Juin 2010

Poser des questions pour en savoir plus !

Chaque semaine, je reçois un rapport des actions d’Oxfam-Québec en Haïti. Le dernier que j’ai lu est daté du 25 juin. J’y ai appris que certains des sinistrés installés sur des sites où Oxfam-Québec intervient sont présentement confrontés à un problème de délogement car les propriétaires des terrains où sont ces camps veulent les récupérer. Nos équipes épaulent les sinistrés touchés par cette situation afin d’obtenir un délai d’expulsion et trouver des solutions alternatives de relocalisation.

J’y ai aussi lu que nos activités en approvisionnement en eau potable se poursuivent tout comme celles en assainissement et en santé publique. Tout est là, nombres, lieux, détails. Malgré tout, il me manquait quelque chose afin de satisfaire mon besoin de savoir si oui ou non nos actions en Haïti faisaient vraiment une différence. J’ai donc profité d’une rencontre avec Jean-Pierre Chicoine, coordonnateur du programme humanitaire en Haïti – il m’aide à évaluer la possibilité d’organiser une mission là-bas en septembre prochain – pour qu’il me donne des exemples concrets d’histoires positives.

Toujours avec sa verve habituelle, Jean-Pierre m’a expliqué que le travail accompli par Oxfam-Québec depuis deux ou trois ans en sécurité alimentaire à Jacmel, Léogâne, Mirebalais et Miragouane a concrètement contribué à soutenir la population touchée par le séisme. « Pendant l’urgence, nos équipes en place ont misé sur des liens entre les agriculteurs de ces villes et la population dévastée. Au lieu d’exporter des produits d’ailleurs pour nourrir la population, Oxfam-Québec a acheté les produits locaux pour les redistribuer. Cette façon de faire a eu deux impacts positifs : le premier sur la population qui recevait la nourriture (bananes, haricots, pois de terre, beurre d’arachide, cassaves (galettes de manioc), igname, etc.) et la seconde, sur les agriculteurs capables de vendre leurs récoltes et de recapitaliser rapidement leurs avoirs.

De plus, puisque nous sommes actifs dans la région de Léogâne et de Jacmel, nous avons aussi fourni aux « familles d’accueil » (suite au tremblement de terre, beaucoup de personnes ont quitté Port-au-Prince afin de rejoindre famille et amis vivant en périphérie) de la nourriture locale afin qu’elles puissent soutenir leurs proches. En Haïti, avoir 10 nouvelles bouches à nourrir, c’est un défi énorme !

Et ça ne s’arrête pas là, le projet de relance alimentaire de Parpanassa a permis l’achat de 600 000 $ US de denrées alimentaires locales qui ont ensuite été distribuées à l’intérieur de 10 000 trousses pouvant soutenir les besoins d’une famille de cinq personnes durant deux semaines. »

2010-02-01-5.jpg
Nous avons fait appel à la communauté locale grâce au programme "Cash for work" pour la préparation de trousses.
8 fevrier 053.jpg
La préparation des 10 000 trousses à nécessité un soutien important de la part de nos troupes.
7 fevrier 009.jpg
Avant de distribuer l'eau potable, nous nous assurons de sa qualité.

Ça c’est pour le volet approvisionnement de nourriture, mais qu’en est-il de l’assainissement et des problèmes d’insalubrité ? Eh bien, dès cette semaine, un membre de notre équipe béninoise, Parfait GBOKEBE, arrive en Haïti afin de soutenir l’équipe locale dans la mise en place d’un projet en gestion des déchets solides et ménagers (PGDSM).

« Oxfam-Québec grâce à ce projet développé à Cotonou, a développé une importante expertise en gestion des déchets. Nous allons maintenant l’exporter en Haïti où les besoins sont criants ! La population confinée dans les camps doit faire face à des situations d’insalubrité importantes. Il n’y a pas de camion qui passe le mardi matin pour ramasser les déchets déposés devant la porte de la tente qui sert d’abris. Non, les déchets sont pêle-mêle, un peu partout. Nous avons installé des poubelles près des latrines, mais elles ne suffisent pas à la tâche.

Il faut faire plus pour éviter des situations passibles d’avoir des répercussions sur la santé de la population. En attendant la mise en place du projet PGDSM, nous avons formé des comités de mobilisés en santé publique. Les mobilisatrices et les mobilisateurs qui choisissent de faire partie d’une de ces équipes reçoivent une formation de quelques jours sur les mesures d’hygiène de base (lavage des mains, protection de l’eau potable, nettoyage de plaies, alertes sur les maladies hydriques etc.).

Ces formations sont offertes par notre équipe en santé publique. Celle-ci est composée de huit personnes dont deux médecins. À ce jour, 25 000 personnes ont bénéficié du travail des équipes de mobilisation. Notre objectif est de 50 000 personnes avant la fin de l’année 2010. »

La reconstruction d’Haïti, ça passe aussi par la mise en place de structures solides pouvant avoir une durée dans le temps. Investir pour développer les capacités des femmes productrices de beurre d’arachides, investir pour mettre en place un système de collecte de déchets adéquat, investir pour que les gens s’investissent à leur tour et sensibilise leurs proches à l’importance de l’hygiène, voilà quelques unes des actions d’Oxfam-Québec en Haïti.

J’ai su aussi que nous travaillons présentement avec les autres membres de la famille Oxfam actifs en Haïti afin de concerter nos efforts dans notre stratégie de reconstruction : Rebâti Lavi ! Quand j’en saurai plus, je vous en ferai part.

Photo Haiti 2010-1 294.jpg
Jean-Pierre Chicoine en action quelques jours après le séisme

Robin des bois, prince de la taxe financière

Angela et Nicolas se sont mariés aujourd’hui ! C’était magnifique de les voir sceller leur engagement envers la taxe sur les transactions financières, de les voir se lancer aussi solennellement dans un projet qui permettrait de changer la vie des milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté ou qui subissent les impacts des changements climatiques.

  • En huit jours, assez d’argent aurait été amassé pour permettre l’accès à l’éducation universelle aux 72 millions d’enfants qui ne fréquentent pas l’école. (10 a 15 milliards $US/an)
  • En deux semaines et demie, assez d’argent aurait été amassé pour permettre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement aux 1 milliard de personnes qui n’y ont pas accès. (30 milliards $US)
  • En quatre mois et demi, assez d’argent aurait été amassé pour régler la dette des 48 pays les plus pauvres au monde (220 milliards $US en 2007), libérant ainsi des ressources essentielles qui pourraient alors être utilisées pour embaucher plus d’enseignants et d’infirmières.
Merkel and Sarkozy going down the aisle
Sarkozy, Robinhood and Merkel
Merkel and Sarkozy going down the aisle

Cette scène caricaturale, inspirée du débat politique en cours, révèle la pertinence d’une telle initiative. La taxe Robin des bois permettrait de taxer le secteur financier, soit l’industrie la plus rentable au monde. Cette taxe est non seulement nécessaire afin que les institutions puissent faire face à leurs responsabilités suite aux impacts de la crise financière passée et qu’elles soient mieux préparées pour de futures crises, mais aussi, et surtout, elle est nécessaire afin que ces institutions contribuent, elles aussi, à construire une société plus juste et sans pauvreté. La redistribution juste et équitable des richesses, par la taxe Robin des bois, doit remplacer l’indécence des profits et des bonus et la spéculation irresponsable et risquée.

