Oxfam-Québec blogue en direct des sommets du G8 et du G20

  • Robin des bois, prince de la taxe financière

    Angela et Nicolas se sont mariés aujourd’hui! C’était magnifique de les voir sceller leur engagement envers la taxe sur les transactions financières, de les voir se lancer aussi solennellement dans un projet qui permettrait de changer la vie des milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté ou qui subissent les impacts des changements climatiques.

    • En huit jours, assez d’argent aurait été amassé pour permettre l’accès à l’éducation universelle aux 72 millions d’enfants qui ne fréquentent pas l’école. (10 a 15 milliards $US/an)
    • En deux semaines et demie, assez d’argent aurait été amassé pour permettre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement aux 1 milliard de personnes qui n’y ont pas accès. (30 milliards $US)
    • En quatre mois et demi, assez d’argent aurait été amassé pour régler la dette des 48 pays les plus pauvres au monde (220 milliards $US en 2007), libérant ainsi des ressources essentielles qui pourraient alors être utilisées pour embaucher plus d’enseignants et d’infirmières.
    Merkel and Sarkozy going down the aisle
    Sarkozy, Robinhood and Merkel
    Merkel and Sarkozy going down the aisle

    Cette scène caricaturale, inspirée du débat politique en cours, révèle la pertinence d’une telle initiative. La taxe Robin des bois permettrait de taxer le secteur financier, soit l’industrie la plus rentable au monde. Cette taxe est non seulement nécessaire afin que les institutions puissent faire face à leurs responsabilités suite aux impacts de la crise financière passée et qu’elles soient mieux préparées pour de futures crises, mais aussi, et surtout, elle est nécessaire afin que ces institutions contribuent, elles aussi, à construire une société plus juste et sans pauvreté. La redistribution juste et équitable des richesses, par la taxe Robin des bois, doit remplacer l'indécence des profits et des bonus et la spéculation irresponsable et risquée.

    Petite tranche de vie


    On est arrivé à 6h30 au bureau ce matin. Accompagnée d’une superbe et énergique équipe de bénévoles, l’équipe d’Oxfam International s’est affairée à préparer les derniers accessoires du stunt et à transporter le matériel (caméras, micros, Grosses têtes, pancartes, chaises et tout le tralala!). J’ai même du ressortir mes talents de couturière! Ils étaient bien enfouis!


    C’était étrange de se déplacer dans les rues désertes de Toronto jusqu’au Stanley Park. Mais bon. Après une générale, l’arrivée des journalistes, la gestion des bogues de dernière minute, nous étions prêts à passer à l’action!

  • Prise en otage et mariage mondain

    Eh oui ! Pour une fois que j'ai le temps de prendre une pause de la folie des sommets - je voulais aller faire une brassée rapide de lavage à l'hôtel parce que je n'ai plus rien à me mettre - je suis prise en otage dans les bureaux d'Oxfam Canada. À quelques coins de rue d'ici, manifestants et policiers s'affrontent.

    Je n'ai pas pris part à cette manifestation de la société civile en protestation au #g20. J'étais connectée au bureau, relayant les photos et les infos de mes collègues qui marchaient. J'ai vécu la manif via Twitter, version 2.0. Petite déception, peu de twitteux francophones.

    Évidemment, Oxfam condamne toute forme de violence dans ce genre d'événements. D'ailleurs, d'après l'info dont je dispose en ce moment, tous mes collègues ont quitté le cortège avant que la situation ne dégénère. Justine est de retour au centre des médias, après avoir été trempée. Maude a pris des photos de la manifestation, je l'aiderai à les mettre en ligne sur Flickr dès qu'on se retrouve.

    En attendant de pouvoir bouger d'ici, j'en profite pour vous annoncer que demain, M. Sarkozy et Mme merkel uniront leurs destinées en signe de soutien à une taxe financière mondiale. Voici leur faire-part :

    Merci à notre funky Marie-Claude qui nous a dépannées lorsque le graphiste qui devait produire le faire-part s'est désisté à la dernière minute ! C'est un rendez-vous demain matin au Stanley Park pour notre troisième stunt médiatique avec les Grosses têtes des dirigeants du G8 auxquelles se joindront les membres du G20.

  • Tranquille? Toronto?

