Appui à la transformation du fromage

Depuis plus d’une douzaine d’années, Alain Lafrance et sa conjointe Monique Bouchard, sont engagés en coopération internationale. Ils oeuvrent dans le domaine de l’agro-alimentaire. Ils ont partagé leur expertise en Europe de l’Est, en Afrique et en Amérique du Sud. Ils sont récemment de retour d'Haïti où Alain a complété un mandat de coopération volontaire avec Oxfam-Québec.

En Haïti la production et le travail du lait et du fromage sont des défis de taille. En appui à la production et à la transformation du lait, M. Alain Lafrance, un coopérant volontaire d’Oxfam-Québec travaille en Haïti depuis 2007 avec le partenaire «VETERIMED» afin de réaliser un ou plusieurs types de fromages répondant au goût des Haïtiens.

Estimé autour de 500 000 à 600 000 têtes, l’élevage bovin destiné à la production laitière est assuré essentiellement par des petits et moyens éleveurs, répartis sur tout le territoire haïtien, mais principalement dans le Nord, Nord-Est, l’Artibonite, l’Ouest et le Sud. D’un potentiel de 145 000 tonnes métriques, la production actuelle de lait se situe seulement autour de 45 000 tonnes métriques. La situation présente est surtout due aux dégradations du pays survenues dans les 20 dernières années, tant au niveau structurel, routier ou électrique, et aussi à l’insécurité chronique. Un coup fatal a été porté à l’industrie lors de l’embargo de 1991, où presque toutes les laiteries ont fermé leurs portes.

Depuis 2000, VETERIMED travaille au développement de la filière lait à travers un produit connu sous le nom de « Lèt agogo ». Constitués en réseau depuis 2006, les quelques 600 éleveurs de 11 communes d’Haïti réussissent à produire entre 250 et 600 litres par jour de yaourt ou de lait de qualité respectant les normes de qualité et d’hygiène reconnues.

C’est dans cet environnement que l’action d’Alain Lafrance vient accorder un appui important en aidant le réseau à produire des fromages de qualité au goût des Haïtiens. Présentement, en Haïti le travail de fromager est un défi de taille, car réaliser un fromage du type « tête-de-maure », par exemple, avec des équipements artisanaux fabriqués sur place, n’a rien de comparable à ce qui se fait dans les fromageries au Canada.

Le fromage tête-de-Maure est un fromage rond à pâte dure, dans le genre du parmesan. Fabriqué en Hollande, il est le plus connu et le plus utilisé en Haïti, principalement en cuisine pour gratiner.

En Haïti, les laiteries de transformation et la stérilisation du lait respectent les normes et les procédures d’hygiène et déjà le travail accompli dans la transformation du lait en lait stérilisé et yogourt sous l’étiquette « Lèt Agogo » a prouvé les résultats tangibles. Bientôt la commercialisation du fromage sera un apport de plus dans la transformation du lait en Haïti.

Un bel exemple de solidarité à la québécoise
Dans tous ces projets, de nombreuses personnes ou organismes offrent des contributions, sans lesquelles, parfois, le travail serait plus difficile à effectuer. Ces contributions ont permis de faire progresser plus rapidement le bon développement du projet fromage en Haïti. Par exemple, les moules à fromage ont été fournis par le Supermarché IGA de Coaticook, alors que les pochettes de coton à fromage réalisées par les Dames du Cercle des Fermières de Sherbrooke. Plusieurs ont contribué à l’élaboration du fromage haïtien par leur conseils, entre autres la famille Routhier-Bolduc de la Fromagerie La Station de Compton, Marie-Chantal Houde, consultante fromagère, et Patrick Tirard Collet, formateur fromager à l’Institut de Technologie Agroalimentaire de St-Hyacinthe. Finalement, la Compagnie FROMAGEX de Rimouski a donné gracieusement tous les ingrédients, ferment, présure et autres compositions entrant dans la fabrication du fromage pour transformer 2000 litres de lait.

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