Claudette Surpris, infirmière, Haïti

Voler au secours de ses compatriotes.

Claudette SurprisClaudette Surpris est née à Port-au-Prince. Elle a grandi paisiblement et simplement en compagnie de ses cinq frères et soeurs. « Mon enfance a été heureuse et choyée ». Au terme de ses études primaires et secondaires, elle vient au Canada afin d’y faire ses études postsecondaires. Après l’obtention de son diplôme d’études collégiales en « nursing » à Ottawa, elle poursuit ses études au baccalauréat en soins infirmiers à l’Université du Québec en Outaouais. Elle exerce sa profession d’infirmière depuis déjà 28 ans.

« J’ai travaillé en oncologie et en soins palliatifs, pour ensuite trouver ma place dans les soins à domicile. J’aime avoir un contact privilégié et, surtout, personnalisé avec mes patientes et mes patients. C’est ce que me permet la prestation des soins à domicile. Je fais aussi de la supervision clinique dans un CLSC. »

Claudette est une femme de coeur. Lorsque la télévision commence à diffuser des images du séisme, elle veut s’investir et faire une différence. Elle est prête à organiser des collectes de fonds, à répondre au téléphone, peu importe ! Elle veut soutenir ses compatriotes. Elle communique donc avec Oxfam-Québec pour lui offrir ses services.

Les besoins à Port-au-Prince sont criants, et Oxfam-Québec veut envoyer des volontaires pour épauler l’équipe sur le terrain. On demande à Claudette si elle se sent apte à aller en Haïti.

« C’était ma première expérience à titre de coopérante. J’ai toujours pensé que j’attendrais l’heure de la retraite avant de m’investir de la sorte. J’ai dit oui sans savoir dans quoi je m’embarquais. J’étais consciente d’une seule chose : là-bas des gens mouraient en grand nombre et les besoins en personnel médical étaient énormes. Je ressentais l’obligation de faire ma part et d’être avec les miens. Je leur devais, en plus d’un soutien moral et financier, mon apport professionnel. »

Le rôle confié à Claudette est simple : trouver du matériel médical afin de desservir les camps pris en charge par Oxfam-Québec. Claudette visite plusieurs camps, fait la liste des besoins, trouve le matériel nécessaire et retourne le distribuer. Chaque jour, elle visite les camps. Chaque jour, elle côtoie des enfants souffrant de carences alimentaires, des blessés, des diabétiques et des personnes aux prises avec de graves problèmes d’anxiété. Chaque jour, elle fait de son mieux pour les aider et appuyer le travail des autres personnes qui, comme elle, cherchent à faire plus avec moins que rien.

Elle ne peut être partout à la fois, et c’est pourquoi elle s’investit plus particulièrement au camp 62. Celui-ci est tenu à bout de bras par Rosie, une jeune finissante en soins infirmiers. Rosie est haïtienne et habitait le quartier désormais ravagé. Elle s’est portée volontaire pour aider les victimes. Elle fait un excellent travail, mais la tâche est colossale !

« Avec le recul, je crois que ma présence a un eu un impact. Cinq camps et quelques hôpitaux ont obtenu du matériel qu’ils auraient eu de la difficulté à avoir sans mon concours. Mais quand j’étais là-bas, j’avais l’impression de n’être qu’une goutte d’eau dans un océan de catastrophes. J’ai aidé Rosie à mettre sur pied une clinique ouverte avec une bâche, des chaises et une table… Les malades venaient ainsi à nous, ce qui facilitait notre travail. Je me suis également rendue à quelques reprises au chevet de personnes incapables de se déplacer. »

Claudette est revenue au Québec. Elle a repris son travail au CLSC. Elle espère pouvoir un jour retourner en Haïti pour poursuivre le travail amorcé, mais elle sait que d’autres personnes ont pris la relève. « Je tiens à rendre hommage à mes collègues de travail qui m’ont soutenue, et ce, au-delà de mes espérances, afin que je puisse aller en Haïti. »

Claudette termine en affirmant avoir reçu autant qu’elle a donné. Elle soutient que l’équipe sur le terrain est composée d’êtres extraordinaires.

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