Quatre mesures essentielles au «nouvel ordre mondial» du G20
Les dirigeants politiques du G20 devront, au cours des prochains mois, mettre en œuvre quatre mesures concrètes afin de démontrer que le nouvel ordre mondial qu’ils promettent verra le jour, selon Oxfam.
Il est urgent qu’ils agissent pour faire en sorte que leur plan de sauvetage aide vraiment les pays en développement, qu’ils prennent des mesures sévères contre les paradis fiscaux et qu’ils accélèrent la mise en œuvre des réformes du FMI (Fonds monétaire international) et de la Banque mondiale, affirme Oxfam, qui a publié une première analyse du sommet de Londres intitulée Que s’est-il passé au sommet du G20 ? (What Happened at the G20 ?)(Disponible en anglais seulement).
Dans son analyse, Oxfam se demande quelle part des 50 milliards promis aux pays en développement constituera réellement du financement additionnel. Les fonds distribués par les Banques multilatérales de développement, en particulier, pourraient provenir de budgets d’aide préexistants.
Selon Oxfam, les quatre mesures essentielles à un nouvel ordre mondial sont :
- La fin des conditions nuisibles qu’impose le FMI aux pays en difficulté auxquels il octroie des fonds ;
- Des réformes accélérées de la Banque mondiale et du FMI qui accorderaient la parité des voix entre pays développés, pays en développement et pays émergents. En premier lieu, les États-Unis devraient renoncer à leur droit de veto, et les pays européens, à des sièges aux conseils d’administration des deux institutions ;
- L’engagement immédiat des chefs des pays membres du G20 de parvenir à un accord sur les changements climatiques – en décembre, il sera trop tard ;
- Une entente multilatérale exigeant que les paradis fiscaux dévoilent automatiquement leur information financière aux pays en développement.
Duncan Green, un porte-parole d’Oxfam, a déclaré : « Le G20 pourrait marquer un tournant historique, mais on a trop souvent été témoin de tels sommets pour prendre les déclarations des pays riches au pied de la lettre. Les chefs d’État doivent appliquer des mesures décisives pour faire de leurs discours à propos d’un nouvel ordre mondial une réalité.
Cela se traduit entre autres par la fin des conditions nuisibles que l’on impose aux pays pauvres qui demandent l’aide du FMI. Si le prix à payer pour obtenir son aide est la fermeture d’écoles et de cliniques, alors le remède financier qu’offre le G20 aggravera l’état de santé du patient au lieu de l’améliorer.
Cela signifie aussi qu’il faut s’attaquer aux changements climatiques. Ce serait une tragédie si, après avoir bénéficié d’un sauvetage financier, l’économie mondiale et les millions de personnes pauvres les plus à risque devenaient rapidement les victimes de ces changements climatiques. »





