Gestion des risques
Hier soir, nous avons eu droit à une visite dans le « Guest house » où nous cohabitons tous.
L’ingénieur spécialiste en sécurité des bâtiments inspecte nos lieux de travail et de résidence pour savoir si nous pouvons continuer à y rester. Il attribue des codes de couleurs. Rouge, c’est l’évacuation immédiate. Jaune, on peut encore utiliser, mais à court terme. Et vert, on a un ok. Il nous prévient tout de suite qu’aucun des bâtiments construits à Port-au-Prince ne respecte les normes antisismiques. L’attribution du code vert en tient compte.
Le bureau d’Oxfam Grande-Bretagne a été touché. Les bureaux étaient dans 2 bâtiments voisins et un des 2 a été détruit, causant un mort. La vision de ce voisinage nous rappelle tous les jours ce qui s’est passé. Et c’est un code rouge, qui menace de s’écrouler. L’autre bureau est encore debout, mais bien trop petit pour les besoins actuels. Nous devrions déménager la semaine prochaine, si tout va bien.
La maison dans laquelle nous logeons est un code jaune, à cause de l’escalier extérieur qui relie les deux étages et à cause d’un côté de la maison qui est plus à risque. Certains ont surmonté leur peur et dorment de nouveau à l’intérieur, mais la plupart des gens sont dehors, dont je fais partie. J’avoue que pour ma part, je n’ai pas eu à me poser la question, j’ai pris le seul matelas disponible qui restait. Dehors, il faut calculer la distance idéale en cas d’écroulement de la maison, ou de façon plus probable, du muret qui entoure le jardin.
Avec ce survol et la formation que nous avons reçu un arrivant sur quoi faire et ne pas faire en cas de secousse… nous avons tous un peu d’incertitude dans les yeux. Mais le travail continu, l’inquiétude n’a pas la place pour s’installer bien longtemps. Mais ma petite crainte personnelle, moi qui n’étais pas là le 12 janvier, me donne une meilleure idée de l’état d’esprit dans lequel se trouvent la plupart des gens ici.
Les contrôles de sécurité se font aussi avec les maisons des employés d’Oxfam. Le service devrait s’étendre aussi, dans la mesure du possible, à des bénéficiaires de nos programmes.
En passant, parlant d’état d’esprit, je vous invite à lire l’article d’Ariane Lacoursière, qui a rencontré hier Marjorie Clermont Mathieu, psychologue qui travaille avec les équipes d’Oxfam-Québec.
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