Faim et réchauffement climatique, même combat

Date de publication :  mars 2014

Dans le rapport « Faim et réchauffement climatique, même combat », Oxfam analyse dix facteurs clés qui auront une influence grandissante sur la capacité des pays à nourrir leurs populations dans un contexte de réchauffement climatique. Dans ces dix domaines, Oxfam a relevé des écarts importants entre ce que font les États et ce qu’ils devraient faire pour protéger nos systèmes alimentaires. L’étude montre en outre que, parmi les nombreux pays – riches ou pauvres – qui ne sont pas prêts à faire face à l’impact du changement climatique sur la sécurité alimentaire, les moins préparés et les plus vulnérables sont ceux qui se trouvent plus particulièrement en situation de pauvreté et d’insécurité alimentaire.

  1. Financement international de l’adaptation (score : < 1/10) :  les pays riches ont promis d’aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques, mais n’ont versé qu’environ 2 % des financements nécessaires.
  2. Irrigation des cultures (score : < 1/10) : en Californie, plus de 80 % des terres arables sont irriguées. Au Niger, au Burkina Faso et au Tchad, où les agricultrices et agriculteurs sont confrontés à des épisodes cycliques de sécheresse, ce chiffre n’atteint pas 1 %.
  3. Assurance-récolte (score : < 2/10) : dans des pays pauvres comme le Malawi, moins de 1 % des agricultrices et agriculteurs ont une assurance-récolte, contre 91 % aux États-Unis. Il leur est donc plus difficile de surmonter les chocs climatiques qui détruisent leurs récoltes.
  4. Recherche et développement agricole (score : 2/10) :  la diversité des semences dans le monde a diminué de 75 % au cours des cent dernières années, ce qui a privé les agricultrices et agriculteurs de variétés mieux adaptées aux changements des conditions météorologiques. Les pays pauvres consacrent à la R&D agricole un sixième des sommes investies par les pays riches dans ce domaine.
  5. Protection sociale (score : 3/10) : seulement 20 % de la population mondiale a accès à des programmes appropriés de protection sociale, tels que la gratuité des repas scolaires ou les transferts monétaires, lorsque les denrées alimentaires deviennent rares ou trop chères.
  6. Prévisions météorologiques (score : 3/10) : les informations fournies par les stations météorologiques permettent aux agricultrices et agriculteurs d’éviter de mauvaises récoltes. En Californie, on trouve une station tous les 2 000 km2. Au Tchad, il y en a une tous les 80 000 km², soit environ la superficie de l’Autriche.
  7. Discrimination entre les femmes et les hommes (score : 5/10) : dans les pays en développement, les femmes représentent 43 % de la main-d’œuvre agricole, mais la discrimination dont elles font l’objet limite leur capacité d’adaptation. Par exemple, possédant rarement les terres qu’elles cultivent, les femmes peuvent difficilement modifier leurs méthodes de culture pour faire face aux changements climatiques.
  8. Réserves alimentaires (score : 5/10) : les réserves mondiales de céréales se trouvent à des niveaux historiquement bas. La destruction des cultures par des conditions météorologiques extrêmes ou irrégulières dans des régions productrices clés peut entraîner la flambée des prix alimentaires et, partant, des crises alimentaires majeures.
  9. Investissements agricoles (score : 7/10) : seuls quatre des vingt pays africains étudiés ont tenu leur engagement de consacrer 10 % de leur budget national à l’agriculture.
  10. Aide humanitaire (score : 6/10) : le changement climatique pourrait entraîner une multiplication des crises alimentaires, mais l’aide humanitaire ne suffit déjà pas à répondre à la demande. L’écart entre les montants de l’aide nécessaire et de l’aide fournie a triplé depuis 2001.

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