    Les choses continuent de se mettre en place à Toronto! La fébrilité est palpable dans les rues, le nombre de policiers et d’agents de sécurité est vraiment impressionnant. Ça reste malgré tout plutôt tranquille autour de moi. Nous ne sommes que quelques-uns au quartier général d’Oxfam. On tient le fort! Les autres gravitent soit autour des centres médiatiques, soit préparent de superbes mobilisations à  Huntsville où le G8 se rencontre présentement. Ils devraient nous rejoindre sous peu.

    Depuis hier, et pour toute la durée des sommets,  l’équipe Oxfam se réunit très tôt le matin, dans la salle de conférence, pour préparer la journée qui débute et faire le point sur les événements de la veille : rapport sur la couverture médiatique, point sur les questions qui ont été posées par les journalistes aux membres de l’équipe, rappel des événements clé de la journée, peaufinage des messages communs, discussion sur les enjeux et les obstacles anticipés, mise en place de stratégies pour s’assurer de diffuser les messages le plus largement possible.

    Les sommets ne font que commencer et déjà nous devons faire face à plusieurs défis. Par exemple, je réalise combien il est difficile de naviguer avec deux centres des médias séparés. Il y en a un qu’on appelle « le vrai centre médiatique » et l’autre,  le centre des médias alternatifs.  Résultat, c’est tout un obstacle d’avoir accès aux journalistes qui couvrent l’événement et à l’information qui y circule. Les experts sur les enjeux liés aux sommets ont de la difficulté à se faire une place, l’information est donc difficile à porter et à être portée, tout comme la voix des populations du Sud. Par exemple, nous avons une perle avec nous ici, Dorothy Ngoma. Elle est la Directrice générale de l’Organisation nationale des infirmières et des sages-femmes du Malawi et a travaillé 32 ans en tant qu’infirmière, formatrice et défenderesse des intérêts des infirmières au Malawi. Elle est aussi membre du W8 d'Oxfam. Quand on parle de stratégies pour la santé maternelle, c’est ce genre de personne que j’ai envie d’entendre. Celles qui ne font pas que connaitre, mais qui partagent la réalité des femmes du Sud.  

    Bref, à la réunion de ce matin, nous avons discuté de la façon dont elle pourra se faire entendre.  J’espère vraiment que vous aurez la chance de la voir ou de lire ses propos dans les médias!

    Donc voilà! Bien que Toronto me semble tranquille pour l’instant, il reste qu’on sent bien que quelque chose d’important se prépare. Notre équipe est en place, tout comme d’autres équipes, la population de Toronto est à l’affût, le reste du monde ouvre grand les oreilles pour voir se qui ressortira de ces négociations si attendues.  Demain matin, première heure, l’équipe d’Oxfam sera de nouveau complète et prête pour le début du G20 à Toronto!

    Pour pouvoir mieux suivre de déroulement des prochains jours, je vous invite à aller voir les objectifs d'Oxfam pour les sommets: http://www.oxfam.org/fr/campaigns/g8g20-investissez-futur-maintenant

  • Les dirigeants du G8 se mettent à nu pour les photographes

    Ça y est ! Le premier stunt vient de se terminer. Tout s'est bien passé malgré plein d'imprévus. Je vous raconte...

    Nous sommes arrivés sur place vers 9 h. J'étais en charge de filmer le stunt. J'ai eu le temps de faire quelques entrevues avec Frida, l'organisatrice du stunt, Lina, notre directrice des politiques et deux militants qui s'apprêtaient à interpréter les Grosses têtes des dirigeants du G8. Puis, la pluie s'en est mêlée.

    Pas de la petite pluie, non, non, des averses diluviennes avec une alerte à la tornade locale en prime. Évidemment, les plans ont changé !
    Nous avons déplacé tout le monde, incluant les médias, de l'autre côté du lac (le vrai lac!) pour prendre la pose sous une pagode. Vous pouvez vous imaginez toute l'équipe qui coure partout, qui stresse et qui doit gérer les médias qui trouvent que la pagode est trop petite pour tout le monde.

    Malgré tout, les Grosses têtes ont fait une entrée remarquée, portant une robe de chambre jusqu'à la pagode...puis, devant les flashes des caméras, ils se sont mis à nu ! Parce que c'est la vérité toute nue : ils ont trahi leurs promesses envers les pauvres ! Ils ont promis de fournir 50 milliards de dollars. Cinq ans plus tard, il leur manque toujours 20 milliards. Ce ne sont pas juste des chiffres. 20 milliards de moins, ça veut dire que des femmes meurent de leur grossesse faute de soins, que des personnes souffrent de la faim, que des enfants ne peuvent pas aller à l'école, que des gens n'ont pas accès à des soins de santé adéquats.