Petite tranche de vie

On est arrivé à 6h30 au bureau ce matin. Accompagnée d’une superbe et énergique équipe de bénévoles, l’équipe d’Oxfam International s’est affairée à préparer les derniers accessoires du stunt et à transporter le matériel (caméras, micros, Grosses têtes, pancartes, chaises et tout le tralala !). J’ai même du ressortir mes talents de couturière ! Ils étaient bien enfouis !

C’était étrange de se déplacer dans les rues désertes de Toronto jusqu’au Stanley Park. Mais bon. Après une générale, l’arrivée des journalistes, la gestion des bogues de dernière minute, nous étions prêts à passer à l’action !

Prise en otage et mariage mondain

Eh oui ! Pour une fois que j’ai le temps de prendre une pause de la folie des sommets - je voulais aller faire une brassée rapide de lavage à l’hôtel parce que je n’ai plus rien à me mettre - je suis prise en otage dans les bureaux d’Oxfam Canada. À quelques coins de rue d’ici, manifestants et policiers s’affrontent.

Je n’ai pas pris part à cette manifestation de la société civile en protestation au #g20. J’étais connectée au bureau, relayant les photos et les infos de mes collègues qui marchaient. J’ai vécu la manif via Twitter, version 2.0. Petite déception, peu de twitteux francophones.

Évidemment, Oxfam condamne toute forme de violence dans ce genre d’événements. D’ailleurs, d’après l’info dont je dispose en ce moment, tous mes collègues ont quitté le cortège avant que la situation ne dégénère. Justine est de retour au centre des médias, après avoir été trempée. Maude a pris des photos de la manifestation, je l’aiderai à les mettre en ligne sur Flickr dès qu’on se retrouve.

En attendant de pouvoir bouger d’ici, j’en profite pour vous annoncer que demain, M. Sarkozy et Mme merkel uniront leurs destinées en signe de soutien à une taxe financière mondiale. Voici leur faire-part :

Merci à notre funky Marie-Claude qui nous a dépannées lorsque le graphiste qui devait produire le faire-part s’est désisté à la dernière minute ! C’est un rendez-vous demain matin au Stanley Park pour notre troisième stunt médiatique avec les Grosses têtes des dirigeants du G8 auxquelles se joindront les membres du G20.

Tranquille? Toronto?

Les choses continuent de se mettre en place à Toronto ! La fébrilité est palpable dans les rues, le nombre de policiers et d’agents de sécurité est vraiment impressionnant. Ça reste malgré tout plutôt tranquille autour de moi. Nous ne sommes que quelques-uns au quartier général d’Oxfam. On tient le fort ! Les autres gravitent soit autour des centres médiatiques, soit préparent de superbes mobilisations à  Huntsville où le G8 se rencontre présentement. Ils devraient nous rejoindre sous peu.

Depuis hier, et pour toute la durée des sommets,  l’équipe Oxfam se réunit très tôt le matin, dans la salle de conférence, pour préparer la journée qui débute et faire le point sur les événements de la veille  : rapport sur la couverture médiatique, point sur les questions qui ont été posées par les journalistes aux membres de l’équipe, rappel des événements clé de la journée, peaufinage des messages communs, discussion sur les enjeux et les obstacles anticipés, mise en place de stratégies pour s’assurer de diffuser les messages le plus largement possible.

Les sommets ne font que commencer et déjà nous devons faire face à plusieurs défis. Par exemple, je réalise combien il est difficile de naviguer avec deux centres des médias séparés. Il y en a un qu’on appelle «  le vrai centre médiatique  » et l’autre,  le centre des médias alternatifs.  Résultat, c’est tout un obstacle d’avoir accès aux journalistes qui couvrent l’événement et à l’information qui y circule. Les experts sur les enjeux liés aux sommets ont de la difficulté à se faire une place, l’information est donc difficile à porter et à être portée, tout comme la voix des populations du Sud. Par exemple, nous avons une perle avec nous ici, Dorothy Ngoma. Elle est la Directrice générale de l’Organisation nationale des infirmières et des sages-femmes du Malawi et a travaillé 32 ans en tant qu’infirmière, formatrice et défenderesse des intérêts des infirmières au Malawi. Elle est aussi membre du W8 d’Oxfam. Quand on parle de stratégies pour la santé maternelle, c’est ce genre de personne que j’ai envie d’entendre. Celles qui ne font pas que connaitre, mais qui partagent la réalité des femmes du Sud.  

Bref, à la réunion de ce matin, nous avons discuté de la façon dont elle pourra se faire entendre.  J’espère vraiment que vous aurez la chance de la voir ou de lire ses propos dans les médias !

Donc voilà ! Bien que Toronto me semble tranquille pour l’instant, il reste qu’on sent bien que quelque chose d’important se prépare. Notre équipe est en place, tout comme d’autres équipes, la population de Toronto est à l’affût, le reste du monde ouvre grand les oreilles pour voir se qui ressortira de ces négociations si attendues.  Demain matin, première heure, l’équipe d’Oxfam sera de nouveau complète et prête pour le début du G20 à Toronto !

Pour pouvoir mieux suivre de déroulement des prochains jours, je vous invite à aller voir les objectifs d’Oxfam pour les sommets : http ://www.oxfam.org/fr/campaigns/g8g20-investissez-futur-maintenant

Les dirigeants du G8 se mettent à nu pour les photographes

Ça y est ! Le premier stunt vient de se terminer. Tout s’est bien passé malgré plein d’imprévus. Je vous raconte…

Nous sommes arrivés sur place vers 9 h. J’étais en charge de filmer le stunt. J’ai eu le temps de faire quelques entrevues avec Frida, l’organisatrice du stunt, Lina, notre directrice des politiques et deux militants qui s’apprêtaient à interpréter les Grosses têtes des dirigeants du G8. Puis, la pluie s’en est mêlée.

Pas de la petite pluie, non, non, des averses diluviennes avec une alerte à la tornade locale en prime. Évidemment, les plans ont changé !
Nous avons déplacé tout le monde, incluant les médias, de l’autre côté du lac (le vrai lac !) pour prendre la pose sous une pagode. Vous pouvez vous imaginez toute l’équipe qui coure partout, qui stresse et qui doit gérer les médias qui trouvent que la pagode est trop petite pour tout le monde.

