Inconduites sexuelles: déclaration d’Oxfam-Québec

L’article en première page du Times de Londres, relayé par plusieurs médias québécois, relatant une terrible histoire d’abus de pouvoir et d’inconduite sexuelle de la part de plusieurs employés d’Oxfam Grande-Bretagne en Haïti en 2011 est inacceptable et nous la condamnons avec la plus grande fermeté.

Oxfam-Québec et l’ensemble de la confédération internationale d’Oxfam avaient été outrés et choqués par ces événements à l’époque. Ces sentiments sont toujours aussi vifs 7 ans plus tard. En tant qu’organisation qui défend les droits des femmes, notre priorité est de protéger nos partenaires, nos employés, nos volontaires et l’ensemble des personnes, particulièrement les femmes et les jeunes, des abus et de l’exploitation sexuelle.

Nous souhaitons préciser que ni les employés, ni les fonds d’Oxfam-Québec n’étaient en cause dans ces événements. En 2011, chaque Oxfam avait son bureau, ses équipes et gérait ses propres fonds. Oxfam-Québec est toujours présente en Haïti. Nos activités s’y poursuivent, avec nos partenaires haïtiens.

Au moment des faits, Oxfam Grande-Bretagne avait agi rapidement. Les employés incriminés avaient été immédiatement suspendus et une enquête interne avait abouti au congédiement de plusieurs d’entre eux, d’autres ayant démissionné durant l’enquête. Des déclarations publiques avaient été faites et les autorités britanniques compétentes (Charity Commission, Department for International Development) avaient été avisées.

À la suite de ces événements, des actions ont été mises et sont actuellement en place.

  • Au niveau de la confédération internationale :
    • la création d’un groupe de travail de haut niveau dédié à la prévention des cas de harcèlement, d’exploitation et d’abus sexuels, co-présidé par la Directrice générale d’Oxfam International, Winnie Byanyima ;
    • la mise en place d’une ligne d’écoute (hotline) directe et anonyme, ouverte à tous les membres d’Oxfam et toutes les personnes avec qui nous travaillons ;
    • la facilitation du traitement des accusations.
  • Au niveau d’Oxfam-Québec :
    • la signature par tous les employé(e)s et les coopérant(e)s volontaires de codes de conduite et de déontologie ;
    • des formations pour institutionnaliser et rendre systématique la transparence face à ces abus ;
    • la mise à jour de notre politique contre le harcèlement qui existe depuis 1998 ;
    • la mise en place d’un comité interne à Oxfam-Québec pour lutter contre les violences basées sur le genre ;
    • une présentation à chaque réunion du conseil d’administration d’une déclaration signée par la Direction générale faisant état de tout cas sous enquête au sein d’Oxfam-Québec.

Cette expérience a été une alarme pour tous les Oxfam et le doit le devenir pour la société entière. Dans aucun milieu nous ne devons tolérer de telles actions. À Oxfam, nous nous sommes engagé(e)s à assurer plus d’équilibre entre les sexes dans les rôles de leadership. Sur les 22 directeurs exécutifs de la confédération Oxfam, des femmes occupent maintenant 15 de ces postes.

En 2011, un petit groupe d’hommes a abusé de son pouvoir. Leur rôle était au contraire d’assurer la protection des personnes vulnérables. Ils ont également abusé de la confiance des Haïtiennes et des Haïtiens, des sympathisants et des milliers d’employé(e)s consciencieux(cieuses) d’Oxfam qui travaillent partout dans le monde pour mettre fin à la pauvreté et à l’injustice. Nous nous sentons toutes et tous trahi(e)s par ces gestes impardonnables. Cette affaire va totalement à l’encontre des valeurs profondes d’Oxfam.

Nous avons confiance que les leçons tirées de ces événements servent aujourd’hui à éviter que de tels abus se reproduisent. Et s’ils venaient à se reproduire, nul doute que notre réaction serait bien plus vigoureuse qu’en 2011, compte tenu des importantes évolutions que nous avons apportées à nos pratiques et à notre leadership.

Oxfam doit donc devenir un exemple à suivre, autant dans notre transparence que dans nos pratiques, nos politiques et notre appui et support aux victimes qui osent porter plainte.

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