    Je sais que vous avez hâte de voir les clichés. On les met en ligne le plus rapidement possible, restez à l'affût. On prépare aussi un clip vidéo qui sera mis en ligne sur You Tube dès que c'est prêt. 

    MAJ 1 : Les photos sont maintenant en ligne sur le compte Flickr d'Oxfam International. Voici les légendes qui accompagnent les photos. 1. Des militants d'Oxfam se mettent à nu pour dénoncer l'échec du G8 à respecter ses promesses. 2. Des militants d'Oxfam prennent la pose tout près des lieux du Sommet, où la santé maternelle est à l'agenda. 3. Des militants d'Oxfam costumés en dirigeants du G8 se mettent à nu pour illustrer la cause des milliers de femmes qui meurent chaque jour à cause de leur grossesse.

    MAJ 2 : La vidéo du stunt médiatique d'hier portant sur la santé maternelle est en ligne.

    See video
    Oxfam G8 'Big Heads' -  Hunstville, Canada, June 24, 2010
    Oxfam G8 'Big Heads' -  Hunstville, Canada, June 24, 2010
    Oxfam G8 'Big Heads' -  Hunstville, Canada, June 24, 2010

    Quelques anecdotes liées au stunt :

    • Hier soir, à l'hôtel, Victoria (Oxfam Canada) s'étonne de voir un homme nu se rendre vers la piscine jusqu'à ce qu'elle réalise que c'était un de nos acteurs portant son costume de Grosses têtes se rendant à la générale !
    • Juste avant le stunt, Justine couraient de tous les côtés pour réunir les journalistes et finaliser les plans. Ce qui devait arriver arriva, elle est tombée sur le plancher mouillé, cassant son parapluie et s'égratignant le bras. Mais, plus de peur que de mal, elle a conservé son sourire !

  • Préparatifs et nuit torride

    Aujourd’hui, l’équipe d’Oxfam internationale est complète. Nous avons marqué le coup avec une première et longue réunion d’équipe.

    Faire tous ensemble le tour de l’agenda : demain matin, une prise de photo des Grosses têtes Sarkozy et Merkel pour préparer l’événement de dimanche. Chut ! Je n’en dirais pas plus ! Ensuite, entrainement et dernier tour des dossiers avec les porte-parole (il faut être prêt à tout), puis aller chercher nos accréditations pour le centre des médias. À midi demain, le centre des médias ouvre. Les équipes seront séparées en trois. Une qui est accrédité dans le centre des médias officiels, une autre dans le centre des médias alternatifs, et enfin une troisième qui lève les voiles en direction de Huntsville. Je serais de cette dernière, avec Marisa.

    Nous faisons ensuite le point sur la logistique et la sécurité, et avec les mesures mises en place pour ce sommet, on ne fait pas le tour en 5 minutes !
    Nous avons tous nos instructions très claires. Et ce qui reste constant pour Oxfam, c’est la participation non-violente à des événements non-violents. Notre démarche est claire.

    Ensuite, c’est la phase plus complexe du tour de table des experts qui nous décortiquent les promesses des G8 passés, les promesses non respectées, pourquoi, comment, les engagements à prendre, les calculs, la finance, les enjeux de la sécurité alimentaire, de l’agriculture, de l’adaptation aux changements climatiques… C’est dense, c’est complexe, et on est quand même bien content de les avoir sous la main, ces experts, ce sera eux qui rentreront dans les détails quand viendra le temps.

    Nous avons ensuite tous été souper, bonne chose pour mieux connaître les personnes avec qui nous allons partager notre quotidien pendant les prochains jours. C’est mon deuxième G8, pour ma part, je suis bien contente de retrouver des figures familières : Sébastien, Takumo, Farida, Max et tous les autres.

    Là, je mets fin à ce premier billet sur le toit de l’hôtel, avec un frisson d’impatience à l’idée de la nuit qui m’attends en compagnie de Nicolas Sarkozy. Non je ne fantasme pas : sa Grosse tête et celle d’Angela Merkel sont dans la chambre que je partage avec Maude.

    Attention : je suis somnambule…

  • G8/G20, c'est parti !