Malgré tout, les Grosses têtes ont fait une entrée remarquée, portant une robe de chambre jusqu’à la pagode…puis, devant les flashes des caméras, ils se sont mis à nu ! Parce que c’est la vérité toute nue : ils ont trahi leurs promesses envers les pauvres  ! Ils ont promis de fournir 50 milliards de dollars. Cinq ans plus tard, il leur manque toujours 20 milliards. Ce ne sont pas juste des chiffres. 20 milliards de moins, ça veut dire que des femmes meurent de leur grossesse faute de soins, que des personnes souffrent de la faim, que des enfants ne peuvent pas aller à l’école, que des gens n’ont pas accès à des soins de santé adéquats.

Je sais que vous avez hâte de voir les clichés. On les met en ligne le plus rapidement possible, restez à l’affût. On prépare aussi un clip vidéo qui sera mis en ligne sur You Tube dès que c’est prêt. 

MAJ 1 : Les photos sont maintenant en ligne sur le compte Flickr d’Oxfam International. Voici les légendes qui accompagnent les photos. 1. Des militants d’Oxfam se mettent à nu pour dénoncer l’échec du G8 à respecter ses promesses. 2. Des militants d’Oxfam prennent la pose tout près des lieux du Sommet, où la santé maternelle est à l’agenda. 3. Des militants d’Oxfam costumés en dirigeants du G8 se mettent à nu pour illustrer la cause des milliers de femmes qui meurent chaque jour à cause de leur grossesse.

MAJ 2 : La vidéo du stunt médiatique d’hier portant sur la santé maternelle est en ligne.

Oxfam G8 'Big Heads' -  Hunstville, Canada, June 24, 2010
Oxfam G8 'Big Heads' -  Hunstville, Canada, June 24, 2010
Oxfam G8 'Big Heads' -  Hunstville, Canada, June 24, 2010

Quelques anecdotes liées au stunt :

  • Hier soir, à l’hôtel, Victoria (Oxfam Canada) s’étonne de voir un homme nu se rendre vers la piscine jusqu’à ce qu’elle réalise que c’était un de nos acteurs portant son costume de Grosses têtes se rendant à la générale !
  • Juste avant le stunt, Justine couraient de tous les côtés pour réunir les journalistes et finaliser les plans. Ce qui devait arriver arriva, elle est tombée sur le plancher mouillé, cassant son parapluie et s’égratignant le bras. Mais, plus de peur que de mal, elle a conservé son sourire !

Préparatifs et nuit torride

Aujourd’hui, l’équipe d’Oxfam internationale est complète. Nous avons marqué le coup avec une première et longue réunion d’équipe.

Faire tous ensemble le tour de l’agenda  : demain matin, une prise de photo des Grosses têtes Sarkozy et Merkel pour préparer l’événement de dimanche. Chut ! Je n’en dirais pas plus ! Ensuite, entrainement et dernier tour des dossiers avec les porte-parole (il faut être prêt à tout), puis aller chercher nos accréditations pour le centre des médias. À midi demain, le centre des médias ouvre. Les équipes seront séparées en trois. Une qui est accrédité dans le centre des médias officiels, une autre dans le centre des médias alternatifs, et enfin une troisième qui lève les voiles en direction de Huntsville. Je serais de cette dernière, avec Marisa.

Nous faisons ensuite le point sur la logistique et la sécurité, et avec les mesures mises en place pour ce sommet, on ne fait pas le tour en 5 minutes !
Nous avons tous nos instructions très claires. Et ce qui reste constant pour Oxfam, c’est la participation non-violente à des événements non-violents. Notre démarche est claire.

Ensuite, c’est la phase plus complexe du tour de table des experts qui nous décortiquent les promesses des G8 passés, les promesses non respectées, pourquoi, comment, les engagements à prendre, les calculs, la finance, les enjeux de la sécurité alimentaire, de l’agriculture, de l’adaptation aux changements climatiques… C’est dense, c’est complexe, et on est quand même bien content de les avoir sous la main, ces experts, ce sera eux qui rentreront dans les détails quand viendra le temps.

Nous avons ensuite tous été souper, bonne chose pour mieux connaître les personnes avec qui nous allons partager notre quotidien pendant les prochains jours. C’est mon deuxième G8, pour ma part, je suis bien contente de retrouver des figures familières  : Sébastien, Takumo, Farida, Max et tous les autres.

Là, je mets fin à ce premier billet sur le toit de l’hôtel, avec un frisson d’impatience à l’idée de la nuit qui m’attends en compagnie de Nicolas Sarkozy. Non je ne fantasme pas  : sa Grosse tête et celle d’Angela Merkel sont dans la chambre que je partage avec Maude.

Attention  : je suis somnambule…

IMG00024-20100622-2314.jpg

G8/G20, c'est parti !

Le soleil brille à Toronto ! Ça fait à peine quelques minutes que l’on vient de s’installer dans notre chambre d’hôtel et déjà, j’ai l’impression d’être envahie par l’effervescence de la semaine qui nous attend. L’équipe, tout azimut, qui a été formée pour représenter Oxfam met déjà la main à la pâte.

Traduction de communiqués, échanges de courriels, prise de contact avec les médias, organisation de stunts, discussions sur les enjeux que l’on souhaite, ou plutôt, qui doivent être discutés lors des sommets.

Bientôt, nous serons emportées par une vague de travail, de rencontres et d’activités, mais il ne faudra pas perdre de vue le sens de notre présence ici : se faire la voix des populations défavorisées de la planète qui, chaque jour, font face avec courage à la faim, à la mort, à la vie ; communiquer au public, aux dirigeants et aux médias l’urgence d’agir ; les convaincre qu’il est possible et nécessaire d’appuyer les populations du Sud dans leurs défis quotidiens et de construire avec elles un monde plus juste.

Ça fait une drôle d’impression de savoir que dans quelques jours les personnes ayant le plus grand pouvoir de faire bouger positivement le monde seront tout près…de savoir que de leur volonté dépend la vie de tellement de gens. Il faut réveiller cette volonté ! 

La tâche est grande, mais de voir mes collègues déjà ardemment au travail, et bien, ça me remplit de confiance et d’énergie !

Tombée de rideau.

Le rideau tombe maintenant sur ces cinq jours, fermant ainsi définitivement la page sur cette extraordinaire délégation jeunesse.

Cette dernière s’imposera à mon esprit comme un souvenir impérissable puisque j’y ai non seulement appris davantage sur moi-même et la place que j’occupe au sein de notre société, les actes concrets que l’on se doit de poser pour rendre notre monde équitable pour tous, mais j’ai également appris à connaître des gens incroyablement débordants d’énergie, de vitalité et d’idées.

Je ne pensais pas autant m’attacher à des personnes que je ne connais que depuis à peine trois semaines, cependant, les liens qui se sont tissés entre nous sont si forts qu’ils me semblent indestructibles.

Sofia, Catherine, Marianne, Camille, Ange-Julien, Clothilde, Flavie, Jimmy, Rosabelle, Isabelle, Stéphanie, Nadia Maxime, Christine, vous avez fait une énorme différence dans ma vie… :) Ce n’est donc pas un Adieu, mais plutôt un À Bientôt ! ! !

« Si vous désirez du changement, soyez ce changement ! »

-Ghandi.

