Himalaya : un bel exemple de partenariat après le séisme de 2010 en Haïti

2014-01-10

Tout perdre et repartir à zéro

Himalaya Produits Naturels est une association qui travaille pour la promotion et la valorisation des produits locaux. Son principal secteur d’activité est la transformation des produits agricoles, en particulier les fruits,  en produits alimentaires de consommation comme la confiture, la liqueur, le vin, le beurre d’arachide, etc.

Si Himalaya existe depuis 2003, elle est devenue partenaire d’Oxfam-Québec après le séisme de 2010.
L’organisation qui avait acquis une solide expérience de transformation alimentaire a perdu le 12 janvier 2010 ses locaux, ses équipements et la matière première entreposée.

La première collaboration d’Oxfam-Québec a permis l’obtention d’un nouveau local, l’achat de nouveau matériel, le rachat de fruits et de noix à transformer et la formation du personnel à de nouvelles techniques de transformation. L’atelier s’est alors remis en marche de façon très efficace.

« En Haïti, ce n’est pas toujours la production agricole qui fait défaut. Les récoltes sont souvent abondantes… mais il y a un manque au niveau du conditionnement et de la transformation. Les fruits et légumes arrivent en abondance sur les marchés pendant une courte période. Ils doivent être rapidement consommés et leur valeur baisse à cause de la concurrence.  C’est pourquoi le travail d’associations comme Himalaya est nécessaire : il permet d’apporter une valeur ajoutée à la production et d’assurer sa disponibilité à plus long terme, » raconte Jean Rony Mahotiere, alors coordonnateur du programme de coopération volontaire d’Oxfam-Québec en Haïti.

Conquérir les marchés

Désirant aller plus loin dans la collaboration, Himalaya et Oxfam-Québec s’attaque ensuite à la mise en marché de la production.

Des nouvelles formations sont alors données à l’équipe pour pouvoir faire face aux différentes contraintes de la filière. Une étude de marché a été réalisées non seulement pour mieux fixer les prix, mais aussi pour développer un plan d’affaire solide pour la mise en place de nouvelles stratégies de commercialisation et de financement.

« Himalaya a renforcé sa crédibilité qui permet désormais à l’association de trouver de nouvelles sources de financement. Leurs dossiers sont solides quand elles se présentent aux institutions financières! » ajoute Jean Rony.

La dernière étape de la collaboration est la mise en place d’une nouvelle stratégie de marketing. Himalaya sensibilise désormais les consommatrices et les consommateurs à l’importance de la consommation des produits locaux. Les produits agricoles haïtiens souffrent en effet de la concurrence des produits importés.

Des bienfaits collatéraux

Pour Himalaya, la production a redémarré, de façon plus efficace, avec une plus grande rentabilité. L’association s’est distinguée au sein du réseau ANATRAF (Association nationale des transformateurs de fruits) par la qualité et la quantité de produits transformés et mis en vente sur le marché. Elle dispose d’un atelier de transformation avec 21 employés dont 18 femmes. En amont, des dizaines de personnes, particulièrement des femmes rurales travaillent à l’approvisionnement d’Himalaya en matière première agricole. Toutes ces personnes ont donc atteint une stabilité économique relative permettant d’améliorer leur qualité de vie et celle de leurs proches.

« Le projet, en renforçant la capacité de production d’Himalaya, a consolidé les liens avec les productrices et producteurs agricoles. En ayant une meilleure garantie de vendre leurs produits, les productrices et producteurs peuvent mieux planifier leurs récoltes et ont moins de perte. Évidemment, le risque environnemental sera toujours présent, mais les autres aspects de la production sont mieux contrôlés » raconte Jean Rony.

« Et enfin, il faut aussi souligner un autre effet du travail des dernières années. Avec les formations, les ateliers et le développement du réseautage, on a vu un réel impact sur la confiance des femmes qui forment l’association. Elles s’affirment, n’hésitent plus à s’adresser aux décideurs, à leurs représentants politiques. Paulna Pierre Étienne, la directrice d’Himalaya, est très en demande pour partager son savoir et son expertise. Elle a même été invitée par des associations, aux États-Unis, pour témoigner de l’expérience de développement de son association. »