Poyodi Jean-Baptiste, conseiller technique en communication au Burkina Faso

L’art de mieux communiquer, pour mieux influencer

Poyodi Jean-Baptiste, conseiller technique en communication au Burkina Faso
Propos recueillis par Julie Amira Byrnes, conseillère en communication au Pérou

Poyodi est un résident canadien d’origine togolaise. Il a travaillé un an au Burkina Faso en tant que conseiller technique en communication.

« Avant mon départ, je croyais que la coopération consistait à donner de son temps pour aider des populations vulnérables. Je me suis rendu compte que collaborer avec des partenaires à l’étranger, c’est aussi recevoir. Ils ont une quantité impressionnante de connaissances sur le terrain. »

Son rôle consistait à évaluer les besoins en communication d’organisations partenaires et à les appuyer pour mettre en œuvre les plans d’action. Comme certaines organisations n’avaient pas de spécialistes en communication, il a fallu penser à des stratégies créatives pour renforcer les capacités des autres membres des équipes.

« J’ai travaillé des concepts plus larges, qui peuvent s’appliquer dans leur travail quotidien. Par exemple, j’ai donné un atelier sur les étapes clés de l’élaboration d’un plan de communication, où j’ai invité deux représentants par organisation. Même si ces personnes n’avaient pas de formation en communication, elles ont terminé la journée avec des outils essentiels pour planifier la communication et conseiller les autres membres de leur organisation. »

 

Poyodi Jean-Baptiste, conseiller technique en communication au Burkina Faso

L’engagement social par l’art

Oxfam travaille avec l’association Faso Cirque, qui encourage le changement et le développement social par les arts du cirque. On y pratique entre autre le cirque socio-éducatif et culturel, la sensibilisation sur la protection de l’environnement dans les écoles, la réinsertion sociale de jeunes en conflit avec la loi, la formation sur les arts du cirque, etc.

« J’ai contribué au lancement de leur projet sur la sensibilisation par les arts du cirque la gestion des matières résiduelles, explique Poyodi d’un ton animé. C’était fantastique de voir ces jeunes du cirque performer et les spectateurs émerveillés par le spectacle. Le plus gratifiant fut de voir le public s’intéresser aux thèmes environnementaux et débattre sur le sujet. Faso Cirque change le monde, un jeune à la fois. »

Des projets qui changent les vies

« En tant que conseiller technique en communication, j’ai travaillé avec un bon nombre de partenaires. Ceux-ci œuvrent sur des thèmes importants, incluant la lutte pour les droits et la citoyenneté active des femmes et des jeunes. Par exemple, l’Association Butterfly travaille à la participation active des jeunes par des activités dans les écoles. L’Espace Culturel Gambidi œuvre au développement par la culture et les médias. Ils ont une radio communautaire, un moyen de communication très important pour rejoindre les communautés les plus éloignées, qui n’ont pas accès à Internet. »

Le travail de l’organisation de la Marche mondiale des femmes a particulièrement inspiré Poyodi. Elle se penche sur les droits des femmes, la prévention de la violence basée sur le genre et l’autonomisation économique des femmes. En arrivant au Burkina Faso, il a eu la chance de rencontrer des femmes impliquées dans le projet d’appui à l’autonomisation des femmes restauratrices de rue de Ouagadougou, mis en œuvre dans le cadre du Programme Accès Innovation d’oxfam-Québec.

« Elles nous ont communiqué les changements profonds dans leurs vies. Je me souviens de Bintou, veuve de 39 ans, mère de 3 enfants. Pour assurer sa survie et celle de sa famille, elle vendait du riz sur le côté d’une route passante et polluée. Elle survivait ainsi, au jour le jour. Suite à sa participation au projet d’appui à l’autonomisation des femmes restauratrices de rue exécuté par la Marche mondiale des femmes, elle a pu apprendre à établir un plan d’affaires et a amélioré son service à la clientèle. Elle maitrise des techniques culinaires, tient une comptabilité, protège l’environnement lors du développement de ses activités et a maintenant les équipements nécessaires et un local pour son entreprise. »

La lutte contre les inégalités s’exprime par toutes ces personnes qui vont de l’avant, sachant qu’ensemble on peut construire une société plus juste.

Poyodi Jean-Baptiste, conseiller technique en communication au Burkina Faso

 

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