Je crois pertinemment que chacune des personnes mentionnées plus haut accomplira de grandes choses au cours de son existence.

Dorénavant, la délégation jeunesse appartient au passé, mais dans mon coeur, elle demeurera toujours aussi vivante !

IMG_2214.JPG
La délégation !!!

Les impacts du G20 sur la population locale selon Adam Vaughan, conseiller municipal de l'arrondissement Trinity-Spadina

Toujours à la suite de l’atelier Politics of the G8/G20, Stéphanie Thibodeau et Nadia Lafrenière analysent maintenant les propos du second panéliste. 

Le second panéliste, Adam Vaughan, a pour sa part largement dénoncé le G20, considéré par lui comme irrationnel vu ses conséquences qu’il aura au niveau local et sur les impacts des décisions prises lors de ce sommet sur les générations futures.

Sur le plan local, il semblait trouver aberrant – tout comme une grande partie de la population – que cette dernière soit complètement écartée de sa ville pour permettre à une vingtaine de dirigeantes et dirigeants. À titre d’exemple, il a parlé des écoles, du primaire à l’université, qui seront fermées durant le G20 (à l’exception de l’école des affaires internationales de l’Université de Toronto…) Il trouve complètement illogique de tenir le G20 dans un endroit comme Toronto où les enfants sont parmi les plus démunis alors qu’on voit toujours plus de « colonialisme international, c’est-à-dire la création de classes » toujours plus fermées.

Au niveau du discours, il a fortement critiqué, comme les différentes délégations Oxfam et de nombreux organismes le font, que les réels enjeux ne soient pas toujours discutés : Lutte à la pauvreté, taxe Robin des bois, changements climatiques, droits des femmes – incluant l’avortement – et accès à l’emploi. En conclusion, il a lancé un appel à la résistance au G20 qui occupera les grands hôtels et dle Centre des congrès de Toronto la semaine prochaine.

Se questionnant sur les positions réelles du politicien, nous avons posé quelques questions nous permettant d’en savoir davantage sur son parcours.

Élevé par des parents fortement politisés et impliqués dans différents mouvements sociaux, il décida au cours de sa jeunesse de « vivre comme un anarchiste », et devint caricaturiste afin de gagner ainsi sa vie. Tranquillement, il s’intégra dans différents organismes communautaires, dont CKLN, la radio de l’Université Ryerson, où il devint journaliste ayant pour but avoué de répendre l’idéologie pro-choix, une première. Son passage vers à travers diverses organisations locales sans but lucratif et dans un projet de développement culturel au Salvador lui permit de faire son entrée à CBC, avant de se lancer en politique. Aujourd’hui qu’il est élu, il semble largement moins radical que plus tôt dans sa vie, mentionnant même que « nous n’avons pas le choix de vivre avec le marché ». Il dit faire de la politique « non-idéologique », c’est-à-dire que malgré le fait qu’il ait des principes clairs, il craint de se rallier trop fermement à une idée et d’ainsi, faire des choix qui seraient irrationnels pour la communauté qu’il représente. Il ne se compare donc pas à celles et ceux qui rechercheraient la « pureté idéologique. » Vous vous demandez ce qu’il dit quand on fait référence à son passé anarchiste alors qu’il est maintenant en politique ? Il croit toujours l’être, disant que l’anarchie est concentrée largement sur le local alors que les anarchistes peuvent être en accord avec le système politique lorsque ce dernier les sert…

Politique du G8 et du G20 : Les enjeux discutés selon Olivia Chow

Le premier atelier du Sommet des Peuples auquel six membres de la délégation ont assisté était donné par Greenpeace et s’intitulait Politics of the G8/G20. Alors que nous nous attendions à une introduction à ce qui sera discuté au courant de ces sommets, nous sommes plutôt surprises et surpris de voir que c’est plutôt un panel animé par Olivia Chow, députée néo-démocrate de Toronto-Spadina, une circonscription à proximité de l’Université Ryerson, et Adam Vaughan, conseiller municipal du même arrondissement. Premier d’une série de deux billets sur les propos des panélistes. 

« Faire un retour sur Copenhague, initier des fonds de recherche pour de nouvelles énergies vertes ou faire le point sur la castastrophe de la marée noire qui fait actuellement des ravages dans le golf du Mexique, voilà ce que les dirigeants qui seront présents au G8-G20 ne feront pas en omettant d’ajouter l’environnement à l’ordre du jour de leurs sommets. »

C’est en dénonçant haut et fort cette énorme négligence qu’Olivia Chow débute sa conférence sur les enjeux politiques et environnementaux actuels.

L’état de la faune marine est selon elle un très bon exemple de l’envergure alarmante des répercussions que peuvent avoir toutes les décisions prises sans égard pour l’écologie. En effet, différentes espèces de tortues, baleines, poissons et autres animaux marins disparaissent de plus en plus rapidement en raison des changements climatiques, qui ont pour effet de causer la hausse de la température de l’eau dans laquelle ils vivent. Cependant, la représentante du NPD est loin de baisser les bras devant cette situation, et annonce même que des décisions face à une révision de la protection de l’environnement ont été acceptées à la Chambre des Communes deux jours plus tôt. Pour la suite, faire passer au Sénat la loi C-311, soit la Loi sur la responsabilité en matière de changements climatiques est le défi actuel dans la lutte contre ces changements.

Toujours très dynamique dans sa présentation, madame Chow aborde aussi le projet d’un pipeline qui relierait le Bassin de l’Athabaska en Alberta juqu’au port de Kitimat, sur la côte au nord de la Colombie-Britannique. En plus de réprésenter, pour une fois de plus, l’accaparement de leurs territoires à 40 Premières Nations sans leur consentement, ce projet est synonyme de terres en chantier de construction et prises par plus de 200 tanks, tout comme d’un écosystème ébranlé, et ce sur une distance de 1150 kilomètres. Tous ces ravages pour un seul but, le profit… qui ne reviendra même pas aux poches des Canadiennes et Canadiens, peu importe ce que le gouvernement peut tenter de faire croire. Et cela ne s’arrêtera pas là, prenez garde ! Semblerait-il que le poisson des plans d’eau où la pipeline passera, selon les plans, entrerait ensuite dans la liste des éléments cancérigènes, en raison de la contamination de l’eau par les tuyaux.

Aussi, va-t-elle plus loin à propos du pétrole en disant qu’il faudra apprendre à s’en passer et à aller vers de nouvelles énergies, car la situation devient de plus en plus incontrôlable et le pire est à venir. On songe maitenant à forer des puits de pétrole dans le continent artique. Cependant, comme elle le mentionne de manière totalement scandalisée, il n’y a aucun moyen de remédier à la situation et de nettoyer les glaces de l’Artique si un accident survenait, comme il arrive de plus en plus fréquemment sans que l’on ait l’information.

Par Stéphanie Thibodeau avec la collaboration de Nadia Lafrenière

Une conférence à couper le souffle!

