Ada Moussa, réfugiées syrienne, attend d'embarquer dans un bus avec son mari et ses 4 enfants, après avoir reçu un permis de voyage de 72 heures dans un centre de réfugiés et de migrants à Preševo, Serbie, le 4 Octobre 2015. Photo : Sam Tarling/Oxfam

La situation s’aggrave pour les réfugiés

Quand une frontière se ferme, une autre s’ouvre. C’est en tout cas ce que chaque réfugié espère. Mais ils doivent se préparer à toute éventualité. Et s’il n’y avait que des frontières fermées ? Oxfam aide les réfugiés en transit dans les Balkans à lutter contre le froid et la malnutrition.

Tandis que de plus en plus de pays européens aimeraient voir le flux de réfugiés à leurs portes se tarir, le nombre de personnes qui parviennent aux portes de l’Europe continue d’augmenter. On les retrouve dans des pays comme la Serbie, la Macédoine ou la Grèce, et l’arrivée de l’hiver devient pour eux une nouvelle menace, presque aussi grande que la guerre qu’ils fuient.

Évaluer et coordonner

Naureen Amin, coordonnateur de programme d’Oxfam pour la crise migratoire européenne en Grèce, travaille à évaluer, organiser et coordonner la situation dans les différents pays sur cette route migratoire. « Nous avons évalué la situation en détail, et nous avons pu identifier les besoins dans la région. Maintenant, nous pouvons prendre des mesures nécessaires ». Des mesures qui se divisent en trois grands programmes :

Des toilettes, de l’argent et des manteaux

  • Un programme « eau, assainissement et hygiène » : installation de sanitaires comme des toilettes et des douches dans les campements aux abords des frontières.
  • Un programme d’aide « non alimentaire » : vêtements d’hiver et des sacs de couchage chauds, dans un « kit d’hiver »
  • Un programme « aide financière » : pour permettre aux réfugiés d’acheter de la nourriture et de l’eau ou payer leur traversée en ferry ou en bus. Une rémunération pour l’entretien des installations sanitaires est également prévue.

« Se nourrir est devenu presque inabordable pour les réfugiés. Selon les vendeurs, ils se retrouvent à payer entre 2 et 5 euros pour une bouteille d’eau. Un simple sandwich peut aller jusqu’à 10 euros. C’est pourquoi nous sommes en train de mettre en place un programme de coupons alimentaires, en coordination avec des commerçants fiables, situés à proximité des campements. Une manière de garantir aux réfugiés l’accès à certains commerces où ils trouveront de la nourriture avec un vrai rapport qualité/prix. »

Kits d’hiver

Même si l’objectif final reste de trouver un endroit d’accueil stable pour ces réfugiés, il est important de veiller à ce que ceux qui sont encore en route soient en sécurité. Oxfam se concentre donc sur la mise en place d’un plan solide de réponse à la situation.

« La première étape de ce plan est la distribution de ‘kits d’hiver’ : des kits pour répondre aux besoins essentiels des réfugiés par temps froids, qui contiennent par exemple un sac de couchage chaud et un manteau épais. »

Nous allons déjà lancer une distribution de 3 000 à 4 500 kits (selon les coûts réels), un apport essentiel aux distributions d’aide  « non alimentaire » classiques. « Ces réfugiés ne peuvent pas transporter davantage d’affaires vu qu’ils sont encore en route. Nous voulons leur donner des choses qu’ils peuvent mettre sur eux ».

Les réfugiés syriens entrevoient leur avenir

Oxfam est en train de développer un plan d’aide à court comme à long terme. Pour les réfugiés syriens, le temps presse. « Le peuple syrien entrevoit clairement son objectif final : un bel avenir pour leurs enfants, ce même avenir justement qui les attendaient dans leur pays, avant que la situation là-bas ne tourne mal », explique Naureen Amin. « Ils savent où ils veulent aller et en même temps ils sont bien conscients qu’ils ont encore beaucoup d’obstacles avant d’arriver à leur destination. »

Et parmi ces obstacles, un paramètre essentiel est le nombre de pays qui décident de fermer leurs frontières. Les migrants doivent alors changer leurs itinéraires, ce qui les amènent souvent à courir plus de risques, notamment s’ils doivent faire face à des forces de l’ordre plus dures voire violentes aux frontières. Et avec l’arrivée de l’hiver, la route devient encore plus périlleuse.

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