Le financement de l'adaptation aux changements climatiques est l'occasion pour le Canada de se distinguer à Copenhague
OTTAWA – Aujourd’hui, plusieurs agences de développement international ont présenté une pétition signée par des Canadiens de partout au pays, pressant le gouvernement fédéral de négocier à Copenhague une entente sur le climat juste et ambitieuse, qui assurerait un financement durable aux pays en développement afin que ceux-ci puissent s’adapter aux changements climatiques.
« Si le Canada n’est pas prêt à fixer des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre pour arrêter les changements climatiques, il doit au moins prendre les devants pour financer l’adaptation aux changements climatiques déjà apparents dans les pays vulnérables, changements causés par notre pollution », affirme Mark Fried, coordonnateur des politiques d’Oxfam Canada.
Selon les agences, assumer sa part du financement global serait l’occasion pour le Canada de changer de manière significative la vie des populations qui souffrent le plus des impacts des changements climatiques.
Les objectifs de réduction de gaz à effet de serre et le financement de l’adaptation aux changements climatiques et du développement écoresponsable dans les pays vulnérables sont les deux enjeux importants du sommet de Copenhague. Le financement de l’adaptation aux changements climatiques aiderait les communautés pauvres à se préparer aux catastrophes liées au climat, à pratiquer une agriculture résistante à la sécheresse, à construire des infrastructures telles des digues, et à mettre en place d’autres projets ayant pour but de se protéger.
« On ne peut nier le fait que les pays les plus pauvres subissent déjà les impacts des changements climatiques. Dans ces pays, des milliards de personnes vulnérables vivent déjà dans la pauvreté », déclare Gerry Barr, président et chef de la direction du Conseil canadien pour la coopération internationale. « Il est aussi indéniable que les pays les plus riches, comme le Canada, portent la responsabilité de s’attaquer à cette crise mondiale. »
Des chercheurs prévoient que la hausse des températures de la planète s’accompagnera d’une augmentation de 50 pour cent du nombre de personnes touchées par des catastrophes liées au climat, comme les sécheresses et les inondations. Ce nombre pourrait dépasser les 375 millions d’ici 2015 seulement.
« Les pays les plus pauvres ne sont responsables que de 7 % pour cent des émissions globales. Pourtant, des 262 millions de personnes affectées chaque année par les catastrophes climatiques, 98 % vivent au Sud, déclare Laure Waridel, membre du Conseil d’administration d’Oxfam-Québec. Les pays du Nord, y compris le Canada, doivent reconnaître leur responsabilité et financer adéquatement l’adaptation du Sud aux changements climatiques. Nous comptons sur le Canada pour prendre des engagements fermes à cet égard d’ici Copenhague. Ce n’est pas une question de charité, mais bien de justice. »
« Un échec à Copenhague entraînerait une diminution de l’espérance de vie des femmes vivant dans la pauvreté, en plus de nuire à leurs conditions », ajoute Mark Fried. « En appuyant les propositions des pays en développement pour financer l’adaptation aux changements climatiques, le Canada favoriserait la conclusion d’une entente internationale juste et ambitieuse. »
On pourrait amasser des fonds au moyen d’un système fédéral de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre. Dans un nouveau rapport d’Oxfam et de l’Institut Pembina, on peut lire qu’il suffirait de moins de 10 pour cent de la valeur totale des droits d’émission pour récolter les fonds nécessaires.
« Au cours des neuf derniers mois, nous avons recueilli plus de 53 500 signatures, ce qui démontre que les Canadiens comprennent l’urgence d’agir en appui aux personnes les plus affectées » déclare Brian Barton, président de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). « Au Québec, par exemple, en novembre dernier, plus de 200 activités ont été organisées dans 13 régions pendant 10 jours autour des impacts humains des changements climatiques au Sud. Cet engouement souligne l’importance de cette question pour la population québécoise ».
« Nous devons agir dès maintenant : plus de personnes meurent à chaque instant qui passe », ajoute-t-il.
| Karen Palmer (anglais) Oxfam Canada 613-240-3047 |
Justine Lesage (français) Oxfam-Québec 514-513-0013 |