On pense souvent que nos problèmes sont gigantesques… Et pourtant, nous nous plaignons le ventre plein. Samedi le 19 juin, nous avons pu constater que nous étions des femmes des plus choyées. Éducation, soins de santé et perspectives d’avenir, toutes les portes sont grandes ouvertes devant nos pieds, alors que, injustement, plusieurs femmes à travers le monde ne peuvent pas bénéficier de tels droits.

C’est donc par le biais d’Amnistie Internationale que nous nous sommes penchées sur la problématique de la mortalité maternelle dans le cadre des objectifs du Millénaire. En effet, dans plusieurs États en voie de développement, les soins de base sont tellement déficients qu’il s’avère difficile pour les femmes, souvent peu scolarisées, de véritablement prendre soin d’elles et de leur bébé. Il n’est donc pas rare que ces nouveaux-nés ne connaissent qu’une brève existence dû aux conditions sanitaires déplorables…

Personnellement, en tant que femme, cette conférence m’a profondément touchée. Plusieurs émotions ont surgi en moi, alors que je prenais conscience de l’immense chance que je possédais d’être née dans un pays où les conditions féminines sont extraordinaires. J’ai la chance d’avoir un toit sur ma tête, de la nourriture dans mon assiette et un accès facile à des systèmes de santé et d’éducation performants. En somme, je crois pertinemment que l’équité des chances et l’accès à des droits de base sont une obligation pour toutes les femmes du monde, peu importe leur condition sociale. C’est un devoir de société que de s’assurer que chacun ait droit à sa juste part de soleil.

« Toutes les petites graines que nous plantons en terre aujourd’hui sont les arbres de demain. Nous pouvons faire une différence ! »

La fin de l'aventure

Bonne nouvelle en fin de parcours, j’ai vu la version imprimée de l’article d’opinion que j’ai pu faire publier dans le Journal de Sherbrooke. Cela retrace bien ce que nous étions venus faire à Toronto ces derniers jours. Il est en bas de ce dernier billet de blogue.

Nos aventures ont touché à leurs fins. Ce fut une très belle expérience jusqu’au dernier instant. Aujourd’hui, nous avons assisté aux ateliers du People’s Summit dans la journée et puis le soir, nous nous sommes rassemblés autour d’une table et d’un bon repas. 

Demain, ce sera le grand voyage de retour en train jusqu’à Montréal. Pour certaines d’entre nous, ce sera le retour dans nos petites villes. Départ prévu de Toronto vers 9h30. Retour anticipé à Montréal vers 15h00. Telle sera la trajectoire.

À quelques heures de notre départ, je me surprends avoir une âme nostalgique. On gardera ces beaux moments avec nous… 

Cette journée a conclu une belle aventure et nos souvenirs resteront gravés dans nos mémoires. Avant de terminer ces quelques lignes, je voulais remercier mes compagnons de voyage et nos deux accompagnatrices pour cette belle expérience. Chacun et chacune de vous êtes unique. Vous semez les graines du changement et je sais que vous contribuerai à changer de nombreuses vies.

Plaidoyer pour une mobilisation citoyenne pacifique.jpg

Plus que cinq jours avant les sommets du G8 et du G20 : Croissance exponentielle de la présence policière

C’est effectivement ce que l’on peut apercevoir dans les rues de Toronto moins d’une semaine avant le G20. Ici, les policiers (puisque ce sont presqu’exclusivement des hommes) se déplacent maintenant majoritairement à pied ou à vélo à proximité du centre-ville et ce, en groupe de dix ou plus. Nous pouvons également les voir se promener en plusieurs groupes, notamment lors de la manifestation pro-choix organisée par Oxfam Canada pour le Sommet pour la justice entre les hommes et les femmes, où le ratio entre militantes et militants et policiers frôlait 5 pour 1. Par ailleurs, leur nombre semble avoir incroyablement augmenté puisqu’il devient difficile de marcher deux coins de rue sans en voir. Par ailleurs, de ma chambre à l’Université Ryerson, nous pouvons maintenant entendre les hélicoptères voler au-dessus de nos têtes au milieu de la nuit. Il est par ailleurs à spécifier que cette visibilité accrue des forces policières est due essentiellement à une volonté d’intimidation, de peur et de répression de la part de l’État.

C’est à suivre, mais il est à espérer que les mouvements sociaux auront raison lors des manifestations de la prochaine semaine !

IMG_1527.JPG
Ce qu'on peut voir le long de Front St.
IMG_1530.JPG
IMG_1533.JPG
Ceux qui seront protégés pendant le G20...
IMG_1540.JPG
Les caméras sont omni présentes au coeur de la ville
IMG_2506.JPG
La Coalition ontarienne contre la pauvreté, notamment, a fait de l'affichage urbain!

Respect de la dignité humaine

Premier billet de blogue, dernière journée à Toronto et d’inombrables sujets de réflexions. C’est avec enthousiasme que je me rendis au 285 Victoria pour assister à l’atelier "Islamo-phobia and Civil Liberties in Canada" à 10h00 am. Édifice Victoria de l’Université Ryerson, une fois en face du local 209, je me trouvais devant un auditoire hétéroclite composé de jeunes et de moins jeunes, offrant une belle palette de notre mosaïque culturelle canadienne. 

Le sujet de l’atelier  : la montée du racisme, de l’islamo-phobie et la diminution des libertés civiles au Canada. Sujet très préoccupant pour le "meilleur pays au monde". Sujet d’autant plus sensible que la racine du problème est bien ancrée dans nos représentations, voir même inconsciente de "l’autre". En d’autres termes, les stéréotypes et les préjugés qui sont sans cesse véhiculés par la presse médiatique (livres, revues, journaux) et l’industrie du cinéma, que ce soit à Hollywood ou plus près de nous, au Québec, contribuent à renforcer nos tabous.

Une petite parenthèse, si vous me le permettez bien. Retour dans le temps en 2005. Je me rappelle cet été là un film indépendant controversé est sortie dans les salles du Québec : Le Nèg. J’étais scandalisée de voir l’affiche qui montrait une figurine d’homme noir avec un chapeau de paille et une canne à pêche. Ces mêmes figurines décoratives de vitres que l’on retrouve souvent devant les maisons dans les campagnes du Québec…Ceux et celles qui proviennent des régions plus éloignées sauront de quoi je parle.

Permettez-moi de vous dire que le préjugé du paysan est un classique. Ce n’est pas la forme de préjugé la plus subtile. Il y en a beaucoup d’autres. L’atelier de ce matin m’a fait réaliser comment il est facile d’entretenir des stéréotypes dans notre quotidien. Sans même s’en rendre compte, on se représentente l’altérité, donc l’autre, d’une manière négative.

Le musulman terroriste, par exemple. C’est un autre classique. Permettez moi de vous rappeler le stéréotype du noir paresseux, de celui qui est incapable de se prendre en charge, du menteur et du voleur. Le réflexe de tenir fermement son sac à main pendant que passe l’inconnu, qui ne l’a jamais eu  ? 

