Crise humanitaire à Gaza

Des organismes d'aide internationale réclament un accès sans restrictions de l'aide humanitaire à Gaza.

Enfant Palestinien à Gaza
Association of International Development Agencies (AIDA)
2009-01-24

Au vu de la crise qui frappe Gaza, à la suite de l'intervention militaire israélienne, il est impératif que toutes les parties au conflit accordent immédiatement un accès sans entraves et complet de l'aide humanitaire. Les organismes internationaux se butent contre une interdiction d'accès sans précédent à Gaza depuis le 5 novembre.

Vendredi matin, un petit groupe de travailleurs humanitaires a eu la permission d'entrer à Gaza pour la première fois depuis près de trois mois. Malgré tout, l'accès humanitaire demeure incertain et doit être accordé chaque jour sans aucune restriction. Avant vendredi, seuls quelques membres du personnel médical d'urgence avaient pu entrer à Gaza.

« Le fait que certains employés d'organisations internationales aient pu entrer à Gaza hier est un pas dans la bonne direction. Toutefois, nous avons besoin d'un accès humanitaire constant, systématique et sans entraves, pour mieux venir en aide aux familles desespérées de Gaza qui ont perdu leur maison et leur commerce, et qui se heurtent à des pénuries de nourriture, de fournitures, d'argent, de soins de santé et de carburant. Il est inacceptable que le personnel d'organisations d'aide internationale doté de l'expertise nécessaire en intervention d'urgence ne jouisse pas encore d'un accès complet à Gaza, et que les points de passage ne soient pas rouverts pour la libre circulation du matériel et du personnel, tant à des fins humanitaires que commerciales », déclare Charles Clayton, président de l'Association of International Development Agencies.

Au cours des 23 jours du conflit, l'infrastructure civile de Gaza a subi des dommages graves et étendus. Selon le Bureau palestinien de la statistique, quelque 21 000 maisons ont été partiellement détruites et 4 000, complètement détruites. En outre, les écoles, hôpitaux, cliniques, réseaux de distribution d'eau et d'égouts, lignes électriques et autres services publics sont lourdement endommagés. Ils ont tous besoin de réparations.

En date du 23 janvier, plus de 8 500 personnes vivaient toujours dans des refuges temporaires comme les écoles de l'UNRWA, et beaucoup d'autres logeaient chez des membres de la famille et des amis. Selon les Nations unies, 100 000 personnes sont maintenant sans abri. Le nombre total des personnes déplacées qui ont besoin d'aide est toujours inconnu. Selon un sondage mené récemment par CARE, 86 % des répondants manquent de liquidités et la moitié d'entre eux indiquent que leur besoin le plus pressant est l'approvisionnement en nourriture. Pour s'en sortir, les familles réduisent leur consommation alimentaire. Par ailleurs, les gens n'ont pas pleinement accès aux soins de santé de base – antibiotiques, médicaments pour la fièvre, le diabète, les maladies cardiaques et l'hypertension. De jeunes enfants, dont un grand nombre souffraient de malnutrition avant le conflit, sont extrêmement vulnérables aux pénuries de nourriture, d'eau et de services de santé de base.

Tous les points de passage à Gaza doivent demeurer ouverts 24 heures par jour, pour permettre d'y acheminer : des pièces de rechange et du carburant pour la centrale électrique, les hôpitaux et les installations de traitement de l'eau et d'épuration des eaux usées, ainsi que des tonnes de ciment, de sable et d'autres matériaux de construction pour rebâtir les écoles, hôpitaux, cliniques et maisons détruits. À l'heure actuelle, quelque 120 à 125 camions entrent dans Gaza chaque jour par le point de passage de Kerem Shalom. Seul le poste de Karni est doté de la technologie et de la capacité nécessaires pour aider à répondre aux immenses besoins de la population gazane. 

Gaza a besoin d'une intervention humanitaire à grande échelle, au-delà de l'aide médicale, des soins médicaux d'urgence et des secours de base comme la nourriture et l'eau. L'accès humanitaire est terriblement inadéquat et nous exhortons toutes les parties à prendre sans délai les mesures nécessaires pour assurer l'entrée sans entraves à Gaza de l'aide humanitaire essentielle – travailleurs et produits – et l'accès rapide à ceux qui en ont besoin. Sans le matériel et les fonds adéquats, les efforts de rétablissement seront considérablement amoindris, et la population de Gaza qui, soumise à un blocus commercial depuis 19 mois, était déjà largement tributaire de l'aide internationale, y deviendra complètement tributaire.



À propos d'AIDA :

L'Association of International Development Agencies (AIDA) est un regroupement et un forum de coordination d'organisations non gouvernementales et à but non lucratif internationales (ONGI) membres qui œuvrent à la promotion du développement et de la mise en place de programmes humanitaires adéquats dans les territoires palestiniens occupés. AIDA appuie l'autodéveloppement de la population palestinienne, en fournissant à ses ONGI membres un mécanisme de collaboration. Elle s'attache principalement à mettre en réseau la communauté d'aide au développement et des secours d'urgence, à faciliter l'échange d'information, et à promouvoir la défense des droits, la sécurité et la formation.

AIDA compte 75 membres.

Pour plus d’information, veuillez contacter : 

Charles Clayton à +972 (0) 54 7749 503 ou +972 (0) 2 628 1793

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