Novembre 2009
Le retour au bercail
Lorsque mon avion s’est posé sur le sol lundi soir, j’étais convaincue que je prendrais quelques minutes pour écrire un dernier billet avant de recommencer à travailler.
Finalement, après plus d’une semaine d’absence, mes petits moments de répits ont été consacrés aux travaux scolaires, au ménage, au lavage et, depuis hier, aux urgences du boulot.
Pourtant, chaque jour depuis mon retour, je pense au Bénin. Dès mon réveil, je laisse mes souvenirs m’envahir. Je revois le regard des enfants d’Assovie et je partage la passion des femmes qui y travaillent. Je rêve d’une gorgée de jus d’ananas frais et j’entends les chants des musiciens de la Commune de So-Âva. En lisant les journaux, je laisse mes pensées errer vers le passé de Ouida et je lance un soupir empathique aux femmes et aux hommes qui ont dû traverser les portes du non-retour…
La vie est une aventure pendant laquelle nous sommes confrontés à des milliers d’images, d’idées et de croyances. Certaines sont confrontantes, d’autres réconfortantes. Je suis convaincue que peu importe l’émotion qu’elles suscitent, si nous avons le courage et l’humilité d’être à l’écoute, nous en sortirons grandit.
Du haut de mes 5’4”, je suis encore toute petite et ça prendra plus que des talons hauts de 4 pouces pour me permettre de m’élever au-dessus de la mêlée… Pourtant, j’ai vraiment l’impression que les moments passés au Bénin m’ont permis de mieux saisir l’impact de mon travail avec Oxfam-Québec tout en m’amenant à comprendre à quel point la vie, c’est en la partageant généreusement qu’elle devient plus riche.
Le passé hanté
À noter : Accès Internet non disponible le 22 novembre. Le billet a toutefois été rédigé à cette date.
Aujourd’hui, nous avons visité la ville de Ouida. Située à moins d’une heure de Cotonou, elle est considérée comme étant l’une des plus propres du Bénin. Le projet de Gestion des Déchets Solides et Ménagers (PGDSM) d’Oxfam-Québec y est actif depuis quelques années, et les résultats sont excellents.
Encore une fois, les dames récupératrices nous ont ouvert les bras en chant et en danse. Nous avons eu le privilège de danser avec elle et d’avoir un entretien avec le maire de la municipalité pour discuter des suites du PGDSM.
Encore une fois, les sourires étaient partout. Nous avons terminé notre avant-midi en visitant la forêt sacré et le temple des pythons. Moi, qui adore les serpents, j’ai pu m’amuser dans cet endroit imprégné de croyances et de spiritualité. Le Voodoo étant très présent au Bénin.

Par la suite, j’ai vécu le moment le plus difficile de mon voyage. En après-midi, avec un guide, nous nous sommes rendus au musée du Fort portugais. Cet endroit raconte l’époque de la vente des esclaves à différents pays d’Europe. Cette partie tragique de l’histoire du Bénin est importante et mérite d’être à racontée. Souvent.
Si vous saviez combien j’ai eu mal lorsque j’ai vu les chaînes et les
« menottes » de métal qui étaient accrochées aux mains, aux pieds et aussi au cou des esclaves… Je ne fais pas partie des gens qui pleurent facilement. Oh, il n’y a rien de mal à pleurer, mais ça ne fait pas partie de moi, tout simplement.
Pourtant, en voyant la façon dont les esclaves étaient entassés dans les bateaux, recoquillés, démunis et étourdis, j’ai pleuré. J’ai quitté la salle pour retrouver le soleil et j’ai pleuré encore.
Pendant que j’écris ces lignes, il y a un petit espace dans mon ventre qui se tord. Je sais que je ne peux en rien changer le passé. Je sais aussi que je n’ai rien à voir avec ça, mais je suis un être humain ! Et, en ce moment même sur la planète, il y a des gens qui vivent encore des violences importantes. Pourtant, nous les oublions.
Nous faisons comme si ça ne nous regardait pas. Même lorsque nous regardons les informations, souvent, nous fermons les yeux pour éviter d’être trop aveuglé.