    Le soleil brille à Toronto ! Ça fait à peine quelques minutes que l'on vient de s'installer dans notre chambre d'hôtel et déjà, j'ai l'impression d'être envahie par l'effervescence de la semaine qui nous attend. L'équipe, tout azimut, qui a été formée pour représenter Oxfam met déjà la main à la pâte.

    Traduction de communiqués, échanges de courriels, prise de contact avec les médias, organisation de stunts, discussions sur les enjeux que l'on souhaite, ou plutôt, qui doivent être discutés lors des sommets.

    Bientôt, nous serons emportées par une vague de travail, de rencontres et d'activités, mais il ne faudra pas perdre de vue le sens de notre présence ici : se faire la voix des populations défavorisées de la planète qui, chaque jour, font face avec courage à la faim, à la mort, à la vie ; communiquer au public, aux dirigeants et aux médias l'urgence d'agir ; les convaincre qu'il est possible et nécessaire d'appuyer les populations du Sud dans leurs défis quotidiens et de construire avec elles un monde plus juste.

    Ça fait une drôle d'impression de savoir que dans quelques jours les personnes ayant le plus grand pouvoir de faire bouger positivement le monde seront tout près...de savoir que de leur volonté dépend la vie de tellement de gens. Il faut réveiller cette volonté ! 

    La tâche est grande, mais de voir mes collègues déjà ardemment au travail, et bien, ça me remplit de confiance et d'énergie !

  • Les impacts du G20 sur la population locale selon Adam Vaughan, conseiller municipal de l'arrondissement Trinity-Spadina

    Toujours à la suite de l'atelier Politics of the G8/G20, Stéphanie Thibodeau et Nadia Lafrenière analysent maintenant les propos du second panéliste. 

    Le second panéliste, Adam Vaughan, a pour sa part largement dénoncé le G20, considéré par lui comme irrationnel vu ses conséquences qu'il aura au niveau local et sur les impacts des décisions prises lors de ce sommet sur les générations futures.

    Sur le plan local, il semblait trouver aberrant – tout comme une grande partie de la population – que cette dernière soit complètement écartée de sa ville pour permettre à une vingtaine de dirigeantes et dirigeants. À titre d'exemple, il a parlé des écoles, du primaire à l'université, qui seront fermées durant le G20 (à l'exception de l'école des affaires internationales de l'Université de Toronto...) Il trouve complètement illogique de tenir le G20 dans un endroit comme Toronto où les enfants sont parmi les plus démunis alors qu'on voit toujours plus de «colonialisme international, c'est-à-dire la création de classes» toujours plus fermées.

    Au niveau du discours, il a fortement critiqué, comme les différentes délégations Oxfam et de nombreux organismes le font, que les réels enjeux ne soient pas toujours discutés : Lutte à la pauvreté, taxe Robin des bois, changements climatiques, droits des femmes – incluant l'avortement – et accès à l'emploi. En conclusion, il a lancé un appel à la résistance au G20 qui occupera les grands hôtels et dle Centre des congrès de Toronto la semaine prochaine.

    Se questionnant sur les positions réelles du politicien, nous avons posé quelques questions nous permettant d'en savoir davantage sur son parcours.

    Élevé par des parents fortement politisés et impliqués dans différents mouvements sociaux, il décida au cours de sa jeunesse de «vivre comme un anarchiste», et devint caricaturiste afin de gagner ainsi sa vie. Tranquillement, il s'intégra dans différents organismes communautaires, dont CKLN, la radio de l'Université Ryerson, où il devint journaliste ayant pour but avoué de répendre l'idéologie pro-choix, une première. Son passage vers à travers diverses organisations locales sans but lucratif et dans un projet de développement culturel au Salvador lui permit de faire son entrée à CBC, avant de se lancer en politique. Aujourd'hui qu'il est élu, il semble largement moins radical que plus tôt dans sa vie, mentionnant même que «nous n'avons pas le choix de vivre avec le marché». Il dit faire de la politique «non-idéologique», c'est-à-dire que malgré le fait qu'il ait des principes clairs, il craint de se rallier trop fermement à une idée et d'ainsi, faire des choix qui seraient irrationnels pour la communauté qu'il représente. Il ne se compare donc pas à celles et ceux qui rechercheraient la «pureté idéologique.» Vous vous demandez ce qu'il dit quand on fait référence à son passé anarchiste alors qu'il est maintenant en politique? Il croit toujours l'être, disant que l'anarchie est concentrée largement sur le local alors que les anarchistes peuvent être en accord avec le système politique lorsque ce dernier les sert...

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