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Le 3 mars 2010

Carte Google interactive
des actions d'Oxfam en Haïti


Googlemap des actions d'Oxfam en Haïti

Cette semaine, nous vous proposons une traduction du texte « Big challenges in Haiti » du président d'Oxfam America suite à sa récente visite en Haïti. Son analyse des problèmes devant lesquels les Haïtiennes et les Haïtiens se trouvent, ainsi que ses recommandations à la communauté internationale pour les aider à y faire face ouvrent des pistes de réflexion sur le thème de reconstruire et ré-imaginer Haïti.

Haïti : Répondre aux grands défis

Par Raymond C. Offenheiser

Haïti se trouve devant un défi important en se remettant de cet énorme tremblement de terre. Cela ne sera pas facile. Pourtant, il y a une bonne nouvelle : l’appui formidable de la communauté internationale qui donnera au pays les moyens d’en sortir, amélioré on l’espère, par rapport aux conditions d’avant le séisme.

Depuis des siècles Haïti a été un pays de grandes inégalités, avec des infractions des droits humains et une pauvreté endémique et massive. Plus récemment, ses gouvernements ont essayé de changer ces tendances et de remédier au manque d’opportunités pour l’éducation et de services de santé. Le pays faisait un progrès considérable jusqu’au moment du séisme.

En allant de l'avant, l’un des défis majeurs pour Haïti sera de créer un pacte social parmi les Haïtiens de tous niveaux sociaux et de toutes classes dans lequel ils s’engagent à reconcevoir leur nation et profitent de la volonté de la communauté internationale de soutenir un Haïti renouvelé.

Fournir des logements et des services de santé
Quels sont les défis spécifiques, à court et moyen termes ? Il y a un besoin énorme de logement et de services de santé à Port-au-Prince et ses environs. On est en train de beaucoup réfléchir sur la question de comment réinstaller des communautés dans des logements provisoires, et s’il sera possible ou non de reconstruire des maisons effondrées et les rendre habitables.

On réfléchit sur l’avenir de Port-au-Prince. Peut-être cette ville suivra la Nouvelle-Orléans qui a actuellement deux tiers de sa population d’avant les ouragans Katrina et Rita. En Haïti, on pense que peut-être Port-au-Prince était trop grande pour la topographie de collines et marécages où elle est située.

En conséquence du tremblement de terre, beaucoup de citoyens se sont déplacés à d’autres villes à travers le pays. Ils y cherchent des opportunités pour l’éducation, l’accès aux services de santé et du logement chez des membres de leur famille. Une des grandes questions c’est si la communauté internationale—et le gouvernement haïtien, qui a exprimé son intérêt à le faire—assistera les gens à se réinstaller dans d’autres lieux. Réduire dans son ensemble la population de Port-au-Prince ferait probablement du bien pour la ville.

Construire une économie dynamique
L'autre question autour de la reconstruction: Va-t-on vraiment créer une économie dynamique à Haïti et offrir à ses citoyens les emplois dont ils ont désespérément besoin ? On a déjà fait l'effort d'y construire une industrie de fabrication de textiles qui emploie actuellement quelque 25 000 personnes. C’est peut-être un bon début. Cela ressemble peut-être à ce qui se passe au Bangladesh où, au début des années 90, il y avait 50 usines produisant des vêtements; aujourd’hui il y en a 4 000. Est-ce que Haïti, vu sa proximité aux États-Unis, pourrait devenir un lieu d’exportation de vêtements ?

Est-ce que Haïti pourrait devenir le site d’une industrie de tourisme réussie ? À côté, en République dominicaine, on peut actuellement voir et sentir l’impact des dollars touristiques sur l’économie. La restauration de la capitale Santo Domingo est poussée par les dollars du tourisme. Haïti a des monuments historiques et autres lieux intéressants qui pourraient être restaurés pour les touristes.

Le plus important, c’est l’investissement dont le secteur agricole a besoin. De plus, l’écologie d’Haïti doit être améliorée, ses collines replantées en arbres, ses lignes de partage des eaux protégées et améliorées. Le secteur agricole a besoin de meilleurs liens aux marchés domestiques et d’une infrastructure améliorée. Il a besoin également de liens avec les filières de distribution aux États-Unis, en Amérique latine et aux Caraïbes afin de toucher son potentiel pour la production du riz, du café, de la canne à sucre, du rhum, et des fruits tropicaux séchés. Haïti pourrait produire tout cela et en tirer de grandes bénéfices pour ses citoyens—si nous pouvons y faire les investissements qu’il faut.

La société civile doit jouer un rôle critique
L’un des joueurs critiques sera la société civile haïtienne. Pendant les 30 dernières années la société civile et le secteur des organismes sans but lucratif (OSBL) ont grandi considérablement. Pendant les années des Duvalier c’était très difficile d’organiser une association sans but lucratif ou un petit groupe de paysans. Par contre, plus récemment, il y a eu une prolifération de ce genre d’organisations. Elles jouent un rôle dynamique dans le pays. On le voit bien dans la réponse aux urgences. Oxfam rencontre beaucoup d’entre elles sur le terrain. D'ailleurs, des camps ont été organisés de manière très efficace par des groupes religieux et d’autres associations haïtiennes.

Cependant, en avançant, le peuple haïtien doit participer dans la ré-imagination de leur pays. Des dizaines de milliers d'Haïtiennes et Haïtiens ont lutté pendant des décennies pour construire leur pays et le débarrasser de la pauvreté. Il sera critique de sentir leur présence dans la façon de concevoir les programmes d’investissement de la communauté internationale qui sont censés profiter aux Haïtiennes et Haïtiens.

Pendant les mois à venir, il y aura beaucoup de réunions de bailleurs de fonds, mais aussi de la société civile. Il y aura des réunions pour préparer la reconstruction, des plans compréhensifs développés par les associations de la société civile pour informer les réunions de donateurs. La société civile haïtienne devra s’organiser, préparer le chemin vers l’avenir, et participer à part entière à ces évènements
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Pour lire le blogue de Justine Lesage : oxfam.qc.ca/fr/blogues/lesagej/haiti
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