Je ne veux pas faire partie des gens qui disent que la vie est injuste, mais qui ne font rien pour combler ses injustices. Mes yeux sont grands ouverts et même si les larmes me les brûlent, je ne les fermerai pas.
Une journée émouvante
À noter : Accès Internet non disponible le 21 novembre. Le billet a toutefois été rédigé le lendemain matin.
Hier soir à mon retour, j’étais incapable de rédiger mon billet. Dans ma tête, trop d’émotions pour arriver à bien les exposer sur l’écran. J’ai donc choisi de me reposer avant d’écrire.
Me voici donc énergisée, confortablement installée dans l’espace bureau de ma chambre. Le soleil est déjà là et une petite brise fait danser les palmiers. Comme chaque jour, l’air africain est chaude, mais contrairement à ce que j’imaginais, cette chaleur me réconfortante plus qu’elle me pèse.
Hier, nous avons eu l’immense privilège de rencontrer les femmes récupératrices de Gohotos et les femmes en charge de la récupération des déchets solides ménagers. Elles nous attendaient au Marché de Danktopa. C’est à cet endroit qu’elles entreposent le fruit de la collecte quotidienne qu’elles font dans les rues et dans les ménages de Cotonou.
Ces femmes sont des forces de la nature ! Leur vie est une constante quête et même si leurs conditions se sont énormément améliorées depuis la mise en place du projet PGDSM (Projet de la Gestion des Déchets Solides et Ménagers), chaque jour est un défi.
Pourtant… Elles sont si vivantes ! Nous sommes arrivés sous un concert de chant typique. Par la suite, ces femmes ont dansé pour nous. Elles nous ont aussi ouvert leurs bras, nous invitant ainsi à les suivre dans cette danse de joie en l’honneur d’Oxfam-Québec. J’étais émue et admirative devant ce courage sans cesse renouvelé.
Nous avons ensuite profité de notre passage pour visiter les espaces d’entreposage et l’endroit qui accueillera bientôt un toit pour les femmes qui œuvrent dans le volet assainissement.
Ces femmes qui sont pour la plupart le pilier familial doivent actuellement se reposer sur le sable près des déchets qu’elles ramassent. Une chance qu’Oxfam-Québec a prévu de mettre fin à cette réalité !
Encore une fois, les réalités de ce pays sont quelquefois difficiles à absorber, mais, il y a tant d’espoir… En visitant nos projets, je me rends compte de l’immensité du travail qui a été fait. Je constate aussi qu’il reste beaucoup à faire et je suis heureuse de pouvoir y participer.
Au pays des Incas pour une sixième fois...
Je ne vous l’ai pas encore raconté, mais c’est la sixième fois que j’ai la chance de mettre les pieds aux pays des Incas. Quand je viens au Pérou, je me sens presque comme chez moi, c’est ma deuxième maison !
Mon histoire avec ce fabuleux pays d’Amérique du Sud remonte à quelques années. J’ai vécu ma première expérience d’initiation à la coopération internationale à l’âge de 16 ans. Avec mon école secondaire, nous avions amassé des fonds afin de réaliser un stage au Pérou. Je me souviens encore, c’était la première fois que je prenais l’avion et que je voyageais dans un pays en voie de développement. J’étais tellement excitée de pouvoir enfin réaliser mon rêve ! Oui, je rêvais de faire de la coopération internationale, d’échanger avec des gens d’une autre culture, de mieux comprendre certains enjeux internationaux. Bref, ce petit stage de deux semaines qui fut réalisé avec l’appui du CLUB 2/3, la division jeunesse d’Oxfam-Québec, m’a donné la piqûre et a influencé mes choix d’études et de carrière.
Ça fait déjà quelques semaines que je suis arrivée au Pérou et je suis très heureuse de retrouver tous mes amis et ma famille péruvienne. En 2006, j’ai fait un stage Action Jeunesse de six mois à Comas, un district marginalisé situé en banlieue de Lima, dans le cône Nord. J’ai eu la chance de vivre dans une famille péruvienne avec qui je garde un contact très précieux. En fait, je vais partager une fois de plus mon quotidien avec eux jusqu’au mois de janvier.