Représentation stéréotypée  ? Certainement, mais réelle cependant. Pour enlever de nos pensées profondes de telles idées préconçues, je crois qu’il nous faut être en mesure de faire une réelle introspection sur nos schèmes de pensées et nos modes de conduite. C’est faire appel à sa conscience dont il s’agit.

Autre élément de réflexion suite à l’atelier "Disability, Intersectionality, and International Development  : A human rights approach", qui est toujours sur la thématique de l’exclusion. Cette fois, ce sont les handicaps physiques et intellectuels qui sont mis de l’avant. J’y ai appris que la pauvreté  est liée à trois sortes de discrimination  : celle lié au genre, à la race –j’emploie ce terme sachant qu’il est scientifiquement erroné et que des recommandations de l’UNESCO depuis le milieu des années 1950 en proposaient le retrait- et aux handicaps.

Je suis restée marquée par cet atelier parce que j’essaie de me mettre à la place de cette jeune fille africaine qui naîtra avec un handicap physique. Dans nos sociétés pourtant démocratiques, nous ne réservons pas souvent des places de choix aux personnes qui sont atteintes d’handicaps physiques ou intellectuels. La situation est pire dans certains pays en voie de développement. Encore une fois, les femmes sont sujettes à une plus grande exclusion que les hommes.

Les personnes atteintes d’handicaps physiques ou intellectuels ont moins de chance d’aller à l’école, de pouvoir se marier et sont souvent une charge et une source de honte pour la famille. Pourtant, la dignité humaine est un principe universellement reconnu. Toute personne, indépendamment de son âge, sa condition physique et intellectuelle, ses convictions, sa couleur, son genre, sa religion et son orientation sexuelle, a droit à un égal respect de sa condition d’être humain. Ceci est d’autant plus véridique pour les personnes atteintes d’handicaps quelqu’ils soient.

 

 

Racisme, islamophobie et la première sortie publique d'Adil Charkaoui

Un plan du Sommet des peuples : toutes et tous s’entendent pour dire que le racisme - tout comme d’autres formes de discrimination telles le sexisme et l’homophobie – se fait de plus en plus sentir dans diverses communautés sur la planète. Divers groupes ont donné des ateliers sur le sujet, notamment Canadian Peace Alliance, Muslim Unity Group et Independent Jewish Voices qui ont discuté d’islamophobie alors que Personne n’est illégal s’est plutôt penché sur la légitimité des frontières alors que cinq panélistes ont critiqué le racisme en terme de migration.

La recrudescence du racisme n’est pas sans en inquiéter plusieurs. Parmi les diverses formes de racisme observées, l’islamophobie semble parmi les plus évidentes. De l’interdiction du port du niqab aux certificats de sécurité, en passant par les diverses attaques à la liberté de religion musulmane et aux guerres tant en Irak qu’en Afghanistan, la politique canadienne à l’étranger illustre clairement un modèle antisémite servant à justifier ces actes. Si à travers le temps le Canada a toujours cherché un ennemi pour justifier ses politiques extérieures – autrefois les communistes, les noirs – c’est aujourd’hui les communautés musulmanes qui sont visées. Par ailleurs, cette division des formes de discrimination tend de plus en plus à diviser les opprimées et opprimés.

Pour consolider le tout, il est souvent jugé antisémite de critiquer certaines politiques contre l’islam, notamment l’apartheid israélien en Palestine. On assiste donc à une situation où il semble, pour les médias et nombre de personnes, que l’islamophobie et le racisme puissent se justifier par des peurs irrationnelles d’attaques terroristes ou autres et où la liberté d’expression se dégradent, ce qui n’est pas sans inquiéter nombre de groupes sociaux, dont plusieurs ont vu leur financement coupé (Alternatives, Kairos, etc.)

 

« Tous les contrôles frontaliers sont fondamentalement racistes et violents. » - Personne n’est illégal !

C’est sous le thème Colonialisme, capitalisme et migration : Personne n’est illégal ! qu’Adil Charkaoui a donné sa première conférence depuis la fin des
conditions relevant de son certificat de sécurité. En effet, il était un des cinq panélistes invités par Personne n’est illégal – Toronto pour un atelier d’un peu plus d’une heure et demie samedi après-midi. Rappelons qu’en 2001, Adil Charkaoui s’est fait imposer un certificat de sécurité à la suite d’un profilage particulièrement sévère. Les certificats de sécurité furent imposés uniquement à des hommes musulmans et, selon le gouvernement canadien, sont fondamentaux et très importants afin de combattre le terrorisme. Nous n’avons qu’à mentionner que l’émission de ces certificats sont l’expression de stéréotypes, d’un profilage tant racial, social que politique et d’un suivi continu par le Service canadien de renseignements secrets (SCRS).

Les changements climatiques brisent des vies

L’histoire bouleversante que nous a racontée vendredi Lorena Aguilar, de l’Union internationale de la conservation de la nature, m’a beaucoup touchée. Montrant la vulnérabilité particulière des femmes face aux changements climatiques, laissez-moi vous en faire part…

Peu de temps avant l’arrivée de l’ouragan Mitch, au Honduras, une femme ne savait pas comment s’y préparer. Elle entendit dire qu’il se trouvait à 250 km, mais n’ayant jamais été à l’école, elle n’avait aucune idée de ce que ça signifiait. Puis, une dame lui dit qu’il était préférable qu’elle se dirige vers la rivière, ce qu’elle fit, emmenant avec elle ses trois enfants, alors qu’il s’agit de la chose à éviter en cas d’innondation. Lorsque Mitch les frappa de plein fouet, deux de ses enfants furent emportés par le courant, alors qu’elle demeura très longtemps accrochée à un arbre, son bébé dans les bras. On l’envoya ensuite dans un camp de réfugiés, où, comme l’a dénoncé Madame Aguilar, elle fut violée comme plusieurs femmes qui y sont laissées à elles-mêmes. Comme elle avait tout perdu, une organisation non-gouvernementale (ONG) lui dit qu’on lui rebâtirait sa maison. Toutefois, elle avait besoin de ses titres de propriété, ce qu’elle ne possédait pas évidemment puisqu’elle était une femme.

Les changements climatiques ne sont donc pas simplement une question de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Ils concernent la pauvreté, les droits humains et l’équité entre les hommes et les femmes. Ils affectent déjà des milliers de gens, des hommes et des femmes comme vous et moi. Nos dirigeants doivent en tenir compte et agir maintenant pour leur venir en aide.

Quelle journée !

Bon matin !

Quelle folle journée que ce samedi, première journée d’ateliers et de conférences pour les deux événements auxquels la délégation participe en parallèle. Les membres de la délégation semblent déchirés dans leurs choix d’ateliers et ont très peu de temps pour s’arrêter… Je peux vous assurer que nous sommes loin de "pelleter des nuages", à Toronto ! ! !

