Témoignages de professionnels du Princess Christian Maternity Hospital (Sierra Leone)

Soeur ColeSoeur Ivy Conteh du Princess Christ Maternity Hospital à Freetown
Dix années d’expérience au PCMH

« Nous avons rarement des cas normaux ici. La plupart sont des urgences. […] Le fait que le Sierra Leone a le taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde me rend très triste. En tant que femme, je ne pense pas qu’il soit juste qu’une femme enceinte ne survive pas à la Soeur Ivy Conteh du Princess Christ Maternity Hospital à Freetowngrossesse. J'ai donné naissance à trois de mes propres enfants et accouché d’innombrables autres. Mais j'ai vu trop de femmes et d’enfants mourir inutilement. Nous devons travailler fort pour réduire le taux de mortalité en fournissant des soins prénataux adéquats et de l’éducation […] Nous devons former des sages-femmes plus qualifiées, particulièrement dans les régions rurales, et de façon générale nous devons réduire la pauvreté. »

Soeur Ivy Conteh
Au PCMH depuis 2001 (auparavant dans les provinces).
Elle dirige la salle Eclampsia.
« L’éclampsie est une cause importante de décès chez les mères et les nouveaux-nés, mais elle est facilement traitable lorsque diagnostiquée tôt. Les soins prénataux et le suivi réduiraient de manière significative les décès liés à cette cause. »

Dr. Prince Masuba
Responsable médical au PCMH

« À mon avis, la raison pour laquelle la mortalité maternelle est si élevée en Sierra Leone est double : le manque de soins prénataux et la pauvreté de façon générale.

La plupart des femmes ne viennent pas à l'hôpital pour accoucher. Au lieu de cela, elles demeurent à la maison ou s’en remettent aux soins d'un accoucheur traditionnel. Il s’agit souvent d’une femme plus âgée de la communauté qui n'a pas de formation médicale adéquate et qui agit en tant que sage-femme. Si des complications surviennent durant l’accouchement, telles qu'une obstruction ou un saignement important, cela aura souvent pour conséquence la mort de la mère et/ou de l'enfant.

Si des soins prénataux étaient dispensés et que les femmes étaient mieux informées sur l’importance d’assister aux séances de suivi tout au long de leur grossesse, le taux de mortalité maternelle pourrait être sensiblement réduit. Plusieurs complications [...] peuvent être évitées par un suivi adéquat et les services hospitaliers.

Le gouvernement ne finance pas suffisamment l'hôpital, et celui-ci doit facturer les services qu'il dispense. Mais les gens n’ont pas les moyens de payer les honoraires, donc ils ne viennent pas. Le temps qu’ils trouvent l’argent nécessaire - en empruntant des sommes importantes dans leurs communautés -  il est souvent trop tard pour faire quoi que ce soit pour eux.

Je me sens mal, en tant que médecin, d’avoir à refuser ceux qui ne peuvent pas payer les traitements, mais je n’ai pas le choix. Parfois nous (les médecins) payons de notre propre argent les traitements des plus pauvres et des plus indigents, mais nous ne pouvons pas le faire tout le temps. »

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