Bon… j’ai essayé de prendre des photos du quartier, mais ce ne fut pas un succès ! Ici, c’est un peu dangeureux de se promener avec une caméra à la main dans les rues, surtout lorsque nous sommes étrangère, on attire plus l’attention. Je vous promets que je vais vous montrer de plus belles photos dans les prochaines semaines. Je me mets au défi !
Vous pouvez quand même observer les maisons qui sont construites à flan de montagne, directement sur la terre. Lorsque les gens sont arrivés à Comas dans les années 1970, il n’y avait rien, ni eau, ni électricité, seulement des montagnes de sable. Les habitants ont dû tout construire par eux-mêmes, dans l’espoir d’avoir une meilleure vie à la ville. Chaque district et quartier populaire de Lima a sa propre histoire. Je vous donnerai plus d’explications à ce sujet au courant de la semaine.
Ça fait déjà quelques semaines que je suis à Lima et j’ai réalisé plusieurs ateliers avec différents groupes de jeunes et dans différents quartiers de la ville. Cette semaine, je vous parlerai des différents projets que j’ai visités.
À vous de suivre…
¡Hasta pronto !
Jour de brousse, jour de frousse
Mille et une images se superposent devant mes yeux quand je repense à la journée que je viens de vivre. Ma quatrième en sol africain et ma première dans la brousse.
Pour commencer, il y a toutes ces images bouleversantes qui me reviennent : le paysage somptueux de Songhaï, un partenaire d’Oxfam-Québec, les vagues de sable qui embrouillaient la route sur notre passage, la fumée bleue sortant des tuyaux d’échappement des motocyclettes, et les somptueuses villas construites entre deux cabanes en tôle.
Contrastes, beauté et sourires. C’est avec ces trois mots que je résumerais ma journée.
Contrastes
Aujourd’hui, nous avons quitté Cotonou pour nous rendre à Porto-Novo, la capitale politique du pays. Dans un premier temps, nous avons rapidement traversé la ville pour nous rendre sur le site de Songhaï.
Cette organisation exceptionnelle s’est donnée comme mission de permettre aux populations africaines de se prendre en charge par l’entreprenariat agricole. Plus qu’une organisation cultivatrice, Songhaï, est un exemple de réussite. L’organisation cultive fruits et légumes, construits de l’équipement agricole, développe des techniques de recyclage des déchets de la production, et j’en passe…
Quelques secondes après avoir quitté le calme et la plénitude d’un environnement au cœur de la nature, nous sommes replongés dans l’univers bruyant de Porto-Novo.
Comme à Cotonou, les motos taxis nous coupent la route, le résonnement des klaxons fuse de toutes parts et une panoplie de marchands s’entassent sur le bord des routes, dans des kiosques rafistolés, pour vendre leurs marchandises et ainsi obtenir un minimum de revenus.
Il y aussi les vendeurs ambulants qui zigzaguent entre les voitures pour vendre de tout et de rien aux passagers occupés à jouer du klaxon…
Beauté
Après cette visite, nous avons quitté la ville pour nous rendre à Ouédo, en brousse. Quelle aventure ! Après le trafic, c’est la territe, sable dense orangé, qui a rendu notre escapade dangereuse. Inouïe ! Après quelques kilomètres aussi cahotants que poussiéreux, nous avons découvert la brousse. Magnifique aire sauvage, remplit de sons, d’odeurs et de lézards. Moi qui les adore !
Nous y avons visité Félix, un agriculteur ayant bénéficié du soutien de Songhaï pour débuter son entreprise agricole. Il exploite maintenant huit hectares de papayes rouges et élève 10 000 poules. Comme quoi, le soutien aux micro-entreprises ça fonctionne !
Sourires
Depuis mon arrivée ici, je constate différentes choses, mais deux me plaisent énormément.
La première : les femmes, qu’elles soient directrice d’une organisation ou commerçante itinérante, sont toujours magnifiques ! Habillées avec coquetterie et coiffées avec soin.
La seconde : les sourires sont partout au Bénin. Dans la rue, les enfants qui nous regardent passer nous saluent de la main en souriant, les gens que nous observons à leur insu, se sourient mutuellement et toutes les personnes que nous rencontrons, nous accueillent avec un plaisir contagieux.