Pour ma part, j’ai assisté aux ateliers du Gender Justice Summit (sommet sur la justice entre les hommes et les femmes), j’ai eu le privilège d’écouter des témoignages venus du Guatemala, de El Salvador, de l’Éthiopie, de l’Afrique du Sud et j’en passe…Comme c’est bouleversant d’entendre parler de sécurité alimentaire par une africaine du Sud, agricultrice et militante, pour qui l’enjeu ne se définit pas en terme de statistiques, mais plutôt par des visages, des histoires, des êtres humains.

Cette femme, Roseline Presence, nous a même suivi dans une grande marche dans les rues de Toronto, en faveur des droits des femmes et de la santé maternelle. Un moment fort de solidarité !

Je vous laisse sur ce petit clip où l’on entend un des slogans scandés durant la même marche (samedi le 19 juin) à laquelle Clothilde, Stéphanie, Flavie et moi avons participé.

Les peuples autochtones, une réalité proche souvent oubliée

Les Autochtones représentent un enjeu qu’on oublie trop souvent. En effet, ces peuples vivent ici depuis si longtemps, alors que nos ancêtres conquérants sont venus s’installer ici il y a à peine 500 ans.

 

Dans un discours très émouvant donné par Melissa Elliott, co-fondatrice de Young Onkwehonwe United, nous rappelle lors de la conférence Colonialism, Capitalism and Migration, organisé par No One Is Illegal (NOII), que le Canada n’existerait pas sans le génocide de leur peuple. Les Autochtones sont une réalité du Canada et du Québec que plusieurs tentent d’oublier, de mettre de côté, mais il s’agit d’un problème, certes de grande envergure, mais d’une urgence cruciale.

 

Melissa Elliott a été d’ailleurs l’une des principales résistantes lors des Jeux Olympiques. En effet, lors des Jeux Olympiques en hiver dernier, la situation des Autochtones a levé bien des controverses et le Canada s’est trouvé dans une situation bien délicate sur la scène internationale. Melissa Elliott a souligné que malheureusement, les actions concrètes étaient le seul moyen qu’il leur restait. Ils avaient déjà tout essayé mais malheureusement, la pression internationale était la seule qui semblait fonctionner.

 

Cette jeune activiste des droits autochtones a fini son discours en nous présentant un drapeau représentant le traité entre les Autochtones et nos peuples. Il s’agit d’un grand drapeau blanc sur lequel se trouvent deux bandes parallèles mauves. La première bande représente notre peuple et nos bateaux, la deuxième bande représente les peuples autochtones. Les deux bandes sont parallèles car elles représentent le fait que chacun des deux peuples continue son existence sans interférer dans celle de l’autre. De plus, entre ces deux bandes se retrouve une surface blanche qui représente l’amitié, la paix et le respect, trois valeurs auxquelles tous devaient se soumettre. Malheureusement, comme le souligne Melissa Elliott, notre peuple a brisé chacune de ces trois valeurs,  nous avons nous-même brisé le traité.

 

Elle nous rappelle dans un dernier temps qu’il arrive bien trop souvent que les dirigeants des pays tentent de briser les connexions entre les peuples, mais il est de notre devoir de les en empêcher. C’est ainsi que dans le contexte du G20, nous devons nous présenter ensemble, comme un tout, en défendant les droits de tous et chacun.

 

Une journée chargée à Toronto !

C’est aujourd’hui que s’ouvraient en grandes pompes le Gender Justice Summit et le People’s Summit, les deux regroupements les plus importants de cette fin de semaine. Différents orateurs sont venus discuter de l’importante place qu’occupe l’engagement dans la réalisation d’un monde meilleur, nous permettant ainsi de mesurer pleinement la portée des enjeux mondiaux qui pèsent sur le G8 et le G20.

Il est donc inutile de dire que ce fut pour nous, membres de la délégation, une journée très chargée.

Entre deux conférences, nous avons pu mettre à jour le bagage que nous possédions déjà tout en s’interrogeant encore plus profondément sur certains enjeux qui ont retenu notre attention…

 Samedi et dimanche risquent donc d’apporter leur lot de découvertes !

 

C’est à suivre !

Toronto : Militante ou militaire?

La ville de Toronto semble tranquillement se convertir en un cliché du Big Brother… Peu à peu, les accès au centre-ville deviennent difficiles, une clôture à travers laquelle on ne peut même pas passer un doigt s’érige, les caméras sont partout et les policières, policiers, agentes et agents de firmes de sécurité privées se font particulièrement visibles au centre-ville… Des membres de la délégation À table ! se questionnent sur les impacts réels du G20 au centre-ville de Toronto…

On justifie la présence d’un tel sommet au coeur de la ville-reine par les retombées économiques… Mais à qui profitent-elles réellement ? Ce n’est certainement pas à la grande partie des Torontoises et Torontois qui quitteront leur ville transformée en zone militarisée la semaine prochaine, pas plus qu’aux petits commerces qui devront fermer par manque d’accessibilité. Les travailleuses et travailleurs se verront privées et privés de leur emploi et les seuls à profiter de ce sommet seront les grands hôtels situés un peu partout dans la ville.

Néanmoins, il reste toujours porteur d’espoir de voir des affiches appelant à la résistance au G20 ou de croiser des membres d’Oxfam-Canada dans les rues de Toronto… Il est donc à supposer que cette ville ne sera pas seulement militaire la semaine prochaine, mais aussi une ville fortement résistante !

Les premières impressions

Jour 1 à Toronto, assise dans ma petite chambre dans les résidences de l’Université Ryerson (ça rappelle des souvenirs !), le temps est venu de vous partager mes premières impressions.

Dans une semaine, toute l’attention sera tournée vers les rues où nous avons déambulé aujourd’hui. Et pourtant, Toronto a l’air… normale ! Les gens reviennent du travail en se hâtant, longeant sans même la regarder l’immense clôture (double ! ! !) qui entoure le fameux "périmètre de sécurité" qui sera érigé à partir du 25 juin…

DSC04758.JPG
La fameuse clôture !
DSC04760.JPG
Stéphanie, Laurie et Marianne tentent de s'échapper !

Mais on sent tout de même que les sommets du G8 et du G20 approchent. Surtout qu’aujourd’hui, alors que nous étions encore dans le train vers Toronto, nos collègues d’Oxfam Canada ont réalisé une splendide activité de mobilisation en plein centre-ville. Dans le cadre de la journée mondiale d’action liée à la campagne À table, ils ont rappelé aux dirigeants d’Investir dans le futur. Maintenant. et de tenir leurs promesses, notamment quant aux changements climatiques.

Lisez la couverture de l’action par le Toronto Sun et voyez les superbes photos  !

Sur ce, bonne nuit !

Plus que 24 heures !

Nous y voilà presque !
Les derniers préparatifs sont en voie d’être complétés et l’enthousiasme est à son comble ! Nous prenons le train demain matin pour Toronto ! ! !

Pour en savoir davantage sur les événements auxquels nous assisterons :

À très bientôt !

D'une bougie à une autre...

