Sans consultations: Les femmes risquent de ne pas pouvoir faire entendre leur voix quant à l’avenir de l’Afghanistan

Date de publication :  novembre 2014
Auteur-e(s) : Elizabeth Cameron et Dr Jorrit Kamminga

L’amélioration des droits des femmes a été présentée comme l’un des effets positifs les plus tangibles de l’intervention internationale en Afghanistan. Au terme de 13 années de promesses de la communauté internationale de placer les droits des femmes en haut de la liste des priorités, ces effets positifs demeurent fragiles et risquent de plus en plus de s’éroder.

Ce document revient sur les négociations de paix précédentes et analyse les succès et les échecs en matière de droits des femmes depuis 2001. 13 ans après, les femmes afghanes craignent un retour en arrière concernant leurs droits, dans un contexte politique incertain.

Alors que les pays occidentaux se désengagent partiellement de l’Afghanistan et tandis que les pourparlers de paix avec les talibans sont censés passer à la vitesse supérieure, la communauté internationale et le nouveau gouvernement afghan doivent tenir leurs promesses et inclure sans réserve les femmes dans les négociations relatives à l’avenir de l’Afghanistan.

Principales recommandations

  • Faire intervenir les femmes à tous les niveaux du processus décisionnel, dans les pourparlers de paix officiels et en dehors de tout cadre officiel, notamment en veillant à ce que les femmes puissent participer efficacement aux négociations politiques de haut niveau avec les talibans. Une assistance doit également être apportée aux négociatrices pour garantir une contribution constructive de leur part.
  • Instaurer un seuil de 30 % de femmes minimum dans tous les organes de paix du gouvernement afghan, y compris le Haut conseil de la paix, les conseils de la paix des provinces et tout autre organe créé pour les remplacer.
  • Les gouvernements et bailleurs doivent fournir des financements durables et conséquents pour la mise en oeuvre du plan national d’action. Améliorer la coordination du soutien international au niveau des bailleurs de fonds par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, en collaboration étroite avec le ministère en charge des femmes et les autres ministères concernés.
  • L’Organisation des Nations unies doit veiller à ce que tous les processus de réconciliation et de réinsertion soutenus par les Nations unies soient liés de façon explicite à la promotion des droits des femmes, notamment en veillant à ce que les femmes participent activement au contrôle des anciens combattants en vue de leur réinsertion dans la société. En particulier, prendre des mesures pour améliorer les liens entre les actions de consolidation de la paix menées au niveau local par la société civile et les femmes, et le programme de paix et de réintégration en Afghanistan.

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