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Le passé hanté
À noter : Accès Internet non disponible le 22 novembre. Le billet a toutefois été rédigé à cette date.
Aujourd’hui, nous avons visité la ville de Ouida. Située à moins d’une heure de Cotonou, elle est considérée comme étant l’une des plus propres du Bénin. Le projet de Gestion des Déchets Solides et Ménagers (PGDSM) d’Oxfam-Québec y est actif depuis quelques années, et les résultats sont excellents.
Encore une fois, les dames récupératrices nous ont ouvert les bras en chant et en danse. Nous avons eu le privilège de danser avec elle et d’avoir un entretien avec le maire de la municipalité pour discuter des suites du PGDSM.
Encore une fois, les sourires étaient partout. Nous avons terminé notre avant-midi en visitant la forêt sacré et le temple des pythons. Moi, qui adore les serpents, j’ai pu m’amuser dans cet endroit imprégné de croyances et de spiritualité. Le Voodoo étant très présent au Bénin.

Par la suite, j’ai vécu le moment le plus difficile de mon voyage. En après-midi, avec un guide, nous nous sommes rendus au musée du Fort portugais. Cet endroit raconte l’époque de la vente des esclaves à différents pays d’Europe. Cette partie tragique de l’histoire du Bénin est importante et mérite d’être à racontée. Souvent.
Si vous saviez combien j’ai eu mal lorsque j’ai vu les chaînes et les
« menottes » de métal qui étaient accrochées aux mains, aux pieds et aussi au cou des esclaves... Je ne fais pas partie des gens qui pleurent facilement. Oh, il n’y a rien de mal à pleurer, mais ça ne fait pas partie de moi, tout simplement.
Pourtant, en voyant la façon dont les esclaves étaient entassés dans les bateaux, recoquillés, démunis et étourdis, j’ai pleuré. J’ai quitté la salle pour retrouver le soleil et j’ai pleuré encore.
Pendant que j’écris ces lignes, il y a un petit espace dans mon ventre qui se tord. Je sais que je ne peux en rien changer le passé. Je sais aussi que je n’ai rien à voir avec ça, mais je suis un être humain ! Et, en ce moment même sur la planète, il y a des gens qui vivent encore des violences importantes. Pourtant, nous les oublions.
Nous faisons comme si ça ne nous regardait pas. Même lorsque nous regardons les informations, souvent, nous fermons les yeux pour éviter d’être trop aveuglé.
Je ne veux pas faire partie des gens qui disent que la vie est injuste, mais qui ne font rien pour combler ses injustices. Mes yeux sont grands ouverts et même si les larmes me les brûlent, je ne les fermerai pas.