Chez Oxfam-Québec, un de nos défis quotidiens est de sensibiliser la population d’ici aux réalités d’ailleurs. Ce n’est pas facile car, avouons-le nous sommes humains et il y a des moments où notre nombril prend toute la place. La fatigue s’étire sur nos joues, les inquiétudes se déposent sur nos épaules et…

De plus, c’est assez difficile de mesurer l’impact de nos actions. Nous le faisons bien sûr, mais il manque souvent le facteur "qualité" à nos réalisations quantifiables.

Ce matin, mon collègue à la collecte de fonds, Marquis, m’a transmis une lettre qui me prouve que nos activités dans le milileu universitaire - bravo à Christine Girard qui est l’agente de mobilisation pour les universités ! - ont porté fruits.

Comme l’inspiration naît de mille et une façons, je me permets de vous transmettre quelques-uns des propos de Cynthia, étudiante à l’Université McGill.

Chère Oxfam-Québec,
La situation en Haïti présentement doit être terrible et catastrophique. On ne peut pas s’imaginer la douleur qu’ils doivent vivre tant et aussi longtemps que nous ne vivons pas la même chose. C’est atroce pour nos esprits de penser que des milliers de corps sont encore ensevelis sous les décombres et, malheureusement, on ne peut pas prendre part physiquement aux recherches. […]

On ne peut pas choisir d’où l’on vient et dans quel pays on va naître et nous, au Québec, on a la chance de vivre dans un pays sans guerre, où il n’y a pas de sécheresse, où l’eau potable coule à flots dans nos robinets et où des lois existent pour venir en aide aux p,us démunis. Ce n’est pas le cas partout et les catastrophes naturelles ajoutent, bien souvent, aux problèmes déjà bien présents de ces pays. […]

Il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider ces malheureux parce que nous voudirons aussi que les nations riches nous viennent en aide si ça nous arrivait à  nous. Continuez votre beau travail. Il ne faut pas oublier que la bougie ne perd rien de sa lumière en la communiquant à une autre bougie…

Merci à Cynthia et à toutes les autres personnes qui prennent le temps de nous écrice une lettre ou de griffonner quelques mots qu’ils joignent à leur don. Sachez que nous les lisons, qu’ils nous inspirent et nous illuminent…

Une équipe prête pour le G8 et le G20 !

Bienvenue sur le blogue de la Délégation Jeunesse À table d’Oxfam-Québec. C’est un peu avant les sommets du G8 et du G20 qui auront lieu à Huntsville et Toronto les 25, 26 et 27 juin que participeront quatorze jeunes étudiantes et étudiants du Québec à diverses activités de sensibilisation et de mobilisation, notamment le Sommet des Peuples et le Sommet pour la Justice entre les hommes et les femmes. Ainsi, Catherine, Isabelle, Laurie, Nadia, Sofia et Christine travailleront à diffuser les activités des membres de la délégation, tant en ce qui a trait aux conférences qu’à la mobilisation dans les rues, tout au long de ce séjour à Toronto sur ce blogue. Bonne lecture !

31377_10150182036125391_576555390_12597557_8386775_n.jpg
La délégation jeunesse À table !

Le ciel... cet allié qui peut aussi nous tomber sur la tête !

Je n’ai pas rédigé de billets depuis un bon moment déjà. Croyez-moi, ce n’est pas car Haïti perd sa place dans mes priorités, bien au contraire ! Ici, la catastrophe de janvier dernier fait toujours partie de notre quotidien.

À cet effet, je vous invite à lire les témoignages de Claudette Surpris, Nancy Roy et Marc Désilets. Tous les trois ont participé concrètement à nos efforts depuis le 12 janvier dernier. Marc, qui agit à titre de directeur financier est toujours sur le terrain. Le 25 mai dernier, il m’a envoyé ce courriel :

« Je suis arrivé depuis un mois, et je crois que j’étais vraiment prêt pour cette nouvelle aventure ! Je m’étais préparé au pire et je suis agréablement surpris de la facilité avec laquelle mon adaptation se déroule. Mon expérience du Sénégal en 1977 y est sûrement pour quelque chose.

Haïti, particulièrement Port-au-Prince (PaP), Léogane et Jacmel sont démolies. (je n’ai pas encore vu ces deux dernières villes, mais l’épicentre du séisme se trouvait à Léogane…)

sans commentaire.JPG

Le pays était, avant le séisme, le plus pauvre des pays occidentaux. Le séisme ne fait qu’accentuer cette évidence et cette disparité avec le reste des pays d’Amérique. Ce qui frappe le plus c’est le déplacement des gens et les dégats sur les infrastructures. Les gens habitent dans des camps de fortune, aménagés sur des terrains de soccer, dans des parcs, ou sur des terrains privés, dans des milliers de tentes.

Environ 500 000 personnes sont actuellement logées dans ces camps "temporaires" à PaP. Plusieurs commerçants qui avaient un "local" ont vus leurs établissents détruits, alors ils vendent leurs produits sur les trottoirs et pour la plupart, regagnent leurs tentes la nuit venue. Cette situation, combinée aux débris de bétons accumulés en tas sur les trottoirs, créent des problèmes de déplacement majeurs dans la ville.

Mais malgré tous ces déchainements de la nature, les gens vivent, comme si rien de tout cela ne s’était produit…et ce n’est pas de l’abnégation, mais une capacité à relativiser, une résilience incomparable !

Ils sont, malgré tout, simplement heureux, content d’être VIVANT !

Nous avons des leçons à tirer de ces gens, face à nos petits problèmes.. et la façon dont nous les affrontons… »

À l’heure où je vous écris, Oxfam craint le pire de Dame Nature puisque la saison des ouragans approchent à grands pas et que les camps ne sont pas équipés pour faire face à de nouvelles tragédies telles que des inondations ou des glissements de terrain. Il faut organiser une campagne d’information et de sensibilisation auprès des déplacés afin de minimiser les risques

« Nous réagissons aussi vite que possible face afin de prévenir et d’atténuer les risques dans les camps où nous travaillons. Mais les gens doivent être informés de la manière dont ils doivent se préparer et réagir face à une tempête de cette nature. Par le passé, le gouvernement d’Haïti avait déjà mis en place des campagnes d’information publiques sur la préparation aux ouragans. Il doit à nouveau le faire cette année, en tenant compte du fait que cette année, il sera encore plus difficile pour les Haïtiens de subir ces ouragans, » a dit Francis Lacasse, directeur d’Oxfam en Haïti.

10 février 030.jpg

Comme vous pouvez vous en douter, le travail à faire en Haîti est toujours aussi colossale, mais entre les coopérantes et les coopérants qui se joignent aux Haïtiennes et aux Haïtiens et ainsi qu’à notre personnel qui vient des quatre coins de la planète, l’espoir est toujours vivant et les initiatives se multiplient.

Promis, je vais essayer d’être silencieuse moins longtemps…

Suivez notre actualité :
Oxfam-Québec sur :
  • facebook logo
  • Flickr logo
  • twitter logo
  • youtube logo