Entrevue avec le Frère Évariste
Par Audrey Lauzon-Laroche
Parce que l’on peut être jeune et Frère; parce que l’on peut être Africain et vivre au Japon ; c’est avec plaisir que je me suis entretenue avec le Frère Évariste Bagre, membre des Clercs de Saint-Viateur, présentement basé à Banfora au Burkina Faso.
1. Q: Depuis quand êtes-vous Clerc de Saint-Viateur ?
R: Depuis le 1er septembre 2005. J’ai fait un an de postulat aux Clercs de Saint-Viateur de Ouagadougou et je suis ensuite rentré dans la congrégation.
2. Q : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir clerc ?
R : J’ai toujours été intéressé par le travail avec les jeunes défavorisés. Dès le départ, on m’a donné beaucoup de responsabilités et je me suis senti dans mon élément. Après mes vœux, je suis devenu aumônier. Avec une équipe spécialisée dans le domaine de l’intervention sociale, j’ai accompagné des jeunes en difficultés.
3. Q : Quelle a été la réaction de votre famille, lors de l’annonce de votre choix professionnel ?
R : Ça n’a pas été facile ! Un adage africain dit que l’ânesse met bat pour reposer son dos. Ils souhaitaient voir leur enfant réussir pour qu’il puisse soutenir la famille. Mon papa voulait que je sois journaliste, car il voyait que je m’impliquais dans la radio étudiante, mais au fond de moi, je savais que c’était l’enseignement qui m’intéressait. Malgré tout, je sais que si je quittais la communauté, ils seraient contents dû à tous les scandales qui ont écorché la communauté catholique au courant des dernières années.
4. Q : Quelles sont vos fonctions au sein de l’Établissement Louis-Querbes ?
R : Officiellement, je suis éducateur pour le 2e cycle, le cycle technique qui comprend six classes. Je donne aussi le cours d’éthique dans trois classes et des cours de karaté. Le karaté c’est toute ma vie ! Officieusement, je suis un accompagnateur. Je préfère amener les élèves à faire les bons choix plutôt que de leur imposer les règles de l’établissement comme un gendarme.
5. Q : Si je vous dis Japon, quels mots vous viennent en tête ?
R : Respect – Accueil – Discipline – Travail
6. Q : Parlez-moi un peu de votre passage au Japon…
R : Lorsque je pense au Japon, je me dis que si tous les pays étaient organisés comme celui-là, le monde irait beaucoup mieux. Le Japon était l’un des pays les plus pauvres et est maintenant un des pays les plus riches, car ils ont eu le courage de prendre des décisions leur permettant d’avoir une meilleure vie.
7. Q : Quelle est votre prochaine destination voyage ?
R : Wow, c’est une grande question ! Je ne sais pas combien de temps je vais rester à Banfora, mais mon 6e sens me dit que je vais repartir. Étant responsable de la JEC, j’ai été appelé à beaucoup voyager dans le Burkina Faso, j’ai donc été dans presque toutes les villes. En Afrique, j’ai visité le Ghana et le Togo. Mais cette fois-ci, c’est l’Amérique qui m’intéresse.
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