De Kinshasa à Sherbrooke : des mots qui changent des vies

À SITUATION EXCEPTIONNELLE, DÉMARCHE EXCEPTIONNELLE !

Un groupe d’artistes Congolais, arrivé à Sherbrooke au début du mois, a rencontré ce matin des jeunes de la Cité-école Louis-Saint-Laurent. L’honorable Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie, a participé à cette rencontre exceptionnelle dans laquelle s’est engagée une réelle conversation soulignant la pertinence de l’utilisation de l’art social comme force de changement en République démocratique du Congo.

Une pièce ayant pour titre Bongo Té, Tika ! (Pas comme ça, arrête !) est présentement en création. Elle est le fruit du travail d’Oxfam-Québec, du Théâtre des Petites Lanternes et du Réseau des Femmes Chrétiennes Congolaises (femmes juristes). En République démocratique du Congo, les violences faites aux femmes et aux filles se manifestent au quotidien sous plusieurs formes : viols, mariages précoces, violences académiques… Beaucoup de femmes sont rejetées par leur famille ou leur communauté lorsqu’elles subissent ces violences.

L’utilisation de l’art social dans un contexte aussi délicat n’est pas seulement novateur, mais porteur de sens et d’espoir pour celles et ceux dont la voix est sans cesse refoulée. Bongo Té, Tika ! est un maillage entre deux processus de création, l’un sherbrookois et l’autre kinois dont l’objectif est de trouver des solutions durables pour changer les mentalités à l’égard des différents types de violence faites aux femmes et aux filles. D’ailleurs, ce changement est déjà en train de s’opérer au pays puisque le secrétaire général de l’Alliance Nationale des Autorités Traditionnelles du Congo, Mfumu Difima, a exigé qu’une formation en violence faite aux femmes et aux filles soit donnée à tous les chefs coutumiers de la région. Une démarche dans laquelle le travail conjugué des partenaires met en lumière la force et la résilience des femmes et des filles congolaises. Ce projet est réalisé dans le cadre du programme de coopération volontaire d’Oxfam-Québec et financé par le gouvernement du Canada à travers Affaires Mondiales Canada.

« Ce projet artistique donne l’opportunité aux femmes et aux filles d’ouvrir le dialogue avec les hommes et les dirigeants locaux à propos de la violence sexuelle et de la place des femmes dans la société. C’est impressionnant de voir comment un exercice de création peut ouvrir les esprits et contribuer au changement des normes culturelles. » déclare la ministre du Développement international et de la Francophonie, l’honorable Marie-Claude Bibeau.

« Le théâtre est un moyen d’action pour que leurs voix provoquent des débats autant chez les hommes que chez les femmes. Surtout, pour se questionner et mieux comprendre pourquoi la violence est un frein à l’épanouissement des femmes et des filles » dit Marion Turmine, directrice des programmes d’Oxfam-Québec.

« Plus de 600 femmes et 200 hommes nous ont livré des histoires touchantes, souvent choquantes… Ces centaines de femmes se sont données sans filtre pour changer les choses et dire ce qu’elles n’ont jamais le droit de dire, de revendiquer. Ensemble, et avec les hommes à qui elles tendent la main, elles souhaitent changer les choses. » dit Angèle Séguin, co-auteure et directrice artistique du Théâtre des Petites Lanternes.

La troupe est présentement en résidence au Théâtre des Petites Lanternes, au Centre des arts de la scène Jean-Besré de Sherbrooke, jusqu’au 29 octobre 2017 pour la création de la pièce qui est co-écrite par Angèle Séguin et l’auteure québécoise d’origine congolaise Marie Louise Bibish Mumbu. Une belle occasion d’échanges interculturels entre le Congo et le Canada. Le lancement officiel de la pièce théâtrale est prévu le 9 février 2018 à l’Institut français de Kinshasa et sera suivi de 80 autres spectacles dans les communes ciblées du projet au Congo.