L’ONG réagit au renouvellement de l’opération de maintien de la paix

« On a encore besoin de chacun des casques bleus déployés au Congo » déclare Oxfam

Vivre dans le conflit est une dure réalité pour ces femmes de l'Est de la République démocratique du Congo.
Vivre dans le conflit est une dure réalité pour ces femmes de l'Est de la République démocratique du Congo.
Oxfam

De nombreuses régions du Congo restent plongées dans l’insécurité, et la violence y constitue une menace quotidienne. La moindre réduction du nombre de casques bleus pourrait être une mauvaise nouvelle pour les Congolaises et Congolais ordinaires

Marcel Stoessel, Directeur d’Oxfam au Congo

2010-06-01

On a encore besoin de chacun des casques bleus déployés en République, a déclaré l’ONG Oxfam le 28 mai, alors que le Conseil de Sécurité des Nations unies vient de renouveler le mandat de la MONUC, l’opération de maintien de la paix des Nations unies dans ce pays.

Bien que le mandat ait été renouvelé, le format de la mission va évoluer. Jusqu’à 2000 troupes pourraient quitter le Congo d’ici au 30 juin 2010 et il est prévu que la mission passe d’une force de maintien de la paix à une force de stabilisation au 1er juillet, quand elle sera renommée MONUSCO. Les Nations unies indiquent que toute réduction de troupes supplémentaire s’effectuera sur la base de la situation sécuritaire sur le terrain.

Marcel Stoessel, Directeur d’Oxfam au Congo, a déclaré:

« De nombreuses régions du Congo restent plongées dans l’insécurité, et la violence y constitue une menace quotidienne. La moindre réduction du nombre de casques bleus pourrait être une mauvaise nouvelle pour les Congolaises et Congolais ordinaires.

« Le Congo a besoin de chacun des casques bleus qui y sont déployés, chaque paire de bottes compte. Même si nous souhaiterions qu’ils soient plus proactifs et efficaces dans leurs opérations quotidiennes, les soldats de maintien de la paix continuent de jouer un rôle important de dissuasion, notamment à l’Est du Congo. Quelques 162.000 personnes ont déjà dû quitter leur foyer depuis le début de cette année, et au cours des dernières semaines les rapports des Nations unies ont encore fait état de tueries et de viols de masse.

« Le Conseil de Sécurité doit respecter sa parole. Il doit s’assurer que toute réduction future des effectifs de maintien de la paix sera décidée en fonction de la situation sécuritaire sur le terrain, des souhaits des communautés congolaises au niveau local, ainsi que de la capacité de l’armée congolaise à protéger sa propre population civile. Selon les communautés auprès desquelles nous travaillons, des éléments de l’armée congolaise, ainsi que des milices armées, continuent d’être responsables d’un grand nombre des exactions que la population subit. Le gouvernement a pris des mesures positives pour y remédier, telle qu’une politique de « tolérance zéro » à l’égard des exactions, mais il reste encore beaucoup à faire pour réformer l’armée. »

Oxfam a également souligné que le Conseil de Sécurité des Nations unies devait développer des indicateurs clairs pour évaluer les progrès réalisés en matière de réforme de l’armée. Ceux-ci doivent inclure des procédures adéquates de sélection afin de s’assurer que les responsables de violations des droits de l’homme ne deviennent pas des commandants, des formations en matière de droits de l’homme et des garanties que les malfaiteurs dans l’armée pourront et seront effectivement traduits en justice.

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