Poser des questions pour en savoir plus !

Chaque semaine, je reçois un rapport des actions d’Oxfam-Québec en Haïti. Le dernier que j’ai lu est daté du 25 juin. J’y ai appris que certains des sinistrés installés sur des sites où Oxfam-Québec intervient sont présentement confrontés à un problème de délogement car les propriétaires des terrains où sont ces camps veulent les récupérer. Nos équipes épaulent les sinistrés touchés par cette situation afin d’obtenir un délai d’expulsion et trouver des solutions alternatives de relocalisation.

J’y ai aussi lu que nos activités en approvisionnement en eau potable se poursuivent tout comme celles en assainissement et en santé publique. Tout est là, nombres, lieux, détails. Malgré tout, il me manquait quelque chose afin de satisfaire mon besoin de savoir si oui ou non nos actions en Haïti faisaient vraiment une différence. J’ai donc profité d’une rencontre avec Jean-Pierre Chicoine, coordonnateur du programme humanitaire en Haïti – il m’aide à évaluer la possibilité d’organiser une mission là-bas en septembre prochain – pour qu’il me donne des exemples concrets d’histoires positives.

Toujours avec sa verve habituelle, Jean-Pierre m’a expliqué que le travail accompli par Oxfam-Québec depuis deux ou trois ans en sécurité alimentaire à Jacmel, Léogâne, Mirebalais et Miragouane a concrètement contribué à soutenir la population touchée par le séisme. « Pendant l’urgence, nos équipes en place ont misé sur des liens entre les agriculteurs de ces villes et la population dévastée. Au lieu d’exporter des produits d’ailleurs pour nourrir la population, Oxfam-Québec a acheté les produits locaux pour les redistribuer. Cette façon de faire a eu deux impacts positifs : le premier sur la population qui recevait la nourriture (bananes, haricots, pois de terre, beurre d’arachide, cassaves (galettes de manioc), igname, etc.) et la seconde, sur les agriculteurs capables de vendre leurs récoltes et de recapitaliser rapidement leurs avoirs.

De plus, puisque nous sommes actifs dans la région de Léogâne et de Jacmel, nous avons aussi fourni aux « familles d’accueil » (suite au tremblement de terre, beaucoup de personnes ont quitté Port-au-Prince afin de rejoindre famille et amis vivant en périphérie) de la nourriture locale afin qu’elles puissent soutenir leurs proches. En Haïti, avoir 10 nouvelles bouches à nourrir, c’est un défi énorme !

Et ça ne s’arrête pas là, le projet de relance alimentaire de Parpanassa a permis l’achat de 600 000 $ US de denrées alimentaires locales qui ont ensuite été distribuées à l’intérieur de 10 000 trousses pouvant soutenir les besoins d’une famille de cinq personnes durant deux semaines. »

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Nous avons fait appel à la communauté locale grâce au programme "Cash for work" pour la préparation de trousses.
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La préparation des 10 000 trousses à nécessité un soutien important de la part de nos troupes.
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Avant de distribuer l'eau potable, nous nous assurons de sa qualité.

Ça c’est pour le volet approvisionnement de nourriture, mais qu’en est-il de l’assainissement et des problèmes d’insalubrité ? Eh bien, dès cette semaine, un membre de notre équipe béninoise, Parfait GBOKEBE, arrive en Haïti afin de soutenir l’équipe locale dans la mise en place d’un projet en gestion des déchets solides et ménagers (PGDSM).

« Oxfam-Québec grâce à ce projet développé à Cotonou, a développé une importante expertise en gestion des déchets. Nous allons maintenant l’exporter en Haïti où les besoins sont criants ! La population confinée dans les camps doit faire face à des situations d’insalubrité importantes. Il n’y a pas de camion qui passe le mardi matin pour ramasser les déchets déposés devant la porte de la tente qui sert d’abris. Non, les déchets sont pêle-mêle, un peu partout. Nous avons installé des poubelles près des latrines, mais elles ne suffisent pas à la tâche.

Il faut faire plus pour éviter des situations passibles d’avoir des répercussions sur la santé de la population. En attendant la mise en place du projet PGDSM, nous avons formé des comités de mobilisés en santé publique. Les mobilisatrices et les mobilisateurs qui choisissent de faire partie d’une de ces équipes reçoivent une formation de quelques jours sur les mesures d’hygiène de base (lavage des mains, protection de l’eau potable, nettoyage de plaies, alertes sur les maladies hydriques etc.).

Ces formations sont offertes par notre équipe en santé publique. Celle-ci est composée de huit personnes dont deux médecins. À ce jour, 25 000 personnes ont bénéficié du travail des équipes de mobilisation. Notre objectif est de 50 000 personnes avant la fin de l’année 2010. »

La reconstruction d’Haïti, ça passe aussi par la mise en place de structures solides pouvant avoir une durée dans le temps. Investir pour développer les capacités des femmes productrices de beurre d’arachides, investir pour mettre en place un système de collecte de déchets adéquat, investir pour que les gens s’investissent à leur tour et sensibilise leurs proches à l’importance de l’hygiène, voilà quelques unes des actions d’Oxfam-Québec en Haïti.

J’ai su aussi que nous travaillons présentement avec les autres membres de la famille Oxfam actifs en Haïti afin de concerter nos efforts dans notre stratégie de reconstruction : Rebâti Lavi ! Quand j’en saurai plus, je vous en ferai part.

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Jean-Pierre Chicoine en action quelques jours après le séisme
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