Journée mondiale de l'eau - Lettre de Nathalie Turcotte, coopérante volontaire de retour du Niger

L’eau qui se fait rare !

2009-03-22

Au Niger, comme dans plusieurs autres pays du Sahel en majorité désertique, l’eau se fait rare. La saison annuelle des pluies est très courte mais très intense, juste le temps de planter les semences et d’espérer les récolter. Le reste de l’année, les agriculteurs ne bénéficient pas de l’eau de pluie. L’approvisionnement en eau se fait très difficilement. Il n’est pas rare que des paysans (et plus souvent des paysannes) parcours des distances de 5 à 10 km pour en recueillir quelques seaux, quantité que les femmes utiliseront pour toutes les corvées avec la plus grande précaution pour ne pas faire de gaspillage et pour en avoir toute la journée.

La saison annuelle des pluies se fait attendre avec impatience pour les agriculteurs qui ont planté leurs semis, vers le début du mois de mai. Si la saison s’annonce trop tard, cela peut avoir des répercutions dramatiques sur les récoltes, dites de subsistance puisqu’elles sont essentiellement destinées à nourrir leur famille. Lorsqu’on dit que les greniers sont vides à l’approche d’une saison des pluies cela veut dire qu’il est grand temps que la pluie vienne puisque les familles n’ont plus de réserves. À cette  étape là, ils doivent souvent vendre le bétail qu’ils possèdent, la plupart du temps à perte, afin de se nourrir en attendant les prochaines récoltes.

Pour trouver des solutions durables à ce problème, Oxfam-Québec contribue, par exemple, à la mise en place d’un projet, à Dosso et Tillabéry, avec l’ONG Mooriben. Ce projet vise à rendre accessible aux paysannes et aux paysans de nouvelles technologies d’irrigation. La technologie du « goutte à goutte » permet ainsi d’irriguer les terres régulièrement et de manière permanente.

De cette façon, il est possible de diversifier les récoltes et de produire toute l’année des cultures maraîchères qui contribueront à améliorer la santé nutritionnelle des jeunes enfants et des femmes enceintes, principales cibles des crises alimentaires répétitives et de la malnutrition.

En cette Journée mondiale de l’eau, je suis fière de pouvoir partager mon expérience avec vous, cette goutte d’eau à laquelle j’ai contribué et qui a changé concrètement le quotidien de ces femmes et de ces hommes que j’ai côtoyés pendant deux ans.

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