Dans une autre vie
Quand je pense à hier, ça me semble déjà si loin… même ce matin. Nos journées commencent à 6h30 au bureau, mais on se couche presque à l’heure des poules. À propos de poule, on s’habitue à tout, les coqs sont toujours aussi bruyant mais ne me réveillent plus.
Ce matin, rendez-vous avec l’équipe de TVA à 9h dans les bureaux d’Oxfam-Québec. Problème de voiture, chauffeur, trafic… ils arrivent à 10h. On leur présente l’équipe, fait le tour, et c’est parti, direction Delmas 62. Population : plus de 470 familles.
Un peu partout dans la ville, on voit des panneaux ou des banderoles avec des variations sur un seul thème : « SOS, we need help, aidez-nous ». Oxfam-Québec concentre ses actions de distribution, d’accès à l’eau et de construction de latrines sur ces camps improvisés, qui regroupent de plus petites communautés, sont dispersés, mais pour ces mêmes raisons, ne reçoivent que très peu d’aide.
Ce que j’ai vu à Delmas 62 m’a totalement ravie. Les enfants étaient regroupés à l’entrée et une femme d’Aide à l’enfance leur organisait des activités. Des matelas étaient empilés et attendait que leurs nouveaux propriétaires en disposent. Des femmes commençaient à préparer les repas (Oxfam-Québec distribue des kits de cuisine comprenant des casseroles, ustensiles, etc). Les infirmières, dont Claudette, qui travaille pour Oxfam-Québec, donnaient des premiers soins dans l’espace de clinique aménagé. Les latrines étaient terminées et fonctionnelles, la citerne d’eau aussi et des hommes et des femmes se relayaient pour remplir leurs seaux. Le comité citoyen qui représente la population du camp est très jeune et très dynamique. Un des responsables avait presque fini ses études d’ingénieur… mais l’université n’existe plus. J’ai senti beaucoup de calme et de sérénité dans ce camp. De l’espoir, beaucoup, que les choses sont encore possible, sur ce terrain privé que le propriétaire a ouvert à la communauté.



Ensuite, nous partons vers l’aéroport, ou des personnes participant au programme de cash-for-work assemblent des kits d’hygiène et de cuisine (savon, serviettes, shampoing, serviettes hygiéniques, assiettes et j’en passe). Les couleurs sont éclatantes, les gens travaillent dans un climat de franche camaraderie règne. Félix et Yanni de TVA sont toujours avec nous, et retourne ensuite à leur hôtel, monter le reportage qui sera diffusé un peu plus tard.
Entre temps, c’est Associated Press qui m’interviewe au sujet des camps de réfugiés et de nos recommandations et actions en prévision de la saison des pluies qui commence dans un mois.
Le temps de rentrer au bureau, Radio France Internationale veut faire le point sur la situation, mais la connexion Skype est vraiment trop mauvaise, nous réessayerons demain. Ensuite, c’est ABC Télévision qui nous donne rendez-vous au golf Club à 15h. Nous sommes au rendez-vous, mais Marcel fera finalement l’entrevue à 16h45, l’équipe étant un petit peu en retard. Problèmes de voiture, chauffeur, trafic…
Cette fois-ci, la sécurité du camp nous laisse entrer sans problème et nous pouvons faire le tour. J’ai enfin des photos à partager avec vous.
Pendant l’entrevue, l’équipe d’ABC me tape dans le dos : « You guys are doing a real good job ».



Aujourd’hui, seule dans la voiture avec Aurel, un de nos chauffeur, j’ai pu discuter un peu avec lui. Il a perdu sa maison, deux de ses cousines et sa sœur. Sa petite fille de 10 ans est soignée à l’hôpital militaire : elle a les jambes et les bras cassés. Je pense qu’une des tablettes de chocolat que j’ai apportée pour remonter le moral des troupes va prendre le chemin de l’hôpital militaire.
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Justine Lesage, agente communication - relations médias d’Oxfam-Québec, est en Haïti. Suivez son blogue pour en savoir plus sur le travail d’Oxfam suite au tremblement de terre dévastateur du 12 janvier.
Ton billet respire l’espoir et le renouveau.
Ça fait du bien ! Merci de partager ton quotidien avec nous.
Wow, ça bouge ! Les Haïtiens que tu nous présentes ne correspondent pas du tout aux préjugés que certains essaient de propager sur eux. Quand je te lis, je sens le dynamisme des gens que tu côtoies. Leur énergie se propage jusqu’à Montréal ! Bravo ! Super intéressant de te lire !