Le Bénin est un pays en développement qui a encore besoin de notre soutien pour continuer de s’épanouir et, de mon côté, j’ai besoin des Béninoises et des Béninois qui, inconsciemment, me rappellent à quel point, la vie mérite qu’on lui sourit.
Eau : majestueuse source de vie
Quelle journée fabuleuse…
Aujourd’hui, nous avons eu l’immense privilège de visiter la communauté de Sô-Ava. À moins d’une heure de Cotonou, des femmes, des hommes et des enfants vivent en zone lacustre. Toutes les installations, des maisons aux écoles en passant par l’hôtel et le centre médical, sont construites sur pilotis.
L’accueil que nous a réservé le maire, le roi et toute la population du village restera à jamais gravé dans ma vie comme étant un des moments les plus marquants. Comment vous raconter en conservant l’essence de la journée ? Presque inutile, je me contenterai donc de quelques mots. Je vous laisse ensuite le plaisir de regarder les images.
Pour commencer, quelques secondes après que nous nous soyons assis dans la pirogue qui allait nous transporter au cœur de la commune, une autre embarcation s’est dirigée sur nous. À l’intérieur, des chanteurs pagayeurs. En plus de manier le pagaie pour diriger le bateau, il l’utilisait pour faire danser l’eau au rythme de leur chant. Il soulignait ainsi notre venue dans leur village. Moment magique…
Au village, une cérémonie aussi colorée que majestueuse nous a permis de découvrir l’attachement de cette communauté pour Oxfam-Québec. Par la suite, nous avons reçu un costume traditionnel. Les sourires des habitants étaient déjà un cadeau en soi.
Nous avons aussi profité de notre passage pour visiter les femmes potières, déguster le poisson du jour et voir l’évolution de la radio communautaire mise en place par la Boussole de la cité, un de nos partenaires, avec le soutien financier d’Oxfam-Québec.
À la fin de la journée, j’ai eu l’opportunité de prendre le contrôle du pagaie et c’est, sans aucun talent, mais avec un bonheur immense, que j’ai tournoyé dans les eaux du lac Nokoué.
Moments magiques
C’est ma troisième journée en Afrique et je viens de passer une journée exaltante ! Je vais tenter de trouver les mots pour décrire les émotions que j’ai vécues tout au long de cette journée magique.
Hier soir, j’ai essayé de rédiger mon blogue, mais les défis de la connexion Internet de Cotonou m’ont empêché de mettre en ligne le récit de ma journée. Comme je ne suis pas du genre à retourner en arrière, ce soir, je vous parlerai d’aujourd’hui. Par ailleurs, avant la fin de mon séjour, je vous promets que je mettrai en mots, les premières impressions de mon arrivée en sol africain.
Mais aujourd’hui… Comment résumer en mots et en images, toutes les beautés que j’ai vues ici. Comment résumer en mots et en images, les paradoxes qui rendent le travail d’Oxfam-Québec si important… J’ignore comment, mais je vais quand même essayer.
Ce matin, ASSOVIE, (Association Vinavo et Environnement), un partenaire d’Oxfam-Québec nous a ouvert ses portes. Vinavo signifie : l’épanouissement des enfants. J’y ai découvert des femmes pour qui l’épanouissement des enfants est une inspiration quotidienne. Elles travaillent à différents niveaux pour assurer aux enfants - des filles principalement - une éducation de base qui leur permettra de sortir du cercle de la pauvreté. ASSOVIE a choisi d’intervenir directement dans les marchés - nombreux à Cotonou - où les enfants sont souvent obligés de travailler au lieu d’aller à l’école. Les femmes qui travaillent à l’association sensibilisent les parents à l’importance de l’éducation et offrent des cours gratuitement. Dire à quel point ce rôle est crucial est impossible, mais il est aussi essentiel.
Les photos (voir plus bas) vous montrent les regards radieux de jeunes qui ont la possibilité de découvrir le pouvoir de l’éducation. Car il s’agit bel et bien d’un pouvoir. Dans une société où la pauvreté est si criante, savoir se défendre avec des mots et des connaissances, est une force qui peut déplacer des montagnes. Vraiment.
