Cinq ans d’illégalité

dans
L’heure est venue de démanteler le Mur et de respecter les droits des Palestiniens.
Date de publication : 
juillet 2009
Contenu : 

Dans un avis consultatif rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice déclarait illégale l’édification par Israël du Mur dans le Territoire palestinien occupé et appelait à son démantèlement immédiat. Cinq ans plus tard, cet avis reste lettre morte : Israël poursuit la construction du Mur et la communauté internationale reste impassible. Une situation qu’Oxfam International tient à rappeler dans un recueil de témoignages paru aujourd’hui.

Dans cette publication, Cinq ans d’illégalité, Oxfam International donne la parole à une vingtaine de Palestiniens et de Palestiniennes confrontés chaque jour au Mur, à son « régime associé » (confiscations de terres, systèmes de permis, etc.) et à l’extension des colonies.

Des conséquences tragiques
Paysans séparés de leurs champs, ouvriers privés de permis de circuler, femmes enceintes ne pouvant se rendre à l’hôpital, villages souffrant d’un accès insuffisant à l’eau… Les problèmes sont nombreux. L’ONU estime par exemple que dans le Nord de la Cisjordanie, 80% des Palestiniens qui ont des terres de l’autre côté du Mur n’obtiennent pas de permis de la part des autorités israéliennes, et sont donc dans l’impossibilité de cultiver leurs champs. Une situation que l’on retrouve dans d’autres parties de la Cisjordanie.

« Avant la construction du Mur, ma coopérative récoltait 3 000 tonnes d’olives, explique Youssef Salim, oléiculteur de Beit Jala, au sud de Jérusalem. À présent, nous n’en avons plus qu’entre 500 et 1 000 tonnes selon les années. Moi même, j’ai 1,8 hectare d’oliviers isolés derrière le Mur. Cela fait des années que je ne peux m’en occuper car il est interdit de se rendre dans cette zone. »

Le droit doit triompher
« Chaque jour, Oxfam International et ses partenaires locaux font face aux conséquences tragiques du Mur, des permis et des check-points, explique Jeremy Hobbs, directeur exécutif d’Oxfam International. « Depuis la construction du Mur et la mise en place de son régime associé, la paupérisation des communautés et le ‘dé-développement’ sautent aux yeux en Cisjordanie. L’édification du Mur se poursuit, bien au-delà de la Ligne verte, et prive les Palestiniens de leurs moyens de subsistance et de leur accès aux services de base. Qu’Israël veuille assurer la sécurité de ses citoyens est légitime, mais cette sécurité ne peut en aucune façon s’obtenir au détriment du droit international humanitaire. En tant que puissance occupante, Israël a l’obligation de garantir les droits fondamentaux des Palestiniens. »

Oxfam International appelle donc la communauté internationale à mettre sur le tapis la question du Mur en territoire occupé et son régime associé, la colonisation, la confiscation et le contrôle des ressources naturelles (comme la terre et l’eau) qui modifient de facto la composition démographique des territoires occupés et violent le droit international humanitaire.

« Depuis cinq ans, la communauté internationale et les dirigeants israéliens restent sourds aux appels lancés par l’Assemblée générale des Nations Unies et refusent de se plier à l’avis de la Cour internationale de justice. Cette inaction envoie un bien mauvais signal : celui que le droit international peut être bafoué impunément. Pour le bien de tous, Palestiniens comme Israéliens, il est temps que le droit triomphe. Sans cela, il sera bien difficile d’avancer vers une paix juste, négociée et durable au Moyen-Orient », conclut Jeremy Hobbs.

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2009-07-08_MurPalestine.pdfCinq ans d’illégalité1.91 Mo
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