Gaza, la vie entre guerre et blocus

Salle universitaire détruite à Gaza. Photo : Iyad Al Baba/Oxfam

Salle universitaire détruite à Gaza. Photo : Iyad Al Baba/Oxfam

Après avoir fait face à 40 des 50 jours de conflit et vécu sous le blocus de Gaza depuis 2006, Arwa Mhanna parvient miraculeusement sur le sol Québécois le 19 août dernier. Agente de communication pour Oxfam Grande Bretagne à Gaza, Arwa a le privilège de pouvoir témoigner aujourd’hui des conditions de vie auxquelles sont confrontés quotidiennement les Gazaouis sous le blocus Israélien.

Arwa a vécu les trois dernières guerres à Gaza, mais elle admet que la dernière qui a eu lieu en juillet dernier a été la plus violente. Son ampleur en termes de destructions, mais aussi de pertes civiles dépasse toutes les autres.

GAZA : 365 Km pour
1,8 million de personnes

50 jours de guerre :

  • Environ 20 000 maisons détruites,
  • 500 000 personnes déplacées pendant la guerre,
  • 17 centres de santé détruits (hôpitaux, cliniques),
  • Plus de 11 000 blessés dont la majorité sont des civils, des femmes et des enfants,
  • Des écoles, des usines, la seule centrale électrique de Gaza sont également tombés sous les bombardements.

Un pays entier à reconstruire!

Comment quitter Gaza?
Arwa et son mari ont obtenu leurs visas pour le Canada au moment où la guerre éclatait. Comment quitter Gaza?
Entre le danger des bombardements et la fermeture des frontières, la question se posait. C’est au 40ème jour du conflit, à l’occasion d’un premier cessez-le-feu qu’Arwa a appris que l’Égypte avait ouvert sa frontière pour 48h. Elle et son mari ont donc décidé de faire leurs valises sur le champ et de tenter leur chance. Ils y sont parvenus et ont pu se procurer leur billet d’avion. Ils ont pu atterrir à Montréal, laissant derrière eux leur famille à Gaza

 

Un cessez-le-feu a mis fin aux violences depuis le 26 août. Mais comment reconstruire un pays qui vit sous le blocus Israélien depuis huit ans?

La vie à Gaza sous le blocus, c’est :

  • La privation de liberté de circulat ion: Il n’y a que deux façons de pouvoir quitter Gaza : la frontière avec Israël ne laisse passer que quelques malades dont le traitement n’est pas accessible à Gaza. Cela peut se faire sous réserve d’un processus administratif très difficile. La frontière avec l’Égypte est quant à elle ouverte en moyenne 1 jour tous les 45 jours. C’est quasiment impossible de rejoindre le Cisjordanie, l’autre côté du territoire palestinien, dans la mesure où il faut obtenir un permis israelien pour y parvenir.
  • Le défi de l’accès à l’eau : Par manque d’approvisionnement et d’infrastructure de traitement des eaux usées (dont beaucoup ont été détruites pendant la guerre), les Gazaouis sont contraints d’acheter leur eau potable. Ils peuvent y consacrer environ 1 tiers de leur salaire.
    Oxfam avant la guerre distribuait de l’eau à 450 000 personnes et a intensifié son intervention suite au conflit.
  • Le défi de l’accès à l’électricité : Avant la guerre, les Gazaouis vivaient avec 8h d’électricité par jour. Suite à la destruction de la seule centrale électrique pendant la guerre, c’est désormais avec tout juste 4h d’électricité par jour qu’ils doivent composer.
    Oxfam a distribué des génératrices, notamment pour les reseaux d’eau et du carburant pour les génératrices de l’hôpital Al Awda, mais cela reste insuffisant.
  • Le manque de service de santé : Sous le blocus, l’approvisionnement en médicaments et en équipements médicaux est extrêmement limité. De plus, avec la restriction de liberté de circulation, il est difficile pour les professionnels de la santé d’accéder à des formations à l’extérieur de Gaza.
  • Le manque s’infrastructures scolaires : Par difficulté d’accès aux matériaux de construction importés, il n’y a pas assez d’écoles pour toute la population. Avant la guerre, il y avait 2 sessions par jour (un premier groupe va à l’école les matins, l’autre les après-midi). Depuis la guerre, des écoles ont été détruites et d’autres réquisitionnées comme abris d’urgence. Après la guerre, les sessions de cours devront également être revues car il y a moins d’écoles. Les enfants ayant grandi dans ces conditions et ayant déjà vécu 3 guerres ont besoin de soutien psychologique.
  • Le manque de nourriture : Avec le blocus, l’accès aux terres agricoles (situées le long de la ligne frontaliere Israélienne) est limité ; la zone de pêche en mer est également très restreinte et ne permet pas aux pêcheur de s’éloigner suffisamment de la côte pour accéder aux grands bancs de poissons. La population a donc un approvisionnement alimentaire restreint.
    Oxfam distribue des coupons alimentaires pour les soutenir.

Aujourd’hui, pour faire face aux destructions massives subies au cours de la dernière guerre, les besoins sont immenses. Oxfam demande la levée totale du blocus de Gaza afin que la population puisse reconstruire les infrastructures et retrouver des conditions de vie décentes.

Venez en aide à la population civile de Gaza.