sur tous les fronts : insuffisance de l’aide humanitaire, possibilités limitées de réinstallation des réfugiés dans d’autres pays et transferts d’armes aux parties en conflit.

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Oxfam appelle l’Organisation des Nations unies à imposer un embargo sur les armes à toutes les parties belligérantes et exhorte les gouvernements des pays riches à apporter une contribution équitable à l’aide humanitaire, par rapport à la taille de leur économie, et à offrir refuge à un plus grand nombre de Syriennes et Syriens qui fuient les violences.

IntituléUn accord plus équitable pour la population syrienne,ce rapport établit que les appels humanitaires, qui s’élèvent à un total de 7,7 milliards de dollars, ont mobilisé moins de la moitié des fonds nécessaires, alors que les livraisons d’armes continuent d’alimenter les violences et d’entraver les efforts de paix. Les pays riches accueillent un nombre dérisoire de Syriennes et Syriens qui ont fui le conflit et, pendant ce temps, les pays voisins peinent à prendre en charge plus de trois millions de réfugiés.

Nous devons saluer l’effort du gouvernement canadien dans le financement de la réponse à la crise syrienne. Selon le rapport, le Canada est une figure de proue des pays de l’OCDE atteignant 90 % de sa juste part dans le financement de la réponse à crise syrienne. Cependant, nous appelons le gouvernement canadien à faire de plus grands efforts pour accueillir les réfugiés syriens. Il y a plus de 3 000 000 de réfugiés syriens enregistrés par le UNHCR. Plus de 1,1 million d’entre eux sont au Liban, représentant 25% de la population de ce pays. Avec l’annonce de l’accueil de 200 réfugiés syriens pris en charge par l’État, le gouvernement canadien fait piètre figure et atteint un modeste 3 % de sa juste part pour le nombre de réfugiés acceptés. Le Canada peut en faire plus. Nous encourageons aussi le gouvernement à maintenir sa position sur l’interdiction des transferts d’armes aux partis impliqués dans le conflit armé en Syrie.

La Russie, grand exportateur d’armes vers la Syrie, n’a apporté que 1 % de sa juste part. La France et les États-Unis ont apporté 33 % et 60 % de leur part respective tout en continuant de fournir des armes, ce qui nuit aux efforts visant à mettre fin au conflit. Nombre des pays du Golfe donnent plus que leur part, mais doivent en faire davantage pour arrêter les transferts d’armes. D’autres donateurs généreux sont le Royaume-Uni et le Danemark, notamment.

« C’est la plus importante crise humanitaire au monde et, sur tous les fronts, la réponse de la communauté internationale est loin d’être à la hauteur, déplore Andy Baker, directeur de la réponse d’Oxfam à la crise syrienne. Kalachnikovs, bombes et missiles ne cessent d’affluer vers la Syrie et d’alimenter de terribles violations des droits humains, tandis que l’aide humanitaire arrive au compte-gouttes à celles et ceux qui en ont si cruellement besoin.

« Les pays voisins accueillent des millions de réfugiés, dont beaucoup ont besoin d’un abri, de soins de santé, de vivres et d’eau.

« Pourtant, il n’y a pas d’embargo sur les armes et les munitions, et seuls de rares pays se sont décidés à offrir leur protection à ne serait-ce qu’un petit nombre de réfugiés. La communauté internationale doit faire face à ses responsabilités envers les victimes de ce conflit. »

Oxfam appelle les pays riches à s’engager pour la réinstallation ou l’admission humanitaire de 5 % des réfugiés, quel que soit leur nombre à la fin 2015. Chaque pays riche doit contribuer équitablement à cet effort en fonction de la taille de son économie.

L’Allemagne, l’Australie et l’Austriche sont, jusqu’à présent, les seuls pays riches à avoir proposé la réinstallation à un nombre de réfugiés correspondant à leur contribution équitable à l’effort international. Pratiquement tous les autres manquent à leur devoir.

Après trois ans et demi, la générosité des pays voisins, tels que le Liban et la Jordanie, atteint son point de rupture, et les réfugiés comme les communautés pauvres qui les accueillent en paient le prix.

Pour Andy Baker, « la réponse inappropriée de la communauté internationale au conflit syrien porte atteinte aux millions de personnes qui ont fui la torture, les massacres et les explosions, ainsi qu’à celles et ceux qui se trouvent confrontés à un avenir terrifiant en Syrie. Toutes ces personnes sont abandonnées de la communauté internationale et vivent dans des conditions épouvantables, menant un combat de tous les jours pour survivre. »

Dans son rapport, Oxfam incite également les autorités de la région à veiller à ce que toute personne fuyant les violences puisse trouver un lieu sûr où se réfugier et, compte tenu du caractère durable de la crise, la possibilité de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille.

Découvrez notre rapport :

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