Des familles déplacées de la Ghouta orientale vivent dans des conditions de surpeuplement. Une famille a dit à Oxfam que huit personnes vivaient dans une petite tente. Photo : Dania Kareh / Oxfam

En Syrie, des milliers de personnes n’ont pas accès à l’aide humanitaire

Montréal, 12 juillet 2018 – Pour des milliers de Syriennes et de Syriens contraints de fuir les affrontements récents à Deraa, l’aide dont ils ont si cruellement besoin est inaccessible, déclare aujourd’hui l’organisation humanitaire internationale Oxfam.

Sous un soleil de plomb, des familles entières ont besoin d’abri, d’eau, de denrées alimentaires et de soins de santé. Toutefois l’accès est limité pour les organisations humanitaires et l’aide qui a pu être acheminée en Syrie via la frontière jordanienne est insuffisante.

Les affrontements récents ont entrainé le déplacement de civils le plus important et le plus rapide depuis le début du conflit syrien. En effet, au cours de l’offensive de deux semaines du régime syrien, plus de 330 000 personnes ont fui.

Le cessez-le-feu convenu vendredi entre le gouvernement syrien et les groupes armés locaux de l’opposition a offert un arrêt temporaire des violences, mais l’avenir demeure incertain pour la ville de Deraa et l’on ne sait pas combien de temps tiendra le cessez-le-feu. La plupart des personnes rentrant désormais chez elles retrouveront des maisons détruites, alors que d’autres ne se sentent pas suffisamment en sécurité pour rentrer ou partent ailleurs.

L’équipe d’Oxfam à Deraa rapporte que dans de nombreuses villes et villages, les puits sont asséchés, les autres sources d’eau ne fonctionnent pas et les systèmes d’alimentation électrique de secours sont en panne.

« Des milliers de familles ont été déplacées et leur communauté déchirée par les combats récents qui ont eu lieu dans la province de Deraa. Leur situation difficile s’aggravera davantage s’ils ne reçoivent pas l’eau, les denrées alimentaires et les soins de santé dont ils ont urgemment besoin », a déclaré Moutaz Adham, directeur pays d’Oxfam en Syrie.

Selon les Nations unies, la situation est tout aussi préoccupante pour les quelque 100 personnes venues de Deraa à la frontière jordanienne, bloquées au poste frontalier Jaber/Nassib. Elles rejoignent des dizaines de milliers d’autres ayant déjà trouvé refuge près de la frontière et ayant besoin de protection et d’aide.

Plusieurs personnes déplacées, dont des Syriennes et Syriens réfugiés dans des pays voisins tels que la Jordanie, ont exprimé leur crainte de rentrer chez elles en raison de l’insécurité, des risques de détention ou d’enrôlement, entre autres.

« La Jordanie porte déjà un lourd fardeau en accueillant des centaines de milliers de réfugiés syriens, mais nous l’appelons à garantir encore une fois un espace sûr pour les personnes fuyant les violences et à continuer de permettre à l’aide de franchir la frontière. La communauté internationale doit également apporter sa contribution en aidant davantage la Jordanie et en offrant plus de programmes de réinstallation », ajoute Nickie Monga, directrice pays d’Oxfam en Jordanie.

Oxfam appelle toutes les parties au conflit et celles ayant de l’influence sur ces dernières à œuvrer à mettre un terme aux violences, qui ont causé la mort de civils et la destruction d’infrastructures médicales et d’écoles à Deraa.

Oxfam fournit eau et assainissement dans un abri d’urgence à Al-Sanamayn et a identifié d’autres zones de la province de Deraa où l’aide est nécessaire.

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Source :

Andrée-Anne Perrier, agente aux communications
Oxfam-Québec
Courriel : [email protected]

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