January 2012
Les visages de la reconstruction
Submitted by Justine Lesage on 11 January 2012 - 14:45Haïti, je me souviens...
Il y deux ans aujourd'hui, la terre tremblait en Haïti. Ce jour là, j'étais dans le train, sur le chemin du retour vers la maison. Des messages confus sur Twitter, une rumeur. Rapidement, au travers de la confusion, une chose était claire: il se passait quelque chose de vraiment important et grave. Les jours qui ont suivi ont été remplis d'émotions fortes et de travail acharné dans un tourbillon médiatique.
J'ai mis les pieds en Haïti pour la première fois 3 semaines après le séisme. Surprise par la destruction, malgré tout ce que j'avais pu voir à travers l'écran de la télévision.
J'y suis retournée en décembre dernier et j'ai vu du changement, la vie reprend son cours, lentement mais sûrement. J'ai rencontré beaucoup de gens qui m'ont parlé d'espoir et de rêves, j'ai vu un peuple en mouvement. Il est faux de dire que rien à changé. Beaucoup reste à faire, mais la moitié des 10 millions de mètres cubes de débris ont été ramassés, les enfants sont à l'école, les camps se vident peu à peu même si il reste encore 520 000 personnes sous les tentes. Ce n'est pas le moment de lâcher, les Haïtiennes et Haïtiens ont commencé à rebâtir leurs vies.
Je partage avec vous quelques photos qui illustrent les histoires des personnes rencontrées et l'avancement des projets de reconstruction. Pour celles et ceux qui ont envie de creuser davantage le sujet, je vous invite à consulter le plus récent rapport d'Oxfam «Haïti : une reconstruction au ralenti».
À Gressier, nous construisons des abris permanents.
500 jeunes ont reçu des poules pour démarrer un petit élevage
Andréciane Dorce, 60 ans. « J'ai récupéré des matériaux de mon ancienne maison. Avec des amis, on a tout emporté sur place, tout trainé dans la montagne, sauf le ciment ! »
À Léogâne, nous consultons les communautés qui ont reçu des services d'eau et d'assainissement afin de recueillir leurs commentaires et suggestions.
Des moustiquaires traités ont été distribués dans toute la localité de Léogâne afin de prévenir les maladies véhiculées par les moustiques (malaria, filariose, etc.)
Des latrines familiales ont été installées par Oxfam-Québec. Elles sont ensuite entretenues par les communautés elles-mêmes.
Les matériaux pour construire les latrines sont entreposés près de notre bureau de Léogâne.
Dans la région de Léogâne, nous avons reconstruit 161 puits.
Nous travaillons auprès des agriculteurs de la région de Léogâne. Ici, nous distribuons des semences pour la récolte d'hiver.
Nous avons reconstruit 1 500 mètres de canaux d'irrigation desservant des agriculteurs.
Josaphat Vilna est un ingénieur agronome. Il est conseiller en agriculture et en environnement auprès de nos organisations partenaires.
Ingrid Henrys, coopérante, travaille au renforcement des capacités de nos partenaires dans la région des Palmes.
À Port-au-Prince, des panneaux indiquant les noms de rue ont commencé à apparaître.
Depuis un mois, des lampadaires alimentés par panneaux solaires éclairent les rues de Port-au-Prince.
Josèphe Rosena, 42 ans, vend des produits alimentaires au marché.
Précieuse Roger, 55 ans, vend des sous-vêtements et des sandales dans la rue près de chez elle. « Beaucoup d'entre nous ne savaient pas lire ou écrire. Avec la formation que j'ai reçue, maintenant, je sais. » - Précieuse Roger
Bénicia Cili, 54 ans, vend du charbon qu'elle achète à l'extérieur de Port-au-Prince. « Ma maison a été abîmée mais pas complètement détruite. Pour l'instant, avec l'argent que je gagne, je paye l'école pour mon petit-fils. »
Masilia Joseph vend des sous-vêtements et des souliers. «Depuis que j'ai recommencé à travailler, je peux aider mon fils. Ma maison a été abîmée par le séisme, mais j'ai commencé les réparations ! »
Marie-Thérèse Espera, 52 ans, vend des souliers et de la "friture" dans la rue. « La formation que j'ai reçue m'a beaucoup aidé à comprendre le commerce. »
Anne-Gismène Laventure, 50 ans,vend des boissons gazeuses et de l'alcool dans la rue. « Mon mari ne travaille pas. C'est mon commerce qui comble les besoins de la famille. Je paye pour l'école de mes petits-enfants. »
Silmène St-Hilaire Elmidore, 45 ans, vend des produits alimentaires dans la rue. «J'ai trois petits-enfants et mes enfants n'ont pas de travail. Je veux leur acheter une voiture pour qu'il s'en serve comme activité économique. »
Annacilia a relancer son commerce de vente et location de robes de mariées. Avec les profits de son travail, elle envoie déjà quatre de ses enfants à l’université.
Le local d'Annacilia tient dans une seule pièce ! Son local de quelques mètres carrés est utilisé à pleine capacité.
Annacilia devant sa maison-commerce
Marc Dalene, coopérant, travaille à la mise en place d'outils pour évaluer l'impact réel des projets et la gestion des données.
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