Cet après-midi, nous nous sommes dirigés vers une école qui pourrait bientôt accueillir les enfants d’un autre marché. Les élèves qui étudient déjà à cette école étaient souriants et chaleureux. Heureux de nous voir, heureux aussi de se faire photographier et d’apercevoir ensuite - sur le petit écran de mon appareil - leurs magnifiques images.
J’ai écouté leurs chants, je me suis émerveillée devant leur sourire et j’étais heureuse ! Toutefois, toutes ces minutes passées en leur compagnie m’ont rappelé à quel point il est crucial de poursuivre nos interventions ici. La foi déplace les montagnes, je le savais déjà, mais aujourd’hui ces enfants m’ont confirmé que la volonté lorsqu’elle est stimulée, peut accomplir encore plus.
Il est tard au Bénin, mais le sommeil ne s’est pas encore frayé un chemin jusqu’à mes yeux car ils sont encore pleins des images magnifiques d’aujourd’hui.
Les premiers pas
Après plus de 12 heures de vol et 20 heures de voyagement, nous sommes enfin arrivés à Cotonou.
Lorsque l’avion s’est posé sur le sol africain, il faisait déjà nuit. Impossible de distinguer le paysage. Quelques points lumineux seulement. Les phares des voitures et des motocyclettes… Quelques lampadaires…
Dans l’aéroport, minuscule comparé à ceux des villes comme Londres ou Barcelone, une effervescence palpable m’a immédiatement accueillie. À la queue leu leu, nous avons présenté les preuves de notre vaccin contre la fièvre jaune avant de pouvoir accéder à nos bagages.
La chaleur au lieu d’être étouffante m’a permis de me détendre. Pendant que la foule impatiente se ruait vers le tourniquet des valises, je prenais le temps de savourer ce premier moment ici, au Bénin.
En ce moment, il est déjà presque 1 h du matin. J’ai du sommeil plein les yeux, mais je suis surtout remplit de l’odeur humide de la plage sur laquelle nous avons pris le temps de marcher. Nous n’avons presque rien vu, mais l’endroit est habité par mille et un êtres vivants. Insectes, batraciens, reptiles. Tous chantaient sans se soucier de notre présence envahissante.
Demain, je verrai Cotonou au naturel, sans le fard des étoiles et le masque d’un éclairage feutré. J’ai bien hâte de vous raconter. De vous montrer d’autres photos aussi.
Bonne nuit
L'excitation
Il est presque 22 h. Je suis à la maison. Mes valises sont prêtes et j’ai la tête pleine d’appréhensions… L’Afrique ne m’attend pas, mais c’est tout comme.
Dans moins de 24 h je serai dans l’avion qui m’amènera vers le Bénin. C’est mon premier voyage en Afrique. Moi qui y rêve depuis si longtemps. Je travaille chez Oxfam-Québec depuis cinq ans et je crois fermement que les actions et les projets que nous avons dans les pays en développement font une différence dans la vie des gens. Je le sais, je le sens et j’y crois. Toutefois cela n’a rien à voir avec le fait de se rendre sur place et de rencontrer ces gens avec qui et pour qui nous travaillons.
Je suis certaine que ce voyage m’apportera énormément et modifiera aussi ma façon de travailler. J’ai toujours mis mon coeur dans mon boulot, mais de vraiment constater les impacts de ce travail… Wow ! Quelle belle aventure.
Je ne peux rien vous promettre de mon périple, mais une chose est sûre, je vais essayer, jour après jour, de vous partager mes émotions pour ce coin de la planète. Je ferai de mon mieux pour relater mes émotions et vous en mettre plein la vue. Une caméra et un appareil photo m’accompagneront. Je ne suis ni une cinéaste, ni une photographe, mais je suis une femme engagée et j’espère que devant mon enthousiaste, les Béninoises et les Béninois m’ouvriront les portes de leur quotidien.
D’ici là, je vous souhaite un superbe week-end et je vous écris bientôt. Peut-être de Paris lors de mon arrêt obligé, sinon directement de Cotonou. Peu importe le décalage horaire et le sommeil dans les yeux, cette aventure, je veux la partager !
Riberalta: le rôle des jeunes dans un système d'intercommunication en santé
Ouf ! J’ai tellement eu chaud à Riberalta. Malgré le haut taux d’humidité (c’est-à-dire marcher un coin de rue et avoir envie de sauter dans une piscine !) et la chaleur étouffante, ce petit coin de tranquilité a su me charmer. Là-bas, tout le monde se déplace avec une moto. Parfois, une famille entière peut voyager sur une seule moto et sans casque de protection. Je dois avouer que j’étais un peu craintive au début, mais je me suis fermée les yeux, j’ai embarquée sur la moto et comme je suis arrivée à destination en un seul morceau, j’ai arrêté d’avoir peur. En fait, je dois avouer que j’ai bien aimé faire de la moto, c’était rigolo !
À Riberalta, c’est Chantal de Carufel, conseillère en gestion de l’information pour le Système d’Intercommunication de Riberalta (SIR) qui m’a accueillie. Elle est coopérante pour Oxfam-Québec.
Le SIR fut créé dans le but de régler les problèmes de communication et d’échange d’information qui existaient entre les différents centres de santé de la municipalité de Riberalta. Il y a environ deux ans, un coopérant volontaire d’Oxfam-Québec, Damien Schneider, a entamé le travail technique et opérationnel du projet. Maintenant, les employés des centres de santé, par exemple les administrateurs et les responsables des statistiques, peuvent communiquer entre eux et s’échanger de l’information via le PSI qui comprend un intranet et un chat. De plus, les centres de santé ont maintenant un système de téléphonie IP.
Chantal m’a expliqué que le PSI permet à la secrétaire de la Gerencia de Salud (le centre de gestion de la santé) d’éviter de se déplacer tout le temps. Elle a développé sa propre méthode de travail et peut maintenant envoyer des lettres en version électronique via le chat.
Et les jeunes, que viennent-ils faire dans tout ça ?
Sur la photo ci-dessus, nous retrouvons des jeunes étudiants de l’Institut technologique Supérieur de l’Amazonie (ITSA). À partir du mois de mars 2009, ces jeunes apprentis informaticiens ont eu l’opportunité de réaliser un stage professionnel dans un centre de santé. En quoi consistait leur mandat ? Créer une page Web pour chaque centre de santé.
Cette expérience fut très enrichissante pour les jeunes, mais aussi pour les employés des centres de santé. Sur la photo plus bas, nous observons Mónica Oyola Rodríguez, responsable des statistiques pour le Centre de Santé San Andrés. Elle m’a confié qu’elle avait beaucoup appris des jeunes stagiaires. Les connaissances de Mónica en informatique sont restreintes et les jeunes lui ont enseigné plusieurs choses qui lui servent maintenant dans son travail au quotidien. "Cette fois-ci, ce sont les jeunes qui ont enseigné aux adultes", dit-elle.
Dans le cadre de ma recherche, j’ai réalisé un atelier de réflexion sur l’usage et l’appropriation de l’Internet avec une douzaine de jeunes de l’ITSA. Actuellement, six d’entre eux font maintenant partie d’un Club informatique qui vient en appui au SIR.
Ce processus de réflexion participatif avec les jeunes de l’ITSA fut très intéressant. Ces jeunes sont très allumés et ouvert sur le monde. Par contre, même s’ils étudient l’informatique, leur accès à Internet est limité. Ce n’est pas comme ici au Québec où nous avons accès à Internet à la maison. À Riberalta, la situation est beaucoup plus complexe. Premièrement, l’Internet est très lent. Deuxièmement, le prix pour aller dans un café Internet est plus élevé que dans les autres régions de la Bolivie, on parle de 6 à 7 bolivianos pour une heure d’Internet. Alors qu’à Santa Cruz, La Paz et Sucre, on peut parler de 2 à 3 bolivianos.
L’enthousiasme que ces jeunes ont démontré face à leur implication dans le SIR était très touchant. Ils ont un rôle de leaders important à jouer dans la durabilité du projet et ils prennent leur mandat très au sérieux. J’ai hâte de voir comment évoluera ce projet dans les prochaines années.
Mon séjour en Bolivie est maintenant terminé. Je suis au Pérou depuis déjà presque deux semaines, ma deuxième terre natale ! ! ! Je vous donne d’autres nouvelles très